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- Point de vue | Dix ans d'HIDALGO, un triste anniversaire pour les Parisiens
Dans ce "point de vue", je dresse un bilan critique de l'action municipale et forme le vœu que les Parisiens puissent bientôt reconquérir un cadre et une qualité de vie synonymes d'opportunités et non de contraintes. Vivre et travailler à Paris est-il encore une chance et une promesse ? Depuis avril 2014, HIDALGO a largement desservi les intérêts de Paris et des Parisiens. Certes, il n'y a pas eu que des fiascos. Le vélo a fait son retour, bien que le "tout-vélo" ne soit pas l'alpha et l'oméga des mobilités et que la gestion du changement de prestataire Vélib' en 2018 fut calamiteuse… Le Budget participatif a permis de flécher des crédits budgétaires plus près du terrain, quoiqu'il ne soit souvent qu'une cautère sur la jambe de bois de la politique de proximité… Mais se déplacer, se loger, élever des enfants, développer une activité, sont plus difficiles. Des atteintes ont été portées aux libertés et droits fondamentaux d'aller et venir, de sûreté, du travail, de mener une vie familiale normale. Plus de 120 000 habitants, l'équivalent de la ville de Metz, principalement des familles de la classe moyenne, ont fui. Guerre de tous contre tous Le cadre et la qualité de vie ont été saccagés. L'espace public a été abandonné. Paris est sale. Certains quartiers sont en voie de "bidonvillisation". Des touristes sont même frappés d'un "syndrome de Paris" quand la réalisation du décalage entre l'image et la réalité de la capitale provoque chez eux un choc psychologique. Les grands aménagements, aussi coûteux qu’inutiles, ont siphonné le financement dédié à l'entretien de la voirie. Des places emblématiques ont été défigurées : République, Madeleine, Bastille. Peut-être bientôt la Concorde, si nous n'y prenons garde. Les panneaux de signalisation ne sont plus à jour. Le moindre déplacement est désormais un véritable gymkhana. HIDALGO a créé des embouteillages la nuit, enclavé certains quartiers, rallongé les temps de parcours. Elle a promu une politique des mobilités individuelles provoquant l'anarchie et la guerre de tous contre tous. L'encombrement des trottoirs a compliqué la marche des piétons. La multiplication des nids-de-poule a suscité l'interrogation sur une volonté cynique de négliger la chaussée pour y réduire la circulation. La restructuration des lignes de bus a dégradé la desserte et le service. D'autant que la Maire a développé une mentalité obsidionale peu propice à la coopération avec l'État et la Région sur les dossiers d'intérêt commun - périphérique, transports en commun, voies sur berges. L'insécurité a explosé. Les pouvoirs publics semblent s'être résignés à une délinquance de voie publique permanente. Faute d'autorité, des comportements inacceptables pourrissent la vie quotidienne. "Des pickpockets peuvent être présents en station ou à bord des trains. Fermez bien vos sacs et soyez vigilants en utilisant votre smartphone" : cette annonce sonore de la RATP illustre le fatalisme ambiant jusque dans les sous-sols de la capitale. Les tergiversations municipales ont fait perdre un temps précieux. Ce n'est qu'après s'y être opposée que la Maire s'est résolue à créer une police municipale et à installer des caméras de vidéoprotection. Enfin, campements sauvages et délinquance de survie ont essaimé depuis qu'Hidalgo a ouvert la ville à tous les vents migratoires. Paris, pour qui ? Habiter Paris nécessite dorénavant d'être aisé ou aidé. La politique du logement a contribué à l'éviction des classes moyennes et des familles. Des logements intermédiaires ont été reconventionnés en logements sociaux. Le nombre de Parisiens inscrits sur la liste des demandeurs d'un logement social n'a cessé de croître. Les difficultés d'accès au logement ont été aggravées par une politique touristique court-termiste. Pendant que les loyers ont été encadrés, Airbnb a pu se développer sans régulation et faire de la capitale son premier marché mondial, asséchant l'offre et renchérissant les prix. Plus globalement, trop de projets d’aménagement et d’urbanisme ont été conçus d'abord pour les touristes. Réaménager l'artère du luxe des Champs-Elysées aux frais du contribuable parisien était-il prioritaire ? Non. Dernier exemple : HIDALGO a invoqué les JO pour étendre jusqu'à minuit les horaires d'ouverture des terrasses estivales, contre la volonté des associations de riverains. La situation des commerçants n'est pas meilleure. Loyers exorbitants, foncier inabordable, taxe foncière en hausse : le nombre de locaux vacants augmente. Non seulement la plupart des politiques municipales sont des fiascos, mais leur financement est une gabegie. Afin de renflouer les caisses de la Ville, alors que la dette a plus que doublé et que les dépenses continuent d'augmenter, la Maire a progressivement renié une à une les promesses de la candidate, augmentant les droits de mutation, les tarifs des services municipaux, ceux du stationnement ou encore la taxe foncière. Dix ans après son entrée en fonction, HIDALGO n'inspire plus confiance. Elle n'est plus à l'écoute des préoccupations des Parisiens et n'est plus présente sur le terrain. Elle défend d'autant moins bien leurs intérêts qu'elle n'a plus de vision et de projet pour Paris. En 2022, la candidate à l'élection présidentielle n'a recueilli au 1er tour que 23 000 voix à Paris, soit 2,17% des suffrages exprimés. En 2026, après un quart de siècle de socialisme municipal, les Parisiens souhaiteront une alternance politique. La droite et le centre auront la responsabilité de la rendre possible. Avec une ambition forte : redonner aux Parisiens un cadre et une qualité de vie synonymes de libertés et d'opportunités, non de contraintes.
- Horaires des terrasses estivales : la mairie de Paris invoque les Jeux Olympiques pour passer une nouvelle fois en force
Invoquant les festivités des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris, la Maire de Paris a décidé d'étendre jusqu'à minuit, au lieu de 22 h, les horaires d'ouverture des terrasses estivales du 1er juillet au 8 septembre 2024 . Elle est ainsi passée une nouvelle fois en force, contre la volonté des associations de riverains et en faisant des habitants la cinquième roue du carrosse municipal, après les touristes, après le lobby des intérêts économiques de la nuit, etc. Dans le 8e arrondissement, les habitants les plus concernés, par exemple dans le quartier de la rue de Ponthieu, apprécieront... En conséquence de cette décision municipale, trois associations de riverains et de lutte contre les nuisances sonores ont annoncé quitter le Conseil de la Nuit et ont demandé la démission de Frédéric HOCQUARD, Adjoint à la Maire de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne, par ailleurs ancien Directeur d'Arcadi, organisme culturel d'Île-de-France. Le Parisien en a rendu compte dans un article de son édition du 19 mars . Pour ma part, j'ai la conviction que nous avons atteint les limites d'une politique et d'un système de la nuit . Une analyse de l'association de riverains "Droit au sommeil" le chiffre. Il faut maintenant renforcer la prévention, les contrôles et les sanctions. Il faut aussi nous interroger sur le Paris que nous voulons et pour qui. Depuis la réforme du Règlement des étalages et terrasses de juin 2021, des "terrasses estivales” peuvent être installées sur l’espace public chaque année, du 1er avril au 31 octobre, avec fermeture obligatoire à 22 h . Ces terrasses - qui s'ajoutent aux terrasses habituelles - sont soumises à une autorisation que les commerçants doivent demander avant l’installation. Au 1er avril de l'année concernée, seuls les commerçants ayant reçu cette autorisation peuvent installer leur terrasse. Sommaire : une Maire de Paris velléitaire plus que volontaire des Pierrots de la Nuit ni efficaces ni efficients renforcer la prévention, les contrôles et les sanctions quel Paris voulons-nous ? Une Maire de Paris velléitaire plus que volontaire Dans sa lutte contre les terrasses bruyantes et pour faire respecter la tranquillité des riverains, la Maire de Paris apparaît plus velléitaire que volontaire, qu'il s'agisse de la prévention, des contrôles ou des sanctions . " Nos demandes de régulation, aux assemblées plénières, sont systématiquement refusées ", déplorent les associations pour motiver leur défection. " Aucun objectif chiffré de la réduction de la pollution sonore n'est fixé, aucune action n'est jamais menée après exploitation des données des capteurs de Bruitparif ", regrettent-elles encore. La réduction des nuisances sonores est pourtant un enjeu décisif de santé publique et environnementale, ainsi que de qualité de vie à Paris, l’une des capitales les plus denses au monde . A côté du bruit routier, le bruit de voisinage, notamment celui des terrasses bruyantes et des établissements de nuit, est l'autre source de nuisances sonores dans la capitale. Selon la propre communication de la Ville de Paris, le bruit fait perdre aux Parisiens plus de 8 mois d’espérance de vie en bonne santé. Ses effets extra-auditifs sont nombreux : troubles du sommeil, gêne, risques cardiovasculaires accrus, difficultés de concentration, retards dans les apprentissages, etc. Des Pierrots de la Nuit ni efficaces ni efficients Parmi les actions que la Ville de Paris mène, sans grande conviction, figure le dispositif " Les Pierrots de la Nuit " . Chargée par la Ville de Paris d'effectuer de la médiation entre clients, gérants de bars ou de restaurants et riverains, l'association créée en 2010 au lendemain des " Etats Généraux de la Nuit ", se présente ainsi : " Les Pierrots de la Nuit mènent des actions de médiation et de conseil pour prévenir les nuisances sonores liées aux lieux de vie nocturne (restaurants, bars, clubs, salles de concerts, festivals). Ils sensibilisent également les noctambules par des interventions artistiques dans les rues animées. L’objectif de l’association est de préserver la vitalité de la nuit parisienne dans le respect du cadre de vie des riverain-e-s (sic) ". Le bilan de l'action des Pierrots de la Nuit interroge . Les nuisances sonores causées par les terrasses n'ont guère diminué depuis la création de l'association. Pour autant, elle a perçu plus d'un million d'euros de subventions de la Ville de Paris depuis 2010. Elle n'est donc ni efficace ni efficiente. Surtout, le but poursuivi par l'association est ambigu : cherche-t-elle à modifier un statu quo insatisfaisant en réduisant les nuisances sonores causées aux riverains, ou veut-elle simplement maintenir ce statu quo en se contentant de mettre de l'huile dans les rouages des relations entre parties prenantes, de sorte que l'activité des bars et restaurants puisse se poursuivre, tant bien que mal ? Nous atteignons ici les limites d'une démarche " collaborative ", de " dialogue " et de " concertation " entre des parties prenantes dont les intérêts sont objectivement difficiles à concilier . Au-delà d'un certain niveau de nuisances sonores, ma conviction est que la solution réside moins dans la médiation que dans la sanction. N'oublions pas les vertus préventives de cette dernière. Renforcer la prévention, les contrôle et les sanctions Afin de préserver un équilibre et une cohabitation aussi harmonieuse que possible entre vivre et travailler à Paris, l a Maire de Paris doit renforcer la prévention, les contrôles et si besoin les sanctions de l'activité des terrasses estivales. De son côté, comme je l'avais défendu dans un vœu au cours de notre Conseil d'arrondissement du 22 janvier, la Mairie du 8e arrondissement doit mettre en place un Comité local d'évaluation, de contrôle et de réduction des nuisances sonores dans l'arrondissement, à l'instar de l'expérience réussie dans le 17e arrondissement voisin . Ce Comité serait chargé de suivre la mise en œuvre du "Plan parisien d'amélioration de l'environnement sonore" dans le 8e arrondissement, de prioriser dans l’arrondissement les espaces stratégiques en termes de nuisances sonores, et de formuler des propositions - en concertation avec les membres des conseils de quartier concernés - pour contribuer à améliorer l’environnement sonore dans l’arrondissement. Ce Comité sera notamment destinataire d'un premier bilan, puis de bilans périodiques, sur l'utilisation du sonomètre par la police municipale dans le 8e arrondissement. Quel Paris voulons-nous ? Le passage en force de l'extension horaire des terrasses estivales renvoie, plus largement, à la question des finalités et des bénéficiaires des politiques de la municipalité actuelle . Pour qui Anne HIDALGO gère-t-elle la capitale et quel avenir lui prépare-t-elle ? Depuis 2014 et son premier mandat, à chaque fois que les intérêts des Parisiens sont entrés en conflit avec les intérêts d'autres parties prenantes de la vie de la capitale, la Maire de Paris a trop souvent arbitré en faveur des seconds et aux dépens des premiers. La capitale est ainsi devenue le premier marché mondial de la plateforme de location de logements entre particuliers Airbnb, avec les effets pervers bien connus d'éviction des habitants et de renchérissement des loyers . C'est pourtant le même Frédéric HOCQUARD, cette fois avec sa casquette "tourisme" et non "vie nocturne", qui avait dénoncé les comportements de certains professionnels de l'immobilier participant d'un " capitalisme de prédation ". L'enjeu de la régulation du tourisme est celui d'un tourisme plus durable, " qui tienne pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux, actuels et futurs, répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels de l’environnement et des communautés d’accueil ", suivant la définition de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Bien sûr, "Paris est une fête". Il existe une culture parisienne de la sortie , dans les clubs, les salles, etc. Des événements - au demeurant plus ou moins réussis - sont aussi organisés : festivals des arts de la rue, fêtes de quartier, Nuit blanche, Paris plages, fête de la musique, etc. Mais Paris n'est pas qu'une fête . Paris, ce n'est pas seulement "l'homo festivus". Améliorer le cadre et la qualité de vie à Paris doit être une priorité pour enrayer la fuite des Parisiens. C'est un cercle d'autant plus vertueux que ce sont les Parisiens et leur mode de vie "à la vie parisienne" qui, avec le riche patrimoine culturel de la capitale, sont à la source même du succès touristique durable de Paris. A condition que soient aussi améliorées les politiques municipales dans les domaines de la propreté, de la sécurité et des déplacements...
- Zone à trafic limité dans le centre de Paris : le 8e arrondissement est concerné par ses "effets de bord", participez à l'enquête publique !
La Ville de Paris a ouvert une enquête publique , depuis le 11 avril et jusqu'au 13 mai, sur le projet de zone à trafic limité (ZTL) dans Paris Centre . Cette ZTL devrait être mise en place à l'automne 2024, après les Jeux olympiques et paralympiques. Son périmètre correspondrait au secteur de Paris Centre, à savoir les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements ; l'inclusion, ou non, dans ce périmètre des îles et des quais hauts de la rive droite doit encore être arbitrée. Pour les habitants et les commerçants qui se trouvent à proximité immédiate de la future ZTL, les externalités négatives pourraient être nombreuses , avec des "effets de bord" en termes de reports de circulation, de rallongements des temps de parcours et de déplacements des pollutions atmosphériques et sonores. Dans le 8e arrondissement, le pont de la Concorde, le pont Alexandre III, la rue Royale, la place de la Madeleine et la rue Tronchet pourraient être tout particulièrement impactés, notamment pendant les périodes de pointe du matin et du soir. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de l'exprimer dans le journal télévisé et un article de France 3 Paris Île-de-France, ainsi qu' un article des Échos . C'est pourquoi je vous invite à prendre connaissance du projet et vous encourage à faire part de vos observations et suggestions en participant à l'enquête publique, en ligne ou en Mairie . Pour ma part, j'émettrai un avis défavorable sur un projet qui, en l'état, ne m'apparaît ni souhaitable ni opérationnel. Sommaire Le contenu et le calendrier du projet L'étude d'impact La "concertation" Ma position : un projet ni souhaitable ni opérationnel Le contenu et le calendrier du projet Une "ZTL" est une zone dans laquelle le trafic motorisé de "transit" - celui des véhicules qui ne font que traverser la zone sans s'y arrêter - est interdit , tandis que le trafic motorisé de "destination" - celui des véhicules qui s'arrêtent dans la zone - reste autorisé. Plusieurs grandes villes européennes ont mis en place un tel dispositif, notamment Madrid et Rome. Le projet de ZTL Paris Centre envisage " d’interdire le trafic de transit dans le centre de Paris et de réserver la circulation à des ayants droit afin de rééquilibrer le partage de l’espace public et d’améliorer le cadre de vie ". Les objectifs affichés par la Mairie de Paris sont à la fois de mobilité et environnementaux : " réduire la circulation motorisée, améliorer la sécurité routière en réduisant le risque d'accident ; réduire la pollution de l'air et le bruit ; rééquilibrer l'espace public pour faciliter et fluidifier les déplacements des piétons, des usagers des transports en commun et des cyclistes ; faciliter les déplacements des usagers qui se rendent et circulent dans la zone (résidents, visiteurs, personnes à mobilité réduite (PMR), artisans, commerçants, taxis, services publics, etc.) ; améliorer le cadre de vie et valoriser le patrimoine historique parisien ". En visant une baisse du trafic, le projet de ZTL est présenté par la Mairie de Paris comme complémentaire de la mise en place d'une zone à faibles émissions (ZFE) qui concerne une évolution des motorisations. Selon la Mairie de Paris , entre 350 000 et 500 000 véhicules circulent chaque jour dans le secteur de Paris Centre et le trafic de transit représente environ 50 % du trafic total , suivant les jours et les heures. Ce trafic de transit est principalement composé de Parisiens, à 65%. Invoquant que ces Parisiens " disposent donc d'alternatives nombreuses à l'usage des modes motorisés ", la Mairie de Paris estime ipso facto " que seulement 30 % des transiteurs ont absolument besoin de la voiture pour effectuer leur trajet (port de charge, trajets complexes, absence de solutions en transport en commun). Pour les 70 % restants, la voiture est avant tout une commodité ". Les "ayants droit" qui seront autorisés à circuler et à stationner un véhicule motorisé dans la ZTL, car relevant du trafic motorisé de destination , sont les habitants, les commerçants, les véhicules d'intérêt général, les transports en commun, les taxis, les VTC, les livreurs, les médecins et les visiteurs. Pour tous ces ayants droit, la circulation devrait même être améliorée suite à la baisse de trafic attendue. A contrario , relevant du trafic motorisé "de transit", interdit, un véhicule motorisé ne pourra pas, par exemple, se rendre du 8e arrondissement dans le 12e arrondissement en traversant le centre de la capitale . Ce principe comporte des exceptions pour certaines personnes et pour certains véhicules. Après plusieurs reports depuis sa première annonce en 2020 et le lancement d'une " consultation " en 2021, la ZTL Paris Centre devrait être mise en oeuvre à l'automne 2024 , après les Jeux olympiques et paralympiques puis la signature des arrêtés par la Maire de Paris et le Préfet de police de Paris. Un an de "pédagogie" devrait être observé avant que des contrôles ponctuels et ciblés, éventuellement à terme au moyen de la vidéo-verbalisation, permettent de faire respecter les restrictions de circulation. Travaillé par la Mairie de Paris en concertation avec la Préfecture de police de Paris, le périmètre de la ZTL Paris Centre devrait correspondre au secteur de Paris Centre, c'est-à-dire aux quatre arrondissements du centre de la capitale , soit un périmètre de 10 km, un ensemble de 5,4 km² et 131 km de voirie cumulée. Les discussions se poursuivent concernant l'inclusion, ou non, des îles et des quais hauts rive droite dans ce périmètre . La Mairie de Paris le souhaite. Mais la Préfecture de police de Paris hésite, notamment pour des considérations de circulation des services d'incendie, de secours et de sécurité, en cas d'urgence, sur les voies de contournement de la ZTL, lesquelles subiront des reports de circulation. Du fait du partage des compétences de voirie entre la Ville de Paris et la Préfecture de police, la réalisation de la ZTL nécessitera un accord formel des deux autorités . L'étude d'impact La Mairie de Paris a réalisé une étude d'impact dense (voir les nombreux documents du dossier de l'enquête publique ). Dans le périmètre de la ZTL, elle anticipe une baisse générale du trafic des véhicules motorisés, laquelle entraînerait une baisse de la pollution et du bruit. L'étude chiffre à 30 % la diminution du volume de circulation avenue de l'Opéra, 15 % boulevard de Sébastopol, 11 à 17 % quai Henri IV, 7 à 9 % rue Réaumur. Elle chiffre à 15 % la diminution du niveau de bruit avenue de l'Opéra, 10 % boulevard de Sébastopol, 5 % quai Henri IV. Et à 15 % la diminution de la pollution de l'air avenue de l'Opéra, 15 % boulevard Henri IV, 10 % boulevard de Sébastopol, 7 % quai de l'Hôtel de Ville, 5 % quai Henri IV. Dans son analyse des reports de trafic générés par la mise en place de la ZTL, l'étude d'impact anticipe logiquement que les diminutions de trafic seront principalement localisées à l'intérieur de celle-ci et que les augmentations de trafic seront localisées à l'extérieur, sur ses abords immédiats , ainsi que marginalement sur le boulevard Périphérique - intérieur et extérieur. Mais la Mairie de Paris préfère euphémiser dans sa synthèse des reports de circulation : " l'étude d'impact démontre qu'aucun report massif n'est attendu autour de la ZTL" . Elle poursuit : " les voies de contournement absorberont des impacts très limités et temporaires ". Le diable est toutefois dans les détails . D'abord, la formule " aucun report massif " n'exclut pas la survenance de reports ponctuels et significatifs. Ensuite, les " impacts très limités et temporaires " que les voies de contournement périphérique - autrement dit les voies des arrondissements voisins, dont le 8e arrondissement, bordant la ZTL - " absorberont ", méritent d'être plus précisément qualifiés, dans l'espace et dans le temps. Les reports de circulation et les rallongements des temps de parcours seront principalement localisés autour de Paris Centre avec des augmentations de volumes sur les ponts, les boulevards et les quais . Les cartes des reports de trafic montrent par exemple des augmentations de trafic de + 9 % sur le boulevard des Invalides et de + 5 % sur le boulevard Saint-Germain en période de pointe matinale. Dans le 8e arrondissement, le pont de la Concorde, le pont Alexandre III, la rue Royale, la place de la Madeleine et la rue Tronchet devraient être impactés, notamment pendant les périodes de pointe du matin et du soir. La mise en place de la ZTL entraînera aussi, mécaniquement, une dégradation de la qualité de l'air sur ses abords immédiats qui subiront les reports de circulation et les rallongements des temps de parcours . Pour autant, l'amélioration de la qualité de l'air à l'intérieur de la ZTL ne sera pas significative. L’amélioration de la qualité de l'air grâce à la ZTL restera localisée au niveau des seules voies de circulation et des habitations proches des axes à fort trafic, avec une baisse restant inférieure à 10 %. La "concertation" Par un arrêté municipal en date du 26 mars 2024 , la Ville de Paris a ouvert une enquête publique en ligne et en mairie , en l'occurrence dans les Mairies du 8e arrondissement, de Paris Centre et du 10ème arrondissements, depuis le jeudi 11 avril 8 h 30 jusqu'au lundi 13 mai 17 h. Cette enquête publique fait suite à un "dialogue préalable" lancé par la Ville en 2021 , avec une consultation sur l'instauration d'une ZTL, et qui avait donné lieu à un document de restitution en 2022. C'est ce que la Ville de Paris qualifie de "concertation". Il est possible de participer à l'enquête publique en ligne en se rendant sur le site dédié de la Ville de Paris . Il est aussi possible d'y participer en Mairie du 8e arrondissement en se rendant à l'une des permanences assurée par la Commissaire-enquêteur le mercredi 17 avril de 9 h à 12 h, le lundi 29 avril de 9 h à 12 h et le lundi 13 mai de 14 h à 17 h. Enfin, une réunion publique d'information sur la ZTL est organisée à la Mairie de Paris Centre (2 rue Eugène Spuller - 75003 Paris) le mardi 30 avril à 18 h. Ma position : un projet ni souhaitable ni opérationnel Je suis défavorable au projet de création d'une ZTL sur le périmètre du secteur Paris Centre. Il ne m'apparaît ni souhaitable ni opérationnel pour plusieurs raisons , certaines d'intérêt particulier propre au 8e arrondissement, d'autres d'intérêt général parisien, d'autres encore pour des motifs de faisabilité, d'autres enfin pour des considérations de principe. Premièrement, les externalités négatives seront nombreuses pour les habitants et les commerçants qui se trouvent sur les abords de la future ZTL . Les "effets de bord" potentiels sont multiples : reports de circulation, rallongements des temps de parcours, déplacements des pollutions atmosphérique et sonore. Dans le 8e arrondissement, le pont de la Concorde, le pont Alexandre III, la rue Royale, la place de la Madeleine et la rue Tronchet devraient être particulièrement impactés, notamment pendant les périodes de pointe du matin et du soir. Des externalités négatives seront aussi potentiellement nombreuses pour les habitants et les commerçants à l'intérieur même de la zone - laquelle reste un centre-ville qui appartient à tous les Parisiens : accentuation du sur-tourisme, raréfaction des commerces de proximité et de bouche, nuisances inhérentes à une économie davantage de loisirs tournée vers les bars et la restauration, assèchement du flux de clients potentiels, etc. Deuxièmement, il n'existe pas - pour le moment - d'alternatives crédibles aux véhicules motorisés pour tous les Parisiens . Compte tenu de la très - trop - faible accessibilité et adaptabilité des transports en commun parisiens, il n'existe pas d'alternatives crédibles aux véhicules motorisés pour toutes les familles, pour toutes les personnes âgées et pour toutes les personnes en situation de handicap. Nous attendons encore, par exemple, une "liaison à haut niveau de service" sur les quais hauts de la rive droite de la Seine, une amélioration des transports en commun promise depuis 2015 en contrepartie de la piétonnisation des voies sur berges. A Paris, les freins à la mobilité des seniors restent trop nombreux , dans l'espace public comme dans les transports collectifs . Troisièmement, les modalités concrètes de mise en oeuvre et de contrôle de la ZTL interrogent . Comment distinguer les véhicules de transit des véhicules de destination ? Comment contrôler les accès à la zone pour distinguer ces véhicules ? Comment la ZTL fonctionnera-t-elle au cours de la première année dite "de pédagogie", sans contrôle ponctuel et ciblé pour assurer le respect des restrictions de circulation ? Comment la ZTL s'articulera-t-elle avec les projets de réaménagement de la place de la Concorde, de réorganisation des abords de Notre-Dame, de reconfiguration de l'Hôtel-Dieu et de rénovation de l'ancien Palais de justice ? Enfin, quel est le budget d'investissement et de fonctionnement prévisionnel alloué à la ZTL ? Quatrièmement, le bilan coût / avantage de la création de la ZTL Paris Centre apparaît globalement négatif pour la capitale . Les coûts sont supérieurs aux avantages. Les reports de circulation et les rallongements des temps de parcours seront significatifs à l'extérieur de la ZTL, alors même que la réduction de la pollution sera négligeable à l'intérieur et a fortiori à l'extérieur. Cinquièmement, l'ambition et la vision de la Mairie de Paris pour la capitale sont préoccupantes . En postulant de façon dogmatique que la majorité des Parisiens disposent d'alternatives aux véhicules motorisés, la Mairie de Paris cherche à les priver de toute "commodité", autrement dit de tout ce qui est pratique et qui facilite leur vie quotidienne dans la capitale. Pour elle, commodité est synonyme de superflu. Pour moi, commodité est d'abord et avant tout synonyme de qualité de vie dans la capitale . De plus, l'étude d'impact développe de nombreuses considérations liées à la fréquentation commerciale de Paris Centre, comme autant de hors-sujet. A moins que l'un des objectifs de la création de la ZTL Paris Centre soit aussi et précisément d'accentuer la "touristicité" de l'hypercentre ? Mais la Mairie de Paris doit alors le dire... et surtout l'assumer ! Pour ma part, j'anticipe que la création de la ZTL Paris Centre va accentuer la "touristification" de l'économie et de l'habitat des arrondissements du centre de Paris . Or, celle-ci génère nombre d'externalités négatives pour la vie locale et quotidienne des habitants et des commerçants de proximité : inflation de tous les prix, raréfaction de l'offre de logements, hyper-uniformisation et ultra-spécialisation de l'offre commerciale, "airbnbisation" et "ubérisation" des modes de consommation, etc. Avec, in fine , un double effet : la gentrification du secteur et l'éviction des habitants les plus modestes. Chacun connaît le principe d'universabilité du philosophe Emmanuel KANT. Pour apprécier le caractère acceptable, ou non, d'une action ou d'une décision, il faut se demander si elle peut être universalisée. Si tout le monde peut l'accomplir, alors elle est moralement acceptable. Dans le cas contraire, elle ne l'est pas. Posons-nous maintenant la question dans le cas d'espèce. Que se passerait-il si les arrondissements du n°5 au n°12 décidaient eux-aussi de s'autoproclamer ZTL ? Comment les habitants de Paris Centre quitteraient-ils alors leur secteur ? De deux choses l'une. Soit les habitants de Paris Centre sont une espèce parisienne privilégiée qui peut seule s'autoproclamer ZTL, les arrondissements du 5 au 12 n'ayant pas le même privilège. Soit la Mairie de Paris et la Mairie de Paris Centre ouvre ici une boîte de Pandore qui porte en germe la recréation d'enclaves à Paris et donc la fin d'une certaine mobilité dans la capitale. En tout état de cause, nul ne devrait oublier que nous sommes tous, tour à tour, dans une situation de mobilité de destination et dans une situation de mobilité de transit. Sixième et dernièrement, le principe même de la multiplication égoïste des ZTL locales est contestable . Se déplacer, c'est aller d'un point A à un point B en passant par des points intermédiaires. Si chacun de ces points intermédiaires s'autoproclame ZTL, le risque est celui d'un "réenclavement" des arrondissements et des quartiers parisiens, synonyme de complication des déplacements et de la mobilité de tous dans la capitale. Comment les automobilistes de Paris Centre sortiront-ils de Paris si les arrondissements voisins décidaient à leur tour de devenir des ZTL ? Je pourrais éventuellement comprendre l'intérêt des quatre arrondissements du centre à devenir une ZTL. Mais leur intérêt particulier n'est pas conforme à l'intérêt général parisien supérieur, lequel devrait prévaloir.
- Conseil du 8e arrondissement du 22 janvier 2024 : je vous rends compte
Nous avons tenu lundi 22 janvier 2024 notre 26e Conseil du 8e arrondissement de la mandature . J'ai concentré mes principales interventions sur les dossiers prioritaires pour les habitants du 8e et pour l'arrondissement. Je me suis d'abord opposée à ce que la Maire de Paris mobilise l'argent du contribuable parisien pour réaliser un aménagement non-prioritaire dans l'arrondissement, celui de la rue du Faubourg Saint-Honoré , à des fins purement commerciales. Ces crédits budgétaires seraient bien mieux utilisés pour améliorer l'entretien de la voirie dans le 8e arrondissement, par exemple sur l'avenue de Messine ou la place de la Madeleine. J'ai ensuite demandé à la Maire du 8e que l'avenir de l'Espace Cardin , avec la volonté de la Maire de Paris de l'exploiter à des fins idéologiques, soit débattu en Conseil d'arrondissement et en Conseil de Paris. Pour ma part, je suis opposée à toute programmation artistique et culturelle militante et prosélyte de la part d'une institution publique. Puis j’ai voté contre l'aménagement de la place de la Concorde . Ma position pourrait être résumée ainsi : l'aménagement de la place de la Concorde est une chose trop importante pour être confiée à Mme HIDALGO. Je suis ouverte au principe d'un aménagement à vocation historique et patrimoniale de la place, qui aille aussi dans le sens d'une réduction raisonnée et raisonnable - c'est-à-dire strictement nécessaire, adaptée et proportionnée - de l'espace occupé par la circulation. Mais je n'ai pas confiance en Mme HIDALGO. J'ai enfin défendu deux vœux et posé une question orale. Mon premier vœu avait pour objectif que la Maire du 8e révise sa position initiale et abandonne la "fan zone" projetée dans le parc Monceau pendant les Jeux Olympiques. Mon second vœu visait à ce que la Mairie du 8e mette en place un Comité local d'évaluation, de contrôle et de réduction des nuisances sonores dans l'arrondissement , à l'instar de l'initiative réussie dans le 17e arrondissement voisin. Enfin, ma question orale adressée à la Maire du 8e avait pour objet d'obtenir des détails sur la question d'intérêt local propre à notre arrondissement mise au vote lors de la votation du 4 février 2024, notamment sur les voies, autres que la rue de Monceau et la rue de Liège, qui pourraient être concernées par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation. Vous trouverez ici l'ordre du jour de la séance , ici le compte rendu intégral du Conseil et ci-dessous le résumé synthétique de mes principales interventions . L'aménagement à finalité commerciale de la rue du Faubourg Saint-Honoré n'est pas une priorité budgétaire dans l'arrondissement La délibération 2024 DVD 9 concernait la convention d'offre de concours entre la Ville de Paris et le comité Saint-Honoré relative à l’aménagement de la rue du Faubourg Saint-Honoré entre la place Beauvau et la rue Royale . Ce projet est cavalier, déplacé, voire choquant, sur le fond comme sur la forme . Sur le fond, la Maire de Paris voudrait que les contribuables parisiens prennent financièrement en charge une partie significative des études et de la réalisation d'un projet d'aménagement et de végétalisation de l'espace public de la rue du Faubourg Saint-Honoré qui n'est utile ni aux habitants ni aux commerçants de cette voie qui ont véritablement besoin d'être aidés . En effet, ce projet ne répond aucunement à la demande prioritaire des habitants et des commerçants du tronçon de la rue du Faubourg Saint-Honoré qui se trouve au droit du palais de l'Elysée . Au contraire, la délibération tend à entériner le refus de toute amélioration de leur situation... Comme vous le savez, puisque j'ai déjà eu l'occasion d'intervenir à plusieurs reprises sur ce sujet, la liberté d'aller et de venir des riverains du Palais de l'Elysée est entravée. L’arrêté préfectoral n°2016-01162 du 14 septembre 2016 autorise la circulation des piétons sur le trottoir côté pair de la rue du Faubourg Saint-Honoré au droit du Palais de l’Élysée, entre la rue des Saussaies et la rue de Duras. Mais les consignes, ou plutôt les absences de consignes, données aux forces de l’ordre qui surveillent les abords du Palais de l’Élysée aboutissent à ce que la circulation des piétons - riverains et passants - soit régulièrement compliquée, voire interdite, sans que cela apparaisse strictement nécessaire, adapté et proportionné à la situation sécuritaire - par ailleurs évidemment bien compréhensible. Concrètement, les habitants connaissent des difficultés pour se faire livrer ou pour recevoir leurs invités, les commerçants subissent des pertes de chiffre d'affaires et une perte de valeur de leur fonds de commerce, les entreprises peinent à recevoir leurs fournisseurs et leurs clients. Ces complications récurrentes s’apparentent à une atteinte grave et répétée à la liberté d’aller et de venir, ainsi qu’à la pleine jouissance du droit de propriété. Elle dégrade significativement le cadre et la qualité de vie et de travail dans le secteur. En revanche, le motif pour lequel le Comité du Faubourg Saint-Honoré souhaite la réalisation de cet aménagement est évident. Ce n'est pas un motif de sécurité. Ce n'est pas un motif de fluidité. C'est un motif exclusivement commercial . Réduire la voie de circulation, requalifier les revêtements, végétaliser les trottoirs, autant de réaménagements qui doivent augmenter la commercialité de la voie et celle des locaux. Dans ces conditions, je m'interroge sur l'intérêt à agir de la Ville de Paris : est-ce le rôle des contribuables parisiens que de financer l'augmentation de la commercialité " de l'une des plus somptueuses artères du luxe parisien " , pour reprendre la propre description du Comité du Faubourg Saint-Honoré ? Alors que le budget dédié à l'entretien de la voirie a encore baissé de - 39% en 2022 selon le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes sur la politique de la mobilité menée par la Maire de Paris, ne serait-il pas préférable de mobiliser ces crédits budgétaires de la Ville de Paris pour financer l'entretien et la maintenance du patrimoine de voirie existant dans le 8e arrondissement , par exemple sur la partie occidentale de la rue du Faubourg Saint-Honoré, l'avenue de Messine ou encore la place de la Madeleine ? Les habitants du 182 rue du Faubourg Saint-Honoré ne sollicitent ainsi "que" quelques dizaines de milliers d'euros pour rehausser une bouche CPCU problématique en termes d'usage. En utilisant ces crédits budgétaires pour d'autres voies qui en ont véritablement besoin, la Mairie de Paris pourrait même épargner à la Ville d'avoir à verser chaque année plus de 2 millions d'euros d'indemnités aux près de 500 victimes d'accidents de voirie causés par les nids-de-poule, les poteaux mal placés et autres trottoirs bosselés... Le budget primitif 2024 pour le 8e arrondissement s’élève à 2 560 882 € . Il se décompose en trois lignes budgétaires : la dotation d’animation locale, la dotation de gestion locale et la dotation d’investissement. Parmi les projets d'investissements sur l'espace public, mentionnons notamment 40 000 € pour le square Marcel Pagnol, 50 000 € pour la reprise de la piste cyclable du boulevard de Courcelles devant le parc Monceau, 50 000 € pour la reprise de pieds d’arbres et la remise en place de grilles, 60 000 € pour le square Louis XVI, 60 000 € pour divers aménagements de sécurité, 102 000 € pour la réfection des trottoirs du boulevard Haussmann et de la rue du Faubourg Saint Honoré, 200 000 € pour la mise en sécurité du platane remarquable et la rénovation de la piste à patins du parc Monceau, 610 000 € pour la rénovation des avenues Ruysdaël, Van Dyck, des rues Cambacérès, d’Édimbourg, Vernet, de Berne, et de Madrid, 921 000 € pour l’opération "Embellir votre quartier". Source : site de la Mairie du 8e arrondissement . Le projet de délibération est aussi cavalier, déplacé, voire choquant, sur la forme . Nous apprenons en effet que, " par courrier du 7 décembre 2023, le comité de commerçants de la rue du Faubourg Saint-Honoré [...] a manifesté auprès de la Ville son intérêt au réaménagement de la rue, dans sa partie située entre la place Beauvau et la rue Royale ". Autrement dit, lorsque les grandes marques du luxe formalisent après études une demande par courrier à la Maire de Paris, elles reçoivent immédiatement de sa part une réponse positive, quoique coûtant plusieurs millions d'euros . Le vulgum pecus des Parisiens subissant un dommage matériel ou corporel à la suite d'une chute causée par le défaut d'entretien de la voirie, devra, au contraire, s'armer de patience et de pugnacité pour éventuellement obtenir la réparation partielle du préjudice subi. C'est une énième illustration du "deux poids, deux mesures" de Mme HIDALGO. Compte tenu de ce qui précède, j'ai émis un avis défavorable sur ce projet de délibération. Je regrette que la majorité ait voté pour, sans émettre la moindre réserve sur la bonne utilisation des crédits budgétaire dans le domaine de la voirie. Non à l'exploitation idéologique de l'Espace Cardin La délibération 2024 DFA 5 concernait la concession de travaux relative à la rénovation et à l'exploitation du restaurant Laurent. J'ai voté pour cette délibération. J'en ai profité pour évoquer brièvement - avant d'être interrompue - le sort réservé à l'un de ses voisins, l'Espace Cardin, également situé dans les jardins des Champs-Elysées. Lors de la cérémonie de ses vœux aux élus le 10 janvier dernier, la Maire de Paris a en effet annoncé, je la cite, qu'elle allait transformer l'Espace Cardin en une " grande université populaire " rebaptisée "Théâtre de la Concorde", un " lieu de débat et de création artistique " autour de la thématique de la démocratie, un " rempart contre l'obscurantisme " face à " la montée des populismes " . Vaste programme ! La réouverture du site de l'Espace Cardin, fermé depuis la réouverture du Théâtre de la Ville place du Châtelet, s'effectuera progressivement à compter de février 2024, dans l'attente d'une inauguration à l'automne. La programmation prévoit des spectacles vivants en lien avec cette thématique de la démocratie : théâtre, stand-up, musiciens résidents, ateliers de danse ou d'éloquence, etc. S'agirait-il là d'un nouvel abri pour le "catéchisme municipal" ? La Mairie de Paris a déjà transformé les bâtiments de trois des anciennes mairies des quatre arrondissements du centre de Paris en des lieux de débat et de création thématiques : la "jeunesse" dans le 1er arrondissement, la "solidarité" dans le 2e arrondissement et "l'environnement" dans le 4e arrondissement. Les résultats sont pour le moins mitigés, sur l'intérêt comme sur l'affluence... Pour ma part, je suis très réservée sur toute programmation artistique et culturelle militante et prosélyte de la part d'une institution publique . Je considère en effet qu'il ne relève pas de la compétence des pouvoirs publics de promouvoir et d'entraîner à une forme d'engagement pour une cause, quelle qu'elle soit. C'est pourquoi j'ai demandé à la Maire du 8e arrondissement de faire en sorte que notre Conseil du 8e arrondissement et le Conseil de Paris puissent préalablement délibérer sur ce dossier . Place de la Concorde : un aménagement trop important pour être confié à la Maire de Paris La délibération 2024 SG 4 avait pour objet le projet d’aménagement de la Maire de Paris pour la place de la Concorde . Il y a un an, début 2023, dans le cadre de la présentation du projet de transformation des Champs-Elysées, les Parisiens apprenaient qu'une " réflexion [était] en cours sur une continuité entre le Jardin des Tuileries et le Jardin des Champs-Elysées ". Puis, plus rien, plus de son, plus d'image : ni concertation, ni consultation, ni même information régulière des élus et des habitants sur l'avancement de cette réflexion et les modalités de la continuité piétonne… Jusqu'à ce que Mme HIDALGO daigne annoncer dans la presse, le 14 janvier dernier, que la moitié de la surface de la place de la Concorde ne serait pas rendue aux automobilistes après les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024. " La moitié de sa surface ne sera pas rendue aux automobilistes après les Jeux. Elle sera offerte à la promenade depuis les Tuileries jusqu'à l'Obélisque. On a déjà l'expérience du fonctionnement de la place en demi-jauge avec la Coupe du monde de rugby. Les faits sont là, la circulation est plus fluide quand la moitié de la Concorde est fermée. Je suis très soucieuse de conserver son caractère patrimonial exceptionnel et minéral, tout en adaptant la ville aux pics de chaleur qu'on va connaître, jusqu'à 50 degrés. Je veillerai aussi à respecter sa symétrie, qui fait partie de la vision des architectes de l'époque classique. Je vous le dis, la place accordée à la voiture dans ce lieu emblématique n'aura été qu'une parenthèse dans l'Histoire. " (Anne HIDALGO, La Tribune Dimanche , 14 janvier 2024) Comme l'a rappelé la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) Île-de-France dans une étude de 2018 réalisée pour la Ville de Paris sur la requalification des places parisiennes , le projet d'une transformation de la place de la Concorde n'est pas nouveau . Il y a 25 ans, en 1999, l'ancien Maire de Paris (1995-2001) Jean TIBERI avait ainsi choisi une option de transformation qui revenait à " rendre 80% de l'espace de la place aux piétons ". Dans son étude réalisée en 2018, la FNAUT Île-de-France proposait de piétonniser l'intégralité de la place de la Concorde, à l'exception de l'axe de circulation occidental, qui aurait pu comprendre deux voies pour les bus et deux à trois voies pour la circulation générale. Soit dit en passant, j'observe que Mme HIDALGO, pourtant Première adjointe de M. DELANOË de 2001 à 2014, Maire de Paris depuis 2014, n'aura donc donné aucune suite au choix de M. TIBERI pendant près d'un quart de siècle... La place de la Concorde est l'une des cinq places royales parisiennes, la plus vaste et l'une des plus emblématiques de la capitale. Elle est intégralement classée Monument historique depuis 1937 et située dans le périmètre des rives de la Seine inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO. La circulation motorisée générale y est importante : elle occupe la moitié de l'espace. Elle fait de la place, c'est vrai, un carrefour relativement inhospitalier, voire hostile, pour la plupart des autres usagers. Elle contribue à dégrader les éléments architecturaux et patrimoniaux classés qui s'y trouvent. Elle gêne les cheminements des piétons. Elle gâche le point de vue des flâneurs. Résultat : la place de la Concorde est aujourd'hui un espace "frontalier" qui tend à séparer, plutôt qu'à relier, les jardins des Tuileries et les jardins des Champs-Elysées. Ma position pourrait être résumée par la formule suivante : l'aménagement de la place de la Concorde est un aménagement trop important pour être confié à Mme HIDALGO . Certes, je suis ouverte au principe d'un aménagement à vocation historique et patrimoniale de la place, qui aille aussi dans le sens d'une réduction raisonnée et raisonnable - c'est-à-dire strictement nécessaire, adaptée et proportionnée - de l'espace occupé par la circulation motorisée générale. Mais je n'ai absolument pas confiance en Mme HIDALGO et je voudrais donc que nous soyons très vigilants sur les modalités de tout aménagement. En effet, jusqu'à présent, Mme HIDALGO n'a guère brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine du réaménagement et de la requalification des grandes places emblématiques de la capitale... Au contraire ! Son historique est une suite de fiascos, dysfonctionnels en termes d'usages et inesthétiques en termes patrimoniaux. La place de la Madeleine a perdu en attractivité et connaît une vacance commerciale navrante . Les fontaines Bouroullec du Rond-Point des Champs-Elysées choquent. La place de la République est devenue un lieu d'attroupements des professionnels de la manifestation et du désordre. Quant à la prise de conscience par la Maire de Paris des enjeux de l'esthétique du paysage parisien, avec la parution en 2022 d'un "manifeste pour la beauté de la capitale" , elle est bien trop tardive pour être crédible et rassurante... C'est pourquoi des garde-fous doivent impérativement être prévus , de sorte que tout éventuel aménagement de la place de la Concorde soit strictement concerté, étayé, soigné et encadré. Tout aménagement, c'est la base, devra être précédé d' un entretien ou d'une restauration préalable des trop nombreux éléments patrimoniaux classés de la place de la Concorde qui restent dans un état de dégradation préoccupant, en dépit de plusieurs rénovations récemment effectuées, sous la "pression" du pétitionnaire Baptiste GIANESELLI , et avec la contribution de mes vœux dédiés . Je rappelle que la responsabilité de la conservation de la place incombe à la Ville de Paris, à l’exception des deux hôtels de Jacques-Ange GABRIEL et de l’obélisque. Tout aménagement devra être concerté, avec l'ensemble des parties prenantes , à commencer par les élus locaux, les membres des Conseils de quartier mitoyens (Elysée-Madeleine et Triangle d'Or) et, bien sûr, la Commission du Vieux Paris et le Préfet de police de Paris. Ces parties prenantes doivent pouvoir exercer un droit de regard vigilant et être pleinement concertées, et non pas simplement consultées, sur la qualité du contenu du projet. Tout aménagement devra ensuite être étayé, avec une solide étude d'impact préalable des reports de circulation et des rallongements des temps de parcours , laquelle anticipera aussi les évolutions des flux de la circulation générale induites par la mise en place de la Zone à trafic limité (ZTL) dans le centre de Paris . Tout aménagement devra également être "soigné", avec la conservation de l'ensemble des perspectives actuelles : sur les deux jardins des Tuileries et des Champs-Elysées, sur l'Hôtel de la Marine, sur les pavillons Gabriel, sur l'Arc de Triomphe, sur l'Assemblée nationale. Le pavement et les travaux de voirie devront être d'une excellente qualité, à la hauteur de la patrimonialité du site. Tout aménagement devra être strictement encadré, avec des garanties fermes et précises quant à l'absence d'occupations événementielles des espaces devenus piétons. Il est hors de question que ces nouveaux espaces piétons fassent l'objet d'une occupation événementielle, qu'elle soit commerciale ou non ! Je m'oppose ainsi d'emblée à l'objectif " d'offrir une nouvelle expérience et de nouveaux usages ", ainsi qu'au projet d'" une alternance de grands événements, de manifestations culturelles et sportives " mentionnés dans la délibération. Tout aménagement devra enfin être porteur d'améliorations très significatives des traversées piétonnes de la place de la Concorde. Pour conclure, les contours du projet d'aménagement sont encore très flous concernant à la fois le contenu patrimonial et le cadrage budgétaire (36 millions d'euros TTC). Pour ma part, je serais favorable au contre-projet proposé par le directeur de la publication "La Tribune de l'Art" , Didier RYKNER, qui préconise plutôt de réduire de moitié les voies actuelles de part et d'autre du terre-plein central, afin de réduire l'espace occupé par la circulation sans pour autant renoncer à une circulation giratoire , laquelle conserve tout son sens en termes de mobilité urbaine. Compte tenu de ce qui précède, je me suis opposée - à titre conservatoire - sur ce projet de délibération , car il m'apparaît à ce stade irresponsable de donner carte blanche à la Maire de Paris. La Maire du 8e et les élus de sa majorité, aux côtés de la Conseillère socialiste de l'arrondissement, ont voté en faveur du projet d'aménagement de Mme HIDALGO... "Fan-zone" dans le parc Monceau : enfin des informations rassurantes Mon premier vœu avait pour objectif que la Maire du 8e arrondissement révise sa position initiale et abandonne la "fan zone" projetée dans le parc Monceau pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024. La Ville de Paris a présenté le 24 juillet 2023 les "sites de festivités" gratuits et ouverts au public qui seront aménagés dans la plupart des arrondissements de la capitale pendant les JOP, pour proposer la retransmission des épreuves, des animations sportives et culturelles, ainsi que des espaces de restauration. Dans le 8e arrondissement, sur la proposition de la Maire, le choix a été fait de retenir le parc Monceau . Or, les habitants du 8e arrondissement prennent déjà largement leur part à l'organisation des JOP de Paris 2024 , en accueillant dans la partie Sud du territoire de nombreuses épreuves sportives sur les trois sites de la place de la Concorde, du Grand Palais et du pont Alexandre III. De plus, la probabilité est élevée que ce "site de festivités" projeté dans le parc Monceau soit une simple "fan zone" , avec les externalités négatives inévitables de ce type de site événementiel pour les riverains, notamment en termes de troubles à l'ordre public. Les riverains du parc Monceau n'avaient toujours pas obtenu de garanties concernant les mesures qui seront prises pour maintenir l'ordre public , dans toutes ses composantes (sécurité, tranquillité, salubrité), à l'intérieur et dans les environs immédiats du parc Monceau, pendant toute la durée de son occupation. Ces riverains n'avaient toujours pas obtenu, non plus, de garanties concernant les protections renforcées qui seront dédiées au patrimoine architectural et paysager du parc , pour prévenir certaines externalités négatives inhérentes aux affluences et aux usages exceptionnels. Ces riverains n'avaient toujours pas obtenu, enfin, de garanties concernant les modalités suivant lesquelles ils pourront continuer de bénéficier du parc pour leurs activités quotidiennes ludiques et sportives pendant toute la durée de son occupation. En conséquence, les riverains du parc Monceau sont très réservés, voire opposés, au projet de "site de festivités" projeté dans le parc Monceau. Pour ma part, je crois qu'une clarification progressive et objective d'une situation justifie une évolution de positionnement sur cette situation. C'est pourquoi j'ai proposé que la Mairie du 8e arrondissement révise sa position initiale et abandonne le "site de festivités" projeté dans le parc Monceau pendant les Jeux Olympiques. Dans la réponse qui m'a été faite, nous avons enfin obtenu des informations . La superficie du parc Monceau allouée à la "fan-zone" sera très limitée, aux alentours de 500 m². Les animations seront principalement sportives et familiales. Le site sera protégé en permanence, avec deux agents de sécurité et un maître-chien dédiés. Et la consommation d'alcool sera interdite. Ces informations rassurantes vont dans le bon sens . J'ai toutefois maintenu mon vœu, pour prendre date et rester vigilante, tout en considérant que le parc Monceau n'était pas le site adapté. Pour un Comité sur les nuisances sonores dans le 8e arrondissement Mon second vœu visait à ce que la Mairie du 8e arrondissement mette en place un Comité local d'évaluation, de contrôle et de réduction des nuisances sonores dans le 8e arrondissement . La réduction des nuisances sonores est un enjeu décisif de santé publique et de qualité de vie en zone urbaine, tout particulièrement à Paris, l’une des capitales les plus denses au monde . Le bruit routier reste la principale source de nuisances sonores à Paris et il fait perdre aux Parisiens plus de 8 mois d’espérance de vie en bonne santé, selon la propre communication de la Ville de Paris. Le bruit de voisinage, notamment celui des terrasses bruyantes et des établissements de nuit, est l'autre source de nuisances sonores dans la capitale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) juge que des effets extra-auditifs du bruit se manifestent pour des niveaux d’exposition supérieurs à 40 dB(A) la nuit et à 50-55 dB(A) en journée : troubles du sommeil, gêne, risques cardiovasculaires accrus, difficultés de concentration et retards dans les apprentissages. L’OMS juge qu’un risque pour l’audition se manifeste pour des niveaux d’exposition supérieurs à 80 dB(A). Or, Bruitparif cartographie la quasi-totalité du territoire du 8e arrondissement à des niveaux d’exposition supérieurs à 40 dB(A) la nuit et à 50-55 dB(A) en journée, et certains axes à des niveaux d’exposition supérieurs à 80 dB(A). Parmi les mesures déjà prises, un "Plan parisien d’amélioration de l’environnement sonore" a été adopté par le Conseil de Paris au cours de la séance du 12 octobre 2021. Différents dispositifs contre le bruit routier ont été mis en place pour améliorer l’environnement sonore à Paris, notamment l’abaissement général à 30 km/h de la vitesse de circulation des véhicules, sauf sur certains grands axes du 8e arrondissement à l’instar de l’avenue des Champs-Elysées et du boulevard Malesherbes. Différents dispositifs contre le bruit routier ont été expérimentés pour améliorer l’environnement sonore à Paris, notamment les revêtements acoustiques - à l’instar de celui expérimenté rue de Courcelles dans le 8e arrondissement - et les radars sonores - à l’instar de ceux expérimentés dans les 17e et 20e arrondissements. Dans le 8e arrondissement, la police municipale est par ailleurs équipée d'un sonomètre pour mesurer le niveau de pression acoustique. Enfin, des cahiers d’informations sur le bruit ont été diffusés aux mairies d’arrondissement. J'ai donc proposé que la Mairie du 8e arrondissement mette en place un Comité local d'évaluation, de contrôle et de réduction des nuisances sonores dans le 8e arrondissement , à l'instar de l'expérience réussie dans le 17e arrondissement voisin. Ce Comité serait chargé de suivre la mise en œuvre du "Plan parisien d'amélioration de l'environnement sonore" dans le 8e arrondissement, de prioriser dans l’arrondissement les espaces stratégiques en termes de nuisances sonores routières, et de formuler des propositions - en concertation avec les membres des conseils de quartier concernés - pour contribuer à améliorer l’environnement sonore dans l’arrondissement. Ce Comité serait notamment destinataire d'un premier bilan, puis de bilans périodiques, sur l'utilisation du sonomètre par la police municipale dans le 8e arrondissement. La Maire du 8e arrondissement et les élus de sa majorité ont rejeté ce vœu , au motif que le maximum serait déjà fait pour réduire les nuisances sonores dans l'arrondissement et qu'un énième " comité Théodule " serait inutile dans le 8e... Dont acte ! Votation du 4 février : une question d'intérêt local bienvenue mais qui interroge Enfin, ma question orale adressée à la Maire du 8e arrondissement avait pour objet d'obtenir des détails sur la question d'intérêt local propre au 8e arrondissement mise au vote lors de la votation du 4 février 2024 . Sur la proposition de la Maire du 8e arrondissement, la votation va en effet mettre au vote des électeurs du 8e une question d'intérêt local propre à l'arrondissement, formulée ainsi : " Pour ou contre accélérer la piétonisation et la végétalisation des voies du 8e arrondissement et plus particulièrement certaines portions de la rue de Monceau et de la rue de Liège ? " Si je me réjouis de la nouveauté démocratique qu'est la mise au vote de questions d'intérêt local dans le cadre des votations organisées par la Mairie de Paris, ainsi que de la prise en considération dans le cas d'espèce des rues de Liège et de Monceau, la formulation de la question posée le 4 février 2024 soulève d'autres questions et appelle des précisions : quelle a été la marge de manœuvre de la Maire du 8e arrondissement dans la formulation de la question, puisque l'article 2 du Règlement de la votation dispose que " cette question ne doit pas entrer en contradiction avec une politique publique menée par la Ville de Paris " ? quels tronçons de la rue de Monceau et de la rue Liège seraient concernés par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation ? quelles autres voies seraient concernées par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation ? des réunions publiques de concertation avec les riverains seront-elles organisées en amont des différents projets de piétonnisation et de végétalisation ? quel est l'état final recherché par la Mairie de Paris et la Mairie du 8e arrondissement, en termes de plan de circulation, pour le quartier Europe, et des études d'impact ont-elles été réalisées pour en assurer la cohérence d'ensemble, y compris avec les arrondissements voisins, à commencer par le 9e arrondissement ? En effet, le plan de circulation du quartier Europe a déjà fait l'objet de nombreuses modifications ces quatre dernières années dans le cadre de la démarche municipale "Embellir votre quartier" : "vélorue" rue d'Amsterdam, piste cyclable rue de Londres, deux "rues aux écoles" rue de Florence et rue de Moscou, mise en voie unique de la rue de Saint-Pétersbourg, végétalisation des rues de Clapeyron et de Turin, divers aménagements sur la place de Dublin et à la sortie du métro Liège, fermeture du "barreau" de la rue de Madrid où se trouve l'accès au métro, déviations de plusieurs lignes de bus. Or, la réalisation de ces aménagements se traduit désormais par un véritable "gymkhana" et de nombreux embouteillages dans le quartier, tout particulièrement au niveau de la rue de Liège, depuis la place de l'Europe et jusqu'à son carrefour avec les rues d'Amsterdam et de Moscou. J'ai donc demandé à la Maire du 8e arrondissement de détailler la question d'intérêt local propre au 8e arrondissement mise au vote lors de la votation du 4 février 2024 et d'apporter des réponses à ces autres questions qu'elle soulève. Dans sa réponse, la Maire indiqua notamment qu'un projet de "rue aux écoles" est en cours d'élaboration sur le tronçon de la rue de Monceau entre la rue de Courcelles et le boulevard Haussmann, à la demande des parents d'élèves pour sécuriser le cheminement de leurs enfants.
- Retour sur la réunion publique de lancement de la concertation sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde
La réunion publique de lancement de la concertation sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde s'est tenue jeudi 4 avril au Théâtre de la Concorde (ancien Théâtre la Ville - Espace Cardin). Devant un public d'environ 80 personnes, sont intervenus des élus - le Premier adjoint à la Maire de Paris, l'Adjoint à la Maire de Paris en charge de la transformation de l'espace public, l'Adjoint à la Maire de Paris en charge de la végétalisation de l'espace public, la Maire du 8e arrondissement, le Maire de Paris Centre - ainsi que des représentants de la Direction des affaires culturelles (DAC) de la Ville de Paris et de l'Atelier parisien d'urbanisme (APUR). Vous trouverez ici le document projeté au cours de la réunion publique. Au terme de la présentation des différents enjeux de patrimoine, de mobilité et d'usage, je maintiens ma position sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde, mais avec un assouplissement sur la végétalisation et un durcissement sur l'événementiel. Sommaire La place de la Concorde n'a pas toujours été aussi minérale La place de la Concorde est définitivement sur-occupée par des événements Position maintenue avec un assouplissement et un durcissement RAPPEL | Après la marche exploratoire du 11 avril et l'atelier "patrimoine" du 24 avril, participez aux prochains ateliers thématiques de la concertation sur le réaménagement de la place de la Concorde (inscrivez-vous préalablement à l'adresse concorde@ville-ouverte.com) : l'atelier "mobilité" mardi 30 avril à 19 h et l'atelier "usages et résilience" jeudi 16 mai à 19 h, tous deux en présentiel au Théâtre de la Concorde. L'atelier concernant les usages sera notamment l'occasion de faire connaître et valoir votre position sur les occupations événementielles de la place de la Concorde. La place de la Concorde n'a pas toujours été aussi minérale Parmi les aménagements passés de la place de la Concorde figurent une vue de la place Louis XV (non datée) et une vue panoramique de Pierre COURVOISIER (vers 1830) relativement "contre-intuitives". Sur ces deux visuels apparaissent en effet des fossés arborés et des parterres végétalisés qui indiquent que la place de la Concorde n'a pas toujours été aussi minérale qu'aujourd'hui. Cette végétalisation passée avait d'ailleurs déjà amené la Ville de Paris à envisager des options de revégétalisation de la place à la fin des années 1990, dans le cadre de réflexions sur des possibilités d'aménagement. La place de la Concorde est définitivement sur-occupée par des événements Dans la présentation des différents usages de la place de la Concorde, l'APUR a pu objectiver par les chiffres le constat, déploré par les habitants et les "amoureux du patrimoine", d'une sur-occupation événementielle de la place de la Concorde. En 2023, 10 événements ont ainsi été organisés, aboutissant à une occupation totale ou partielle de la place de 182 jours, soit la moitié de l'année. C'est inacceptable ! Bien sûr, certains événements populaires ont une vocation durable à être organisés sur la place de la Concorde. Je pense d'abord au défilé militaire du 14 Juillet et à l'arrivée du Tour de France. D'autres événements sportifs commerciaux ne font que passer par la place. En revanche, je conteste l'occupation événementielle et commerciale de la place de la Concorde par des défilés de mode, des zones d'animations sportives ou certains salons professionnels. Position maintenue avec un assouplissement et un durcissement Au terme de la réunion publique du 4 avril, je maintiens ma position sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde : d'une part, des garde-fous doivent être prévus pour que ce réaménagement soit d'abord et avant tout une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale ; d'autre part, la circulation giratoire de la place doit être conservée. Mais, compte tenu de ce qui précède, j'y ajoute un assouplissement et un durcissement. L'assouplissement a trait à la possibilité de (re)végétaliser une partie de la place, comme elle a pu l'être jusqu'à la première moitié du 19e siècle : je pourrais y être favorable, à condition que toute végétalisation soit basse et à très haute qualité environnementale, puis entretenue avec le souci de l'excellence. Le durcissement concerne l'occupation événementielle de la place : je plaide l'interdiction des occupations événementielles commerciales de la place, de sorte de n'y autoriser que des occupations non commerciales et d'intérêt national. Pour conclure, la végétalisation partielle de la place de la Concorde pourrait s'avérer être une façon efficace de la prémunir contre certaines occupations événementielles commerciales indésirables.
- Tribune (Atlantico) | L'aménagement de la Concorde est trop important pour être confié à Hidalgo !
Cette tribune a été publiée sur le site d'information indépendant Atlantico le vendredi 26 janvier 2024. Pour la conseillère divers droite du 8e arrondissement, la maire de Paris n'a guère brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine de la requalification des grandes places de la capitale… La maire de Paris a annoncé que la moitié de la surface de la place de la Concorde ne serait pas rendue aux automobilistes après les Jeux Olympiques. La place est l'une des cinq places royales parisiennes, intégralement classée Monument historique, la plus vaste et emblématique de la capitale. C'est vrai, la circulation motorisée y est importante. Elle fait de la place un carrefour relativement inhospitalier pour la plupart des autres usagers. Confiance rompue Mais jusqu'à présent, Mme Hidalgo n'a pas brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine de la requalification des grandes places de la capitale. Son historique est une suite de fiascos, dysfonctionnels en termes d'usages, inesthétiques en termes patrimoniaux. La place de la Madeleine a perdu en attractivité et connaît une vacance commerciale navrante. Les fontaines Bouroullec du rond-point des Champs choquent. La place de la République est devenue le lieu d'attroupements des professionnels de la manifestation et souvent du désordre. Ma conviction est que l'aménagement de la place de la Concorde est une chose trop importante pour être confiée à Mme Hidalgo. Je suis ouverte au principe d'un aménagement à vocation historique et patrimoniale de la place, qui aille aussi dans le sens d'une réduction raisonnée et raisonnable - c'est-à-dire strictement nécessaire, adaptée et proportionnée - de l'espace occupé par la circulation. Mais je n'ai pas confiance en Mme Hidalgo. Gardes-fous C'est pourquoi des garde-fous doivent être prévus. Tout aménagement, c'est la base, devrait être précédé d'une restauration préalable des nombreux éléments patrimoniaux classés de la place de la Concorde qui restent dans un état de dégradation préoccupant, en dépit de plusieurs rénovations récemment effectuées sous la pression du pétitionnaire Baptiste Gianeselli. Je rappelle que la responsabilité de la conservation de la place incombe à la Ville de Paris, à l’exception des deux hôtels de Jacques-Ange Gabriel et de l’obélisque. Tout aménagement devrait être concerté, avec l'ensemble des parties prenantes, à commencer par la Commission du Vieux Paris, l'architecte des bâtiments de France, le Préfet de police de Paris, les élus locaux. Tout aménagement devrait ensuite être étayé, avec une solide étude d'impact des reports de circulation et des rallongements des temps de parcours, laquelle anticiperait aussi les évolutions des flux de la circulation induites par la mise en place de la future Zone à trafic limité dans le centre de Paris. Tout aménagement devrait également être soigné, avec la conservation de l'ensemble des perspectives actuelles : sur les jardins des Tuileries et des Champs-Elysées, sur l'Hôtel de la Marine, sur les pavillons Gabriel, sur l'Arc de Triomphe, sur l'Assemblée nationale. Le pavement et les travaux de voirie devraient être d'une excellente qualité, à la hauteur de la patrimonialité du site. Tout aménagement devrait enfin être encadré en termes d'occupations : il est hors de question que les nouveaux espaces piétons fassent l'objet d'une occupation événementielle, qu'elle soit commerciale ou non. "Projet Rykner" Les contours du projet d'aménagement de Mme Hidalgo sont encore trop flous concernant le contenu patrimonial et le cadrage budgétaire. A ce stade, il m'apparaît irresponsable de lui donner carte blanche. C'est pourquoi j'ai voté contre l'aménagement en conseil du 8e arrondissement. Une piste raisonnée et raisonnable mériterait d'être étudiée, celle du contre-projet proposé par le directeur de la publication "La Tribune de l'Art". Didier Rykner préconise de réduire de moitié les voies actuelles de part et d'autre du terre-plein central, afin de réduire l'espace occupé par la circulation sans pour autant renoncer à une circulation giratoire, laquelle conserve tout son sens en termes de mobilité urbaine. Le cas échéant, je recommanderais que soient supprimées les voies les plus proches de ce terre-plein central, afin d'élargir l'espace où se trouvent l'obélisque et les deux fontaines des Fleuves et des Mers. Cette option permettrait aussi de contribuer à réduire la vitesse de circulation sur la place en "cassant" la ligne droite qui la traverse depuis le pont de la Concorde jusqu'à la rue Royale. Catherine Lécuyer Conseillère du 8e arrondissement de Paris (divers droite)
- Entretien | "Catherine Lécuyer n'a pas confiance en Anne Hidalgo pour le réaménagement de la Concorde" (publié sur le site des Affiches Parisiennes)
Cette entretien a été publié sur le site d'information Affiches Parisiennes le lundi 5 février 2024. L'introduction de l'entretien (version intégrale ci-dessous) Conseillère divers droite du 8e arrondissement de Paris, Catherine Lécuyer est très attachée aux sujets patrimoniaux sur lesquels elle intervient régulièrement lors des conseils municipaux. A la veille du Conseil de Paris qui se déroulera du 6 au 8 février, l’ancienne conseillère de Paris durant la mandature 2014-2020, pendant laquelle elle était notamment intervenue sur la restauration des Fontaines Bouroullec sur le rond-point des Champs-Élysées, nous a fait part de sa position et de ses propositions sur un projet de délibération à l’ordre du jour : l’aménagement de la place de la Concorde. La délibération 2024 SG 4 sur le projet d'aménagement de la place de la Concorde. Affiches Parisiennes : dans quel état se trouve actuellement la place de la Concorde ? La place de la Concorde est absolument magnifique. Elle a une histoire très forte et fait partie des cinq places royales parisiennes. C'est une place qui donne le sentiment, quand on en fait le tour, d'avoir été laissée à l'abandon pendant des décennies. Elle est dans un état assez pitoyable, bien que depuis deux ans, il y ait un renouveau. Je pense que ce renouveau est lié à une mobilisation d'habitants qui se sont vraiment manifestés pour faire un peu "bouger les lignes". Ils ont activé le processus de restauration qui était de la compétence de la Ville de Paris, puisqu’elle est chargée de l'entretien et de la restauration de la place de la Concorde. Donc, effectivement les fontaines ont été restaurées, elles sont magnifiques. Deux guérites l’ont également été. Il y a un certain nombre d'éléments patrimoniaux de cette place qui ont été restaurés, mais il reste beaucoup à faire. Anne Hidalgo a récemment indiqué que la place de la Concorde resterait en grande partie piétonne après les Jeux olympiques, qu'en pensez-vous ? Lors du prochain Conseil de Paris qui se tient demain, une grosse délibération concerne la place de la Concorde. Comme quand je dis "grosse", ce n'est pas qu'elle soit très longue en lecture, mais qu'elle est très importante en termes d'enjeu puisqu'il s'agit de lancer le projet de réaménagement de la place de la Concorde. Mais cette délibération, à mon sens, est très légère, avec très peu de points concrets développés. Pourquoi ? Le projet de délibération parle de patrimoine, d'entretien, et de restauration, qui sont la base et le point numéro un. La circulation est aussi évoquée, c’est un point important puisque, effectivement, c'est une place qui est devenue assez inhospitalière, avec une circulation assez importante, même si elle a beaucoup baissé avec la fermeture de la rue de Rivoli à la circulation générale. Un réaménagement est à envisager. Mais pour moi, le point numéro un, l’enjeu majeur, c’est l’entretien et la restauration du patrimoine de cette place, puisque quand on est Paris, une ville extrêmement visitée, un "phare" en Europe, je me demande : "Comment en est-on arrivé à laisser la Concorde vieillir à ce point ?". C’est un réel questionnement qui me fait dire que la Ville de Paris n’était pas très soucieuse. Le projet de réaménagement de la place de la Concorde vous inquiète ? Je suis extrêmement méfiante puisqu'on parle de la ville de Paris et du patrimoine parisien. Il faut un réaménagement, une restauration et des travaux d’entretien de cette place. Pour autant, je mets des warnings. Beaucoup de garde-fous sont à prévoir, parce qu’Anne Hidalgo n’a pas brillé dans le domaine de la requalification des grandes places historiques de la capitale. Je pense en particulier aux places de la République, de la Bastille et de la Madeleine. Aucun de ces lieux n’est une réussite. Je considère même que pour certaines, c’est un fiasco avec une énorme dépense d’argent. Je n’ai absolument pas confiance en Anne Hidalgo et je considère qu’en l’état, nous ne pouvons pas voter cette délibération. J’ai même fait savoir en Conseil d’arrondissement qu’à titre conservatoire, je vote contre. D’ailleurs, un autre point m’interpelle. Il s’agit de l’objectif annoncé dans la délibération d’offrir de nouveaux usages. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous n’avons aucune explication et il est impératif de ne pas laisser faire n’importe quoi sur cette place qui a une place importante dans l’histoire de France. Je rappelle que Louis XVI, Malesherbes et Danton y ont notamment été décapités. C'est quand même une place qui a une histoire très forte. Elle a un côté "sacré". De votre côté, à l’avenir, comment la verriez-vous la place de la Concorde ? Nous avons travaillé sur plusieurs propositions. En termes de circulation, à mon avis, il serait intéressant de maintenir un sens giratoire autour de l'obélisque et des deux fontaines en élargissant l’espace autour de ces monuments pour en profiter davantage. Ainsi, les voitures passeraient à nouveau des deux côtés de l’obélisque. Cela permettrait aussi de rétablir la symétrie historique entre l'Assemblée nationale et la rue Royale qui mène à la Madeleine, ainsi qu’entre le Jardin des Tuileries et l’Arc de Triomphe. Il faut vraiment avoir une réflexion pour reconfigurer cette place et remettre en valeur l’Obélisque et les deux fontaines. Cette idée de sens giratoire n’a pas été retenue pour les places de la Bastille et de la République… Non, et je trouve cela catastrophique. Je pense en particulier à la place de la République qui était magnifique quand nous regardons les images d’avant et qui maintenant n’a plus rien à voir. Le résultat pour ces places de la Bastille, de la République et même de la Madeleine n’est pas à la hauteur des enjeux et surtout des annonces qui avaient été faites, pourtant des millions d’euros ont été investis et de long mois de travaux ont eu lieu. Le projet de la place de la Concorde n'est-il finalement pas la suite "logique" du chantier de végétalisation et de piétonnisation des Champs-Élysées et de l'Arc de Triomphe, prévu pour 2030 ? Quand nous regardons la délibération pour le réaménagement de la place de la Concorde, nous avons l'impression qu'elle s’inscrit dans la rénovation d’un certain nombre de lieux emblématiques parisiens. Mais, le problème est que cette délibération est extrêmement vide. Elle ne développe aucun sujet et n’évoque pas le réaménagement des Champs-Élysées et de l’Arc de Triomphe. Il s’agit vraiment d’un projet indépendant, même si nous considérons qu’il s’inscrit dans l’entre-guillemets "réenchantement" des Champs-Élysées. Pourquoi entre guillemets ? Il y a : réenchanter et réenchanter. Je suis très méfiante sur cette expression. C'est un peu comme Photoshop. Nous avons des présentations et des vues d'artistes absolument extraordinaires, mais en général le résultat n’est pas du tout à la hauteur de ce qui a été dévoilé. La place de la Concorde accueillera les épreuves de BMX freestyle, de breaking, de skateboard et de basket-ball 3x3 des Jeux olympiques. Quel est votre avis sur ce choix ? Dans cette idée, ce qui me semble être positif, c’est que les projecteurs se sont braqués sur la place de la Concorde et cela a accéléré la rénovation de ces guérites, des deux fontaines et de l’Obélisque. Les Jeux olympiques ont été à l’origine de l’accélération de la restauration de cette place qui avait besoin qu’on s’occupe d’elle parce qu’elle était à l’abandon. Votre mobilisation est vraiment sur la réhabilitation de la place de la Concorde ? Oui, et il ne faut pas oublier que la zone à trafic limité entrera prochainement en vigueur dans Paris Centre et plusieurs paramètres seront à avoir en tête pour la circulation. Il faut rappeler à Anne Hidalgo que même si son projet est voté au Conseil de Paris, tous les garde-fous doivent être prévus pour une place intégralement classée Monument historique. Tout aménagement devrait être concerté avec l’ensemble des parties prenantes, à commencer par la Commission du Vieux Paris, l’architecte des bâtiments de France, le préfet de Police de Paris et les élus locaux. Madame Hidalgo ne pourra pas porter ce projet toute seule et heureusement, malgré son poste de maire de Paris et ses compétences en matière d’urbanisme. La vidéo intégrale de l'entretien
- Concertation sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde le 4 avril : participez pour exiger une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale
Après que la maire de Paris a annoncé dans la presse le 14 janvier que la moitié de la surface de la place de la Concorde ne serait pas rendue aux automobilistes après les Jeux Olympiques, la Ville de Paris organise du 2 avril au 29 mai 2024 une concertation sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde, lequel interviendra après les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024, suivant un calendrier qui reste à définir. Une réunion publique de lancement est prévue le jeudi 4 avril à 19h au Théâtre de la Concorde. Puis se tiendront plusieurs "ateliers participatifs thématiques" : un atelier "patrimoine" mercredi 24 avril à 19h à distance, un atelier "mobilité" mardi 30 avril à 19h au Théâtre de la Concorde et un atelier "usages et résilience" jeudi 16 mai à 19h au Théâtre de la Concorde. Ma position sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde est la suivante : je veux d'abord et avant tout que ce réaménagement soit une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale, que des garde-fous soient prévus, notamment sur la non-occupation événementielle des nouveaux espaces piétons, et que la circulation giratoire de la place soit conservée. Le réaménagement projeté par la maire de Paris La maire de Paris projette de piétonniser la partie Est de la place de la Concorde, depuis le jardin des Tuileries jusqu'à l'obélisque central. Cette configuration est celle qui a prévalu, par exemple, pendant la fan-zone du village de la Coupe du monde de rugby puis pendant le "Concorde park" d'initiations aux sports urbains. "La moitié de sa surface ne sera pas rendue aux automobilistes après les Jeux. Elle sera offerte à la promenade depuis les Tuileries jusqu'à l'Obélisque. On a déjà l'expérience du fonctionnement de la place en demi-jauge avec la Coupe du monde de rugby. Les faits sont là, la circulation est plus fluide quand la moitié de la Concorde est fermée. Je suis très soucieuse de conserver son caractère patrimonial exceptionnel et minéral, tout en adaptant la ville aux pics de chaleur qu'on va connaître, jusqu'à 50 degrés. Je veillerai aussi à respecter sa symétrie, qui fait partie de la vision des architectes de l'époque classique. Je vous le dis, la place accordée à la voiture dans ce lieu emblématique n'aura été qu'une parenthèse dans l'Histoire." (Anne HIDALGO, La Tribune Dimanche, 14 janvier 2024) Oui au principe d'une réhabilitation de la place J'ai déjà eu l'occasion de prendre position sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde. Comme le rappelle l'expertise patrimoniale de la Direction des affaires culturelles (DAC) de la Ville de Paris, la place est l'une des cinq places royales parisiennes, la plus vaste et emblématique de la capitale. Elle est intégralement classée Monument historique depuis 1937 et située dans le périmètre des rives de la Seine inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Riche d'une histoire qui se confond souvent avec celle de la France, la place a notamment été le lieu principal des exécutions publiques pendant la Révolution française, dont celles de Louis XVI et de Marie-Antoinette d'Autriche. La place a changé de nom au gré des soubresauts de la vie politique nationale : place Louis XV, place de la Révolution, place de la Concorde, place Louis XVI et, de nouveau, place de la Concorde depuis 1830. Aujourd'hui, c'est vrai, la circulation motorisée est très importante sur la place de la Concorde. Elle fait de la place un carrefour relativement inhospitalier pour la plupart des autres usagers, à commencer par les piétons. Je suis donc ouverte au principe d'un réaménagement qui aille dans le sens d'une réduction raisonnable de l'espace occupé par la circulation. Pour autant, je n'ai pas confiance en la maire de Paris. Jusqu'à présent, c'est peu dire qu'elle n'a pas brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine de la requalification des grandes places de la capitale. Son historique est une suite de fiascos, dysfonctionnels en termes d'usages, inesthétiques en termes patrimoniaux. La place de la Madeleine a perdu en attractivité et connaît une vacance commerciale navrante. Les fontaines Bouroullec du rond-point des Champs choquent. La place de la République est devenue le lieu de tous les attroupements de professionnels de la manifestation et souvent du désordre. Les places de la Bastille et de la Nation ne sont pas davantage réussies... Prévoir des garde-fous au projet Si je suis favorable au principe d'un réaménagement, c'est à la condition sine qua non qu'il soit d'abord et avant tout une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale. La création par la maire de Paris, le 13 mars, d'une commission de réflexion sur la transformation de la place de la Concorde pourrait constituer une première garantie. Présidée par l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques AILLAGON, elle comptera dans ses rangs l'animateur audiovisuel, écrivain et défenseur du patrimoine Stéphane BERN, la Directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris et ancienne ministre de la Culture Aurélie FILIPPETTI, ainsi que le président du Comité des Champs-Elysées et secrétaire général de LVMH Marc-Antoine JAMET. Dans cette perspective, des garde-fous doivent être plaidés et prévus dans le cadre de la concertation de la Ville de Paris. Premièrement, tout réaménagement, c'est la base, doit être précédé d'une restauration préalable des nombreux éléments patrimoniaux classés de la place de la Concorde, lesquels restent dans un état de dégradation préoccupant, en dépit de plusieurs rénovations récemment effectuées, sous la pression du pétitionnaire Baptiste GIANESELLI. Les fontaines, la chaussée, les candélabres et une partie des sculptures ont depuis été restaurés. Je rappelle que la responsabilité de la conservation de la place incombe intégralement à la Ville de Paris, à l’exception des deux hôtels de Jacques-Ange Gabriel et de l’obélisque. Tout réaménagement doit ensuite être étayé, avec une solide étude d'impact des reports de circulation et des rallongements des temps de parcours qui seront occasionnés par la réduction de l'espace occupé par la circulation. Cette étude d'impact doit aussi intégrer, par anticipation, les évolutions des flux de la circulation induites par la mise en place de la future Zone à trafic limité dans le centre de Paris, a priori début 2025. Tout réaménagement doit également être soigné, avec la conservation de l'ensemble des perspectives actuelles, sur les jardins des Tuileries et des Champs-Elysées, sur l'Hôtel de la Marine, sur les pavillons Gabriel, sur l'Arc de Triomphe, sur l'Assemblée nationale. Le pavement et les travaux de voirie doivent être d'une excellente qualité, à la hauteur de la patrimonialité du site. Tout aménagement doit évidemment être porteur d'améliorations très significatives des traversées piétonnes de la place de la Concorde, puisque c'est la raison d'être du projet. Tout réaménagement doit enfin être strictement encadré en termes d'occupations événementielles. Il est hors de question que les nouveaux espaces piétons créés fassent l'objet d'une occupation événementielle, qu'elle soit commerciale ou non. Conserver la circulation giratoire de la place Une piste raisonnée et raisonnable mériterait d'être étudiée dans le cadre de la concertation de la Ville de Paris, celle du projet alternatif proposé par le directeur de la publication "La Tribune de l'Art", Didier RYKNER. Celui-ci préconise de réduire de moitié les voies actuelles de part et d'autre du terre-plein central, afin de réduire l'espace occupé par la circulation sans pour autant renoncer à une circulation giratoire, laquelle conserve tout son sens en termes de mobilité urbaine. Je suis, moi aussi, favorable à cette option de réaménagement qui a le mérite de préserver la nature originelle de la place. Je recommanderais alors que soient supprimées les voies les plus proches du terre-plein central, afin d'élargir l'espace où se trouvent l'obélisque et les deux fontaines des Fleuves et des Mers. Cette option permettrait aux piétons de bénéficier d'un meilleur recul à proximité immédiate de l'obélisque et des fontaines. Elle contribuerait aussi à réduire la vitesse de circulation sur la place en "cassant" la ligne droite qui la traverse depuis le pont de la Concorde jusqu'à la rue Royale.
- Pour la première fois, des embouteillages font leur apparition sur le rond-point de l'Etoile suite à son aménagement
La largeur de la chaussée du rond-point de l'Etoile a été réduite de 12 à 8 voies , pour permettre l'élargissement de l'anneau central piéton dans le cadre de la première phase, dite "travaux d'embellissement", du projet de la Ville de Paris "Réenchanter les Champs-Elysées". Dans le dossier présenté à la presse le 11 mai 2022 , préparé par la Ville de Paris et le Comité Champs-Elysées, l'objectif affiché était le suivant : " apaiser la place de l’Étoile en offrant de nouveaux espaces de contemplation autour de l’Arc de triomphe ". Et les auteurs de poursuivre : " le redimensionnement de la Place de l’Étoile amènera un confort de visite et de contemplation plus important, en faveur des piétons. Ce redimensionnement n’impactera pas le trafic routier puisque le choix a été fait de maintenir 7 à 8 files pour un maintien de la fluidité ". Deuxième plus grande place de Paris après la place de la Concorde, la place Charles-de-Gaulle, anciennement place de l'Étoile, est une place importante pour la bonne desserte giratoire des 8e, 16e et 17e arrondissements , sur le territoire desquels elle se trouve. Elle dessert en effet les grandes avenues des Champs-Élysées, de Friedland, Hoche, Wagram, Mac-Mahon, Carnot, de la Grande-Armée, Foch, Victor-Hugo, Kléber, d'Iéna, Marceau, qui "innervent" les trois arrondissements. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le décalage entre le projet et la réalité est à nouveau vertigineux . D'une part, le trafic routier est bel et bien impacté puisque, pour la première fois, des embouteillages font leur apparition sur le rond-point de l'Etoile suite à son aménagement. D'autre part, les piétons ne bénéficient d'aucun " confort de visite et de contemplation " supplémentaire puisque la surface de chaussée nouvellement piétonne n'est guère accueillante, faute d'aménagement. La communication sur le projet est insuffisante . Alors que le dossier de presse annonçait qu'" une information du public est prévue en continu sur la période des travaux pré-JOP ", la dernière communication de la Ville de Paris date du 22 février 2023 . Plus étonnant, à date, l'aménagement du rond-point de l'Etoile n'a fait l'objet d'aucune autorisation d'urbanisme consultable - ni déclaration préalable, ni permis d'aménager, ni permis de construire, ni permis de démolir. J'ai donc écrit le 6 mars un courrier au chef du "Service de l'aménagement et des grands projets" de la Ville de Paris pour obtenir des informations sur l'aménagement définitif projeté du rond-point de l'Etoile. C'est pourquoi il faut redoubler de vigilance dans la perspective de la seconde phase du projet, dite de "réaménagement global" du site des Champs-Elysées . Les travaux démarreront en 2025, après les JOP de Paris 2024. Les porteurs du projet annoncent " une large concertation avec les riverains, les Parisiens, les acteurs institutionnels et les services de l’État ", afin de " partager les réflexions sur le projet de réaménagement ". A cette occasion, je ferai valoir plusieurs points . Je rappellerai d'abord la nécessité impérieuse de disposer d' une étude d'impact sur les reports de circulation et le rallongement des temps de parcours pouvant résulter de la réduction de 12 à 8 voies de la largeur de la chaussée du rond-point de l'Etoile. Je demanderai ensuite une nouvelle fois - comme je le fais régulièrement depuis la défense en Conseil de Paris d' un vœu dédié en 2016 - la réouverture du tunnel de l'Etoile à la circulation générale . Autrefois très utile pour les habitants du 8e et du quartier, mais fermé à la circulation générale depuis 2015, le tunnel de l'Etoile est aujourd'hui sous-exploité. Quoique réservé aux cyclistes, la plupart d'entre eux considèrent son infrastructure trop anxiogène. Il doit faire l'objet d'une rénovation légère avant les JOP de Paris 2024. Une fois cette rénovation achevée, il faudra remettre le tunnel aux normes pour le rouvrir à la circulation générale.
- Entretien (20 Minutes TV) | "Catherine Lécuyer : défendre Paris et le 8e coûte que coûte"
Lundi 26 février, j'étais l'invitée du journaliste Renaud PARQUET dans l'émission "L'invité 20' TV" , sur la chaîne de télévision francilienne généraliste 20 Minutes TV Île-de-France, pour un entretien d'une vingtaine de minutes sur l'actualité politique à Paris et dans le 8e arrondissement. Au cours de cet échange, titré " Catherine Lécuyer : défendre Paris et le 8e coûte que coûte ", nous avons notamment évoqué la révision du Plan local d'urbanisme (PLU) de Paris , l' aménagement de la place de la Concorde , les conditions de vie et de travail pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris, ou encore le triplement des tarifs de stationnement des SUV . L'échange fut aussi l'occasion de revenir sur les motivations de mon engagement politique en tant qu'élue locale de droite . Être de droite, c'est d'abord pour moi être attachée à la liberté. La liberté d'aller et venir, la liberté du travail, la liberté du commerce, le droit de mener une vie familiale normale, sont des libertés fondamentales et des principes à valeur constitutionnelle. La Mairie de Paris doit mieux garantir l'exercice de ces libertés fondamentales dans la capitale. Être de droite, c'est aussi pour moi être attachée à la responsabilité, à l'entreprise, à la famille, à l'éducation, au civisme, au patrimoine, à la transmission, à la solidarité . Autant de valeurs fondamentales qui doivent guider la réussite de notre vie individuelle et collective. Je leur attache une importance particulière. C'est encore un certain pragmatisme, par opposition aux idéologies de gauche et au dogmatisme sectaire de la Maire de Paris. L'une des beautés d'un mandat local réside d'ailleurs dans le fait qu'il est souvent possible - et souhaitable - de se retrouver sur certains sujets, indépendamment des orientations politiques. Renaud PARQUET m'a également interrogée sur les perspectives électorales pour la droite aux prochaines élections municipales à Paris . En 2026, après un quart de siècle de socialisme municipal et deux mandats de Mme HIDALGO, lesquels auront significativement dégradé le cadre et la qualité de vie dans la capitale, les Parisiens devraient avoir envie d'une véritable alternance politique. Si la priorité est de gagner Paris, l'alternance ne sera toutefois possible qu'à la condition que les oppositions réussissent à se rassembler afin de former une large coalition électorale pour l'alternance. La volonté de faire battre dans les urnes Mme HIDALGO ou son successeur devra être suffisamment forte afin que ces formations acceptent les compromis indispensables pour être en capacité de (re)conquérir Paris.
- Tribune (Le Figaro) | Pour réduire sa dette, la mairie de Paris doit en finir avec les dépenses extravagantes
Cette tribune a été publiée sur le site web du Figaro le jeudi 14 mars 2024. Dépenses de personnel, subventions allouées à des associations sans rapport avec les attentes des Parisiens, logements sociaux... Catherine Lécuyer, conseillère divers droite du VIIIe arrondissement de Paris, dresse la liste des économies qui permettraient de réduire la dette de la capitale. La dette de Paris a atteint 8,2 milliards d'euros en 2023. Elle atteindra 8,8 milliards en 2024, 9,9 milliards en 2025. Elle n'était «que» de 4,18 milliards en 2014. Elle a donc déjà plus que doublé en moins de dix ans. Depuis l'explosion des taux d'intérêt, la durée de désendettement et la charge de la dette ont dangereusement augmenté. Au pied du mur budgétaire Côté recettes, la ville a sous-estimé, avec beaucoup de légèreté, la chute des transactions et des frais de notaires résultant de la crise immobilière. En 2023, le manque à gagner s'est élevé à 200 millions. Or, elle peut difficilement actionner à nouveau le levier fiscal. Elle a déjà relevé de +52% la taxe foncière des propriétaires parisiens en 2023. Elle a également majoré la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Elle a par ailleurs augmenté tous les tarifs municipaux (cantine, conservatoire, stationnement...), jusqu'à tripler les tarifs de stationnement des SUV. Dans ces conditions, comment Anne Hidalgo peut-elle retrouver des marges de manœuvre budgétaires, sans creuser la dette, sans augmenter la pression fiscale, sans réduire le service municipal rendu aux Parisiens ? Elle se trouve au pied du mur budgétaire. Elle ne peut plus reculer. Pour équilibrer le budget et réduire la dette, elle doit réduire d'urgence les dépenses dont l'utilité n'est pas avérée. "La maire de Paris préfère créer des logements sociaux avenue George V et avenue des Champs-Élysées, alors qu'elle pourrait en réaliser deux à trois fois plus dans des quartiers moins chers." Plus de travail, moins de subventions Il faut d'abord réduire les dépenses de personnel. C'est le premier poste des dépenses de fonctionnement. Paris compte 58.000 fonctionnaires pour 2,1 millions d'habitants. Elle a encore recruté 650 agents en 2023. Environ 400 personnes travaillent pour la seule communication de la mairie ! Si le taux d'administration de la capitale est plus élevé qu'à Londres ou Rome, c'est pour compenser le faible temps de travail et le fort taux d'absentéisme des agents. Il faut donc augmenter le temps de travail, lutter contre le fléau de l'absentéisme et ne pas remplacer un départ à la retraite sur trois dans certaines fonctions d'encadrement. Il faut ensuite réduire les dépenses de subventionnement. Elles s'élèvent chaque année à plus de 200 millions d'euros. La ville soutient des milliers d'associations et d'organisations dont l'objet est souvent éloigné, parfois même sans rapport, avec les besoins, les préoccupations et les attentes des Parisiens. Les exemples sont légion : 210.000 euros pour un projet d'étude sur les pratiques langagières des Araméens, 50.000 euros pour l'émission d'une monnaie locale à Paris, 10.000 euros pour former et sensibiliser à l'utilisation de «marmites norvégiennes»... Le système est dévoyé… Il est temps de nettoyer les écuries d'Augias ! Nids-de-poules v. grands travaux Il faut aussi optimiser les dépenses de logement social. La politique menée, celle de la préemption de copropriétés pour les transformer en logements sociaux à des fins électoralistes, est un fiasco. De surcroît coûteux pour les contribuables : le budget 2024 y alloue 550 millions d'euros. Mais chaque année, il y a toujours plus de demandeurs de logement social et toujours plus de logements sociaux dégradés, toujours moins de diversité sociale et toujours moins de logements disponibles sur le marché locatif privé. La maire de Paris préfère créer des logements sociaux avenue George V et avenue des Champs-Élysées, alors qu'elle pourrait en réaliser deux à trois fois plus dans des quartiers moins chers. Une provocation gratuite… dispendieuse ! "Le futur maire de Paris devra faire mieux, mais avec moins, pour le cadre et la qualité de vie des Parisiens." Il faut également réduire les dépenses de grands travaux d'urbanisme et de voirie. Anne Hidalgo continue de mener des travaux dont le coût élevé pour les contribuables est généralement inversement proportionnel à l'utilité pour les Parisiens : «réenchantement» des Champs-Élysées, transformation des abords de la Tour Eiffel et de la place du Trocadéro, multiplication des opérations «Embellir votre quartier», etc. Ces travaux siphonnent le budget dédié à l'entretien du patrimoine de voirie. La maire investit dans l'accessoire aux dépens du principal. Pendant ce temps, les nids-de-poule éclosent un peu partout et l'espace public est à l'abandon. Privatiser la collecte des ordures Une meilleure gestion des finances parisiennes sera une gestion plus soucieuse des biens et des intérêts des contribuables. Elle financera l'investissement en mobilisant davantage le patrimoine municipal. Elle planifiera un programme d'investissement de la mandature, auquel la maire a aussi renoncé depuis 2020. Elle n'hésitera plus à déléguer au privé ce que le public fait mal. La collecte des ordures est emblématique. Le service public rendu n'est pas à la hauteur alors que la taxe d'enlèvement rapporte plus que ne coûte l'enlèvement. Il faudra donc étendre la privatisation de cette collecte des ordures ménagères à tous les arrondissements. En fin de mandature, un audit indépendant des finances municipales devra être réalisé. En tout état de cause, le futur maire de Paris devra faire mieux, mais avec moins, pour le cadre et la qualité de vie des Parisiens. Catherine Lécuyer Conseillère du 8e arrondissement de Paris (divers droite)
- Retour et questionnaire sur la réunion publique d'information "Embellir votre quartier - Triangle d'Or"
La Mairie du 8e arrondissement a organisé avec la Mairie de Paris, mardi 5 mars à l'école Robert Estienne, une réunion publique "Embellir votre quartier - Triangle d'Or" à destination des habitants du quartier . La Mairie du 8e arrondissement était représentée par la Maire et son Adjoint chargé des questions relatives à la démocratie participative et à la vie associative. La Mairie de Paris était représentée par la Cheffe de projet territorial en charge de la démarche "Embellir votre quartier" pour la section territoriale de voirie Nord-Ouest (8e, 17e et 18e arrondissement) de la Direction de la voirie et des déplacements (DVD). Vous trouverez ici la présentation projetée au cours de la réunion publique. S'il est positif que l'espace public du quartier Triangle d'Or puisse bénéficier de 5,5 millions d'euros d'investissement dans les prochains mois, je regrette une inversion des priorités municipales : la Ville de Paris devrait d'abord entretenir et réparer l'espace public avant de prétendre l'embellir . Pour contribuer à flécher au mieux les 5,5 millions d'euros de crédits budgétaires alloués à cette démarche "Embellir votre quartier - Triangle d'Or", je lance un questionnaire en ligne sur les propositions de projets afin de mieux connaître les attentes et les besoins des habitants, et de pouvoir me mobiliser plus efficacement dans le cadre de la concertation organisée par la Ville de Paris , à laquelle je vous encourage aussi à participer. Entretenir et réparer avant d'embellir Sur le fond, la démarche municipale "Embellir votre quartier" est présentée par la Ville de Paris comme une opération aux " ambitions fortes " pour la végétalisation et les déplacements , avec plusieurs modalités d'interventions sur l'espace public (zones 30, rues aux écoles, piétonnisation, végétalisation, plan vélo, etc.), afin de " lutter contre le réchauffement climatique et l'effet d’îlot de chaleur urbaine, améliorer le cadre de vie des habitants " et " améliorer l'accessibilité et la sécurité des piétons, apaiser la circulation automobile, favoriser les déplacements cyclables ". Sur la forme, elle se veut " une méthode pour transformer les espaces publics de proximité " d'un secteur en organisant l'ensemble des interventions " sur une période de travaux resserrée ", de sorte de " limiter dans le temps la gêne occasionnée " et " d'offrir une prévisibilité pour les habitants et usagers ". La méthode est présentée comme une " co-construction ". J'ai d'emblée plusieurs réserves sur la démarche. D'une part, je regrette une inversion des priorités municipales : la Ville de Paris devrait d'abord entretenir et réparer l'espace public avant de prétendre l'embellir . Cette inversion est d'ailleurs récurrente dans de nombreuses politiques publiques de la Mairie dont les budgets financent trop souvent l'accessoire et l'auxiliaire aux dépens du principal et de l'essentiel. La Chambre régionale des comptes d'ïle-de-France a ainsi rappelé récemment, dans son rapport d'observations sur la politique parisienne des mobilités , que " les investissements nouveaux se font au détriment de la maintenance du patrimoine de voirie " (page 77). D'autre part, la méthode n'est pas sans risque. Organiser l'ensemble des interventions d'un même programme local dans un laps de temps resserré, c'est aussi concentrer dans l'espace et dans le temps les travaux et les nuisances , jusqu'à parfois franchir le seuil de "saturation" des riverains. A ce titre, la première démarche "Embellir votre quartier" déjà en cours dans l'arrondissement depuis 2021 et jusqu'à 2025, dans le secteur "Europe - Saint Augustin - Monceau", a pu légitimement échauder certains habitants. Renforcer l'attractivité résidentielle Pour le quartier Triangle d'Or, l'objectif affiché de la démarche est de renforcer l'attractivité résidentielle du secteur . Délimité par l'avenue Marceau à l'Ouest, l'avenue des Champs-Elysées au Nord, la place de la Concorde à l'Est, le cours Albert Ier et le cours la Reine au Sud, concentrant de nombreux bâtiments et édifices remarquables, dont les Grand et Petit Palais, traversé par de grands axes de circulation, le quartier Triangle d'Or est à prédominance de bureaux et de commerces. Il compte peu d'habitants (3 242) et de nombreux emplois (38 853) . Une dizaine d'immeubles sont inoccupés tandis que les locations meublées touristiques saisonnières y sont nombreuses. Le Sud du quartier recense de nombreux espaces verts, au contraire du Nord, très minéral hors les avenues plantées. Plusieurs travaux ont été réalisés ces derniers mois, avec plus ou moins de succès, dans le quartier Triangle d'Or ou y sont encore en cours : la reprise du dallage des trottoirs et des pieds d'arbres de l'avenue des Champs-Elysées, la reprise des allées en stabilisé et le renouvellement horticole du jardin des Champs-Elysées, ou encore l'aménagement de la "rue aux écoles" Robert Estienne. D'autres aménagements et travaux sont par ailleurs prévus dans les prochains mois dans le cadre du Budget participatif : la protection du passage piétons au croisement des rues Vernet et Bassano, l'installation de ralentisseurs rue Pierre Charron et rue Pierre Clément Marot, la sécurisation du carrefour entre l'avenue Marceau et la rue Quentin Bauchart. Pour mémoire, j'étais intervenue à plusieurs reprises sur ces dossiers depuis le début de la mandature. Un schéma directeur et 5,5 millions d'euros Le calendrier prévisionnel de la démarche "Embellir votre quartier" distingue quatre phases . Après la phase de diagnostic , dont la présentation projetée en réunion publique a en partie rendu compte, une phase de concertation est ouverte depuis le 5 mars et jusqu'au 15 mai, concertation dont j'espère qu'elle ne sera pas un simulacre. Deux marches exploratoires sont organisées le mardi 12 mars de 18h30 à 20h (au départ du 52 rue François 1er) et le jeudi 14 mars de 18h30 à 20h (au départ du 82 avenue Marceau) par la Mairie du 8e arrondissement et le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Paris (CAUE 75). Chacun peut également participer à la concertation en ligne de la Ville de Paris sur la page dédiée du site decider.paris.fr . Après une phase d' études , les travaux seront effectués en deux temps, avec une première phase d'interventions légères en 2025, puis une seconde phase d'aménagements plus importants en 2026, a priori après les élections municipales du printemps, l'usage dans la capitale voulant que les travaux soient suspendus dans les mois précédant ce scrutin. Pour renforcer l'attractivité résidentielle du quartier Triangle d'Or, la démarche "Embellir votre quartier" vise à mieux " concilier les usages existants " et à " développer de nouveaux usages en relation avec les habitants " . Comment ? En prétendant tout à la fois améliorer l'accessibilité, développer les circulations cyclables, apaiser la circulation automobile, réduire " les mésusages ", aménager des "rues aux écoles", déployer plus de végétalisation et lutter contre les îlots de chaleur urbains. Concrètement, 5,5 millions d'euros de crédits budgétaires sont engagés pour l'opération. Un schéma directeur a été présenté. Il liste et cartographie des " propositions de projets " qui seront arbitrées au cours de ladite "concertation" . Le cheminement cyclable rue Pierre Charron pourrait être renforcé. Les cheminements piétons rue Marboeuf, rue Quentin Bauchart et rue Vernet pourraient être facilités. Plusieurs axes pourraient être végétalisés : rue Bayard, rue François 1er, rue de la Tremoille, rue Clément Marot, rue du Boccador, rue Marboeuf, rue de la Renaissance et rue de Cerisoles. La place de la Reine Astrid et le cours la Reine pourraient être réaménagés. Des doubles sens cyclables sont envisagés avenue Franklin Delano Roosevelt, rue Jean Goujon et rue François 1er. La "rue aux écoles" Robert Estienne, la rénovation de l'éclairage avenue Montaigne et l'aménagement cyclable avenue Winston Churchill seront quant à eux bientôt livrés. Chat échaudé craint l'eau froide Parmi les participants, plusieurs habitants ont exprimé leur crainte sur une "ghettoïsation" du quartier si son accès devait devenir encore plus compliqué , ainsi que sur la dangerosité des doubles sens cyclables. Des problèmes récurrents ont par ailleurs été signalés, notamment le stationnement et la circulation des voitures Ferrari de location, de même que la dégradation de la voirie de l'avenue Montaigne. Il est vrai que la démarche municipale "Embellir votre quartier - Europe, Saint-Augustin et Monceau" lancée en 2021 a pu les inquiéter . Le plan de circulation du quartier Europe a fait l'objet de très nombreuses modifications : "vélorue" rue d'Amsterdam, piste cyclable rue de Londres, deux "rues aux écoles" rue de Florence et rue de Moscou, mise en voie unique de la rue de Saint-Pétersbourg, végétalisation des rues de Clapeyron et de Turin, divers aménagements sur la place de Dublin et à la sortie du métro Liège, déviations de plusieurs lignes de bus, etc. Or, pour les habitants, ces aménagements se traduisent par un véritable "gymkhana" et de nombreux embouteillages , qui vont jusqu'à figer la circulation, y compris celle des véhicules des services de secours et de sécurité, tout particulièrement sur la place de l'Europe et dans le secteur de la rue de Liège. Un questionnaire en ligne pour contribuer à la concertation Pour contribuer à flécher au mieux les 5 millions d'euros de crédits budgétaires alloués à la démarche "Embellir votre quartier - Triangle d'Or", je lance un questionnaire en ligne sur les propositions de projets du "schéma directeur" afin de mieux connaître les attentes et les besoins des habitants, et de pouvoir me mobiliser plus efficacement dans le cadre de la concertation .
- Résultats de la votation du 4 février : Paris inaccessible, Paris divisé, Paris figé, mais HIDALGO désavouée !
La Maire de Paris a organisé dimanche 4 février une votation prétendument "citoyenne" par laquelle elle demandait aux 1,3 million d'électeurs parisiens de se prononcer sur une question dite "d'intérêt parisien" : "Pour ou contre la création d’un tarif spécifique pour le stationnement des voitures individuelles lourdes, encombrantes, polluantes ?". Certains arrondissements avaient ajouté à cette question d'intérêt parisien une question dite "d'intérêt local". Dans le 8e arrondissement, la question posée était la suivante : "Pour ou contre accélérer la piétonnisation et la végétalisation des voies du 8e arrondissement et plus particulièrement certaines portions de la rue de Monceau et de la rue de Liège ?". Oui, il faut lutter contre le dérèglement climatique, la pollution, les embouteillages, les nuisances sonores, l'insécurité routière. Oui, aussi, la mise au vote de questions d'intérêt local dans le cadre des votations est une nouveauté potentiellement intéressante. Mais je crois qu'il est souhaitable et possible d'atteindre ces objectifs environnementaux et démocratiques autrement. Avec une écologie positive qui incite et qui accompagne, plutôt qu'une écologie punitive qui entrave, qui divise et qui immobilise. Avec une démocratie locale participative ouverte et sincère, plutôt qu'un simulacre de démocratie participative fermée et bâillonnée, qui limite le choix à plus ou moins de la même politique municipale, sans offrir la possibilité d'une alternative. Avec une abstention massive, des résultats serrés à Paris et un désaveu dans le 8e, la votation du 4 février confirme que la politique et la méthode de Mme HIDALGO et de ses complices ne font guère l'unanimité dans la capitale et dans l'arrondissement. Le bureau de vote installé pour la votation dans la Mairie du 8e arrondissement (crédit photo : Ronan GUÉVEL). Abstention massive, résultats serrés à Paris, désaveu dans le 8e arrondissement A la question "Pour ou contre la création d’un tarif spécifique pour le stationnement des voitures individuelles lourdes, encombrantes, polluantes ?", 78 121 électeurs parisiens ont répondu, soit à peine un peu plus de 5% des inscrits, parmi lesquels 42 215 ont voté pour la création d'un tarif spécifique, soit 54,55% seulement des suffrages exprimés. Dans le 8e arrondissement, les résultats sont très différents puisque 73,05% des suffrages ont été exprimés contre la création d'un tarif spécifique, soit près des trois quarts, et 26,95% seulement pour. Des habitants du 8e arrondissement réagissent à la votation du 4 février 2024. La création d'un tarif spécifique pour le stationnement des SUV devrait maintenant faire l'objet d'une délibération adoptée au cours du Conseil de Paris du mois de mai. Mme HIDALGO a annoncé que la mesure entrerait en vigueur le 1er septembre 2024. Les nouveaux tarifs s’appliqueront pour les véhicules de plus de 1,6 tonne pour les véhicules thermique et hybride et plus de 2 tonnes pour ceux fonctionnant à l’électrique. A la question "Pour ou contre accélérer la piétonnisation et la végétalisation des voies du 8e arrondissement et plus particulièrement certaines portions de la rue de Monceau et de la rue de Liège ?", les électeurs du 8e arrondissement ont répondu non. Plus précisément, 1 301 votants ont pris position contre, soit 58,92% des suffrages exprimés, et 907 ont voté pour, soit 41,08%. Dans le 8e arrondissement, les résultats sont ainsi clairs et nets : en s'abstenant ou en votant contre, les habitants de l'arrondissement ont dit NON aux mesures anti-familles et aux méthodes clivantes de Mme HIDALGO et de ses complices locaux qui trahissent, là comme ailleurs, le mandat reçu des électeurs. Une solution doit être trouvée de toute urgence pour la rue de Liège. Il n'est pas nécessaire de passer par une votation pour cela ! Cela fait bientôt deux ans que j'alerte sur ces problèmes et je l'ai encore fait récemment en défendant un vœu dédié lors de notre Conseil d'arrondissement du 28 novembre 2023. La mobilité des familles en danger Le triplement des tarifs de stationnement des SUV, comme l'accélération de la piétonnisation, mettent en effet particulièrement en jeu la mobilité de tous les Parisiens dont la mobilité est contrainte par divers facteurs, logistiques ou physiques, à commencer par les familles. A Paris, les familles nombreuses - de 3 enfants et plus - ne bénéficient déjà d'aucun tarif réduit pour le stationnement de leur véhicule, à la différence d'autres grandes villes françaises. Or l'exonération des résidents parisiens prévue dans le cadre du triplement des tarifs du stationnement des SUV est restreinte aux seuls résidents stationnés dans leur zone de stationnement. Autrement dit, les habitants et les familles du 8e verront les tarifs du stationnement de leur SUV tripler dès lors qu'ils circuleront dans la capitale et stationneront hors de leur zone de résidence. C'est d'autant plus inacceptable qu'aucune mesure d'accompagnement et de compensation n'est prévue pour le pouvoir d'achat des propriétaires de SUV. La "chasse aux SUV" de la Maire de Paris est aussi incohérente. Mme HIDALGO prétend lutter contre l'usage de la voiture individuelle. Mais, en pénalisant les voitures familiales, elle encourage le repli vers de plus petits modèles de voitures, plus "individuels" et moins "collectifs"... En revanche, selon les propres estimations de la Ville de Paris, cette hausse tarifaire pourrait générer des recettes d’environ 35 millions d’euros, un surcroît de recettes bienvenu pour les finances municipales... CQFD ? Attention ! La mobilité est au fondement même de notre vie urbaine. Or, certaines de ces mesures présentées comme "écologiques" ont des impacts très négatifs sur la mobilité. C'est la définition même de l'écologie dite "punitive", une pseudo-écologie qui crée des contraintes sans la moindre solution, qui entrave, qui divise, qui immobilise, avec des mesures discriminatoires et culpabilisantes répondant principalement à des considérations idéologiques. Au contraire, une écologie incitative et positive s'efforcerait d'accompagner et de compenser pour (ré)concilier mobilité et environnement. Mais la Maire de Paris veut manifestement réduire à néant la place de la voiture dans la capitale. Si sa motivation était sincèrement écologique, elle aurait d'ailleurs opéré un distinguo entre les SUV thermiques et les SUV hybrides ou électriques. Ainsi cette mesure empreinte d'idéologie n'est-elle pas strictement nécessaire, adaptée et proportionnée aux besoins des Parisiens. Elle va au-delà. Elle va donc inutilement trop loin ! Les Parisiens sont d'ailleurs attachés à la mobilité, y compris automobile. A la question de l'étude "Les Parisiens et les SUV. Etude en amont de la votation citoyenne", réalisée par l'institut OpinionWay en janvier 2024, au sujet de ce qu'il faudrait faire concernant la place des voitures à Paris, si 32% des sondés répondent "restreindre la circulation des véhicules dans Paris quel que soit le modèle", ils sont aussi 32% à répondre "faciliter la circulation en voiture dans Paris". Un Maire ne devrait pas diviser Quel est l'objectif politique poursuivi par la Maire de Paris avec de telles mesures et de telles méthodes ? Cherche-t-elle à relégitimer ses décisions ? Prétend-elle incarner un modèle de démocratie participative locale ? Veut-elle livrer en pâture un nouveau bouc émissaire - le conducteur de SUV - choisi pour détourner l'attention des Parisiens de sa propre incompétence, à commencer par sa mauvaise gestion budgétaire et ses lourdes responsabilités dans la dégradation du cadre et de la qualité de vie à Paris ? Envisage-t-elle de renflouer un peu les caisses de l'Hôtel de Ville vidées par ses gabegies ? Et l'organisation d'une votation préalable à la décision - alors que d'autres grandes villes, à l'instar de Lyon, décident directement en Conseil municipal la mise en place d'une tarification progressive du stationnement - lui permet-elle d'étirer le temps de sa communication très en amont de la décision ? Depuis plusieurs années, Mme HIDALGO semble en effet tout faire pour dresser les usagers de l'espace public parisien les uns contre les autres. Faute d'une volonté municipale de réguler les usages, l'anarchie prévalant dans l'espace public nourrit depuis longtemps une guerre de tous contre tous et partout, sur les chaussées comme sur les trottoirs de la capitale. L'étude réalisée par l'institut OpinionWay en janvier 2024 confirme que près des deux-tiers des sondés parisiens ne sont pas satisfaits vis-à-vis du partage de l'espace public à Paris. La Maire de Paris a renoncé à véritablement renforcer la lutte contre les actes ou comportements interdits par la loi - les plus graves comme les moins graves. Le civisme est pourtant une valeur fondamentale. Toute vie en société est impossible sans le respect des règles élémentaires de la vie en commun. Nous avons plus que jamais besoin d'un véritable sursaut civique... En sollicitant le triplement des tarifs du stationnement des SUV à Paris, Mme HIDALGO dresse ainsi une (petite) majorité des Parisiens contre les familles parisiennes et contre les banlieusards. Ni les uns ni les autres n'ont pas nécessairement eu l'embarras du choix dans l'achat de leur véhicule, alors que les SUV représentent désormais près de 50% du marché français des voitures neuves. La société spécialisée AAA Data chiffre à 129 277 le nombre des véhicules "SUV" à Paris qui peuvent être concernés par le triplement de la tarification, dont 4 288 véhicules électriques. En Île-de-France, 892 336 véhicules seraient concernés, dont 18 982 véhicules électriques. Il existe pourtant bien d'autres sujets de votation davantage prioritaires et moins clivants. Je pense à la limitation de la vitesse à 50 km/h sur le périphérique, à l'effort budgétaire consacré à la propreté de la capitale, à l'armement de la police municipale ou encore à la cohérence d'ensemble de la politique de la mobilité et du plan de circulation générale. Mais tout se passe comme si Mme HIDALGO voulait diviser pour mieux régner... Autres limites de la votation Cette "votation" n'avait que la portée d'un simple avis consultatif. La Ville de Paris, collectivité locale organisatrice, n'était pas liée - ni juridiquement, ni politiquement - par le résultat de la votation. Ainsi Mme HIDALGO aurait-elle très bien pu ne pas tenir compte d'un vote "négatif", c'est-à-dire un résultat qui n'aurait pas été dans le sens souhaité par elle. Cette limite était encore accentuée pour la question dite "d'intérêt local", puisque celle-ci devait nécessairement s'inscrire dans le cadre de la lettre et de l'esprit des politiques municipales menées par l'Hôtel de Ville. D'où la formulation de la question dans le 8e arrondissement : non pas "pour ou contre la piétonnisation" mais "pour ou contre l'accélération de la piétonnisation" ; en d'autres termes, les électeurs pouvaient indiquer s'ils souhaitaient poursuivre la politique de la Maire de Paris au même rythme ou à un rythme accéléré, mais ils ne pouvaient pas s'y opposer expressément. Sauf à considérer que simplement poursuivre au même rythme soit déjà l'expression d'une certaine réserve, voire opposition... Dans le cas d'espèce, c'est ce dont j'ai l'intime conviction. Seule l'option du "référendum local décisionnel" prévu par le Code général des collectivités territoriales (CGCT) permet aux électeurs de décider par leur vote de la mise en oeuvre ou non d'un projet concernant une affaire locale. Si la moitié des électeurs inscrits a pris part au scrutin, ce référendum vaut décision que la collectivité locale organisatrice est juridiquement tenue d'appliquer. Dans le cas contraire, le "référendum local décisionnel" n’a, lui aussi, que la portée d’un avis consultatif. J'avais déjà regretté plusieurs circonstances tendant à altérer l'utilité et la sincérité du "référendum anti-SUV". L'affiche faisant sa publicité était "racoleuse", voire trompeuse. Elle laissait en effet penser que le nombre de SUV aurait pu être réduit à la suite de la votation. Or, le libellé exact de la question posée le 4 février était différent : il concernait "les voitures individuelles lourdes, encombrantes, polluantes", non les SUV ; et la création "d'un tarif spécifique", non la réduction de leur nombre. L'annonce de la votation avait de plus été faite à l'automne 2023, à l'occasion d'une "communication de crise" de la Maire de Paris pour "détourner" l'attention publique de son "affaire Tahiti". De même, j'avais interrogé la Maire du 8e arrondissement, par un courrier dès le 8 janvier puis lors de notre Conseil d'arrondissement du 22 janvier, sur les précisions qu'appelait la question d'intérêt local posée le 4 février. Quels tronçons de la rue de Monceau et de la rue Liège seraient concernés par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation ? Quelles autres voies seraient concernées ? Des réunions publiques de concertation avec les riverains seraient-elles organisées en amont des différents projets ? Quel était l'état final recherché par la Mairie de Paris et la Mairie du 8e arrondissement, en termes de plan de circulation, pour le quartier Europe ? Des études d'impact avaient-elles été réalisées pour en assurer la cohérence d'ensemble, y compris avec l'arrondissement voisin du 9e arrondissement ? La Mairie du 8e arrondissement avait finalement répondu à une partie de mes questions sur son site web le 26 janvier. Dans la perspective d'une "accélération globale des projets de transformation de nos rues", elle indiquait qu'elle souhaitait "[s']appuyer sur les résultats de cette consultation afin d'obtenir des crédits supplémentaires" pour réaliser, "malgré les contraintes budgétaires", plusieurs projets en cours dans chaque quartier. Concernant la rue de Liège, elle soulignait avoir "besoin de connaître le sentiment des habitants pour programmer les travaux" d'aménagement de la rue, après avoir été sollicitée par des habitants pour y mettre un terme au trafic de transit. Enfin, elle souhaitait "recueillir l'avis des habitants afin de mener à bien le projet" d'une rue aux écoles rue de Monceau pour "sécuriser la portion de la rue de Monceau comprise entre la rue de Courcelles et le boulevard Haussmann". Je veillerai avec vigilance à ce que la Maire du 8e arrondissement tienne compte de l'expression des électeurs sur les projets de piétonnisation de voies dans l'arrondissement.
- Rappel | Un autre urbanisme est souhaitable et possible : vous aussi, participez à l'enquête publique sur la révision du PLU de Paris et exprimez-vous jusqu'au 29 février
J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur la révision du Plan local d'urbanisme (PLU) de la Ville de Paris et l'enquête publique afférente ouverte depuis le 8 janvier et jusqu'au 29 février 2024 . En Mairie du 8e arrondissement, la Commission d'enquête tiendra encore des permanences et un registre papier le samedi 3 février de 9h à 12h et le jeudi 22 février de 14h à 19h15. Vous pouvez aussi formuler vos observations par courriel à l'adresse participer@enquete-publique-plu-paris.fr , en ligne sur la page dédiée du site de la Ville de Paris ; ou encore par courrier à l’attention de M. Marcel LINET, Président de la commission d’enquête sur le PLU (adresse : Mairie Paris Centre, 2, rue Eugène-Spuller, 75003 Paris). Vous trouverez ici / ci-après la contribution officielle que j'ai déposée sur la page du site de la Ville de Paris dédiée à l'enquête publique sur la révision du PLU. La révision du PLU est tout particulièrement importante alors que Paris est devenu de plus en plus difficile à vivre et à travailler pour les Parisiens, notamment les familles . Le PLU est en effet le principal document - à la fois réglementaire et stratégique - de planification de l’urbanisme et d’aménagement du territoire de la commune de Paris à long terme. Il trace les perspectives de la capitale des années 2030. Celui de Paris, en vigueur depuis 2006, est en cours de révision dans un contexte marqué par la multiplication des épisodes de canicule qui ont confirmé les faiblesses de notre territoire urbain face aux impacts du dérèglement climatique. Ce futur PLU est ainsi qualifié de “bioclimatique”. Il concerne aussi les autres enjeux majeurs de la capitale : logement, activité économique, équipements, services, mobilités, environnement, nature, santé, paysage urbain, patrimoine, etc. Cela faisait longtemps que les Parisiens entendaient parler de cette révision du PLU de Paris et de ce futur PLU bioclimatique. Conformément aux dispositions du Code de l'environnement s'agissant d'opérations susceptibles d'affecter l'environnement, un arrêté municipal du 15 novembre 2023 a ouvert une enquête publique sur le futur PLU bioclimatique de Paris. Les Parisiens ont enfin voix au chapitre. Ils peuvent s'exprimer et faire valoir leurs intérêts. Pour ma part, à l’instar d’autres élus parisiens, je donne la priorité au maintien des familles et d'un tissu économique dynamique dans Paris , à la valorisation des espaces verts et de l’environnement, à la préservation de notre patrimoine architectural, historique et cultuel. Faire connaître et valoir ses positions Le projet de PLU bioclimatique a été arrêté par le Conseil de Paris du 5 juin 2023 avec l'adoption de la délibération 2023 DU 33 "PLU - révision - bilan de la concertation et arrêt du projet". Au terme de la présente enquête publique, le projet de PLU bioclimatique fera l'objet d'un vote définitif du Conseil de Paris, en décembre 2024. Puis, en cas d'adoption, il sera opposable à compter du 15 janvier 2025. Si la Ville de Paris ne sera pas juridiquement tenue par les conclusions et l'avis de la commission d'enquête publique, l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme dispose toutefois que le projet de futur PLU bioclimatique peut être, à l'issue de l'enquête, " éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête " , dès lors que les modifications ne bouleversent pas l'économie générale du projet. C'est pourquoi j'encourage tous les Parisiens - et en particulier les propriétaires du 8e arrondissement visés par une prescription d'urbanisme - à saisir les occasions qui leur sont offertes de faire connaître et de faire valoir leurs positions. Dans un premier temps, l'avis de la commission d'enquête pourra peut-être influer politiquement sur la décision finale. A défaut, et dans un second temps, l'avis pourra sûrement servir de "point d'appui" pour un éventuel recours juridique ultérieur. Le futur PLU bioclimatique affiche la poursuite de cinq principales finalités : un développement urbain équilibré, la lutte contre le changement climatique, la préservation des ressources naturelles, la préservation du patrimoine naturel et paysager, la santé environnementale des populations . Il couvre l'intégralité du territoire de la Commune de Paris, à l'exception des sites patrimoniaux du Marais, du 7e arrondissement et du jardin du Luxembourg, lesquels sont régis par des dispositions particulières. Il comprend cinq principales parties : un rapport de présentation ; le projet d'aménagement et de développement durables ; des orientations d’aménagement et de programmation ; un règlement ; des annexes. Vous trouverez ici tous les documents du dossier de l'enquête publique . Une politique d'accélération à marche forcée du logement social J'ai voté "contre" le projet de PLU bioclimatique lors du Conseil du 8e arrondissement du 22 mai 2023 , parce qu'il poursuit sur la voie sans issue de la collectivisation des logements, de la décroissance de l'activité économique, de la bétonisation et de la densification à outrance. Autant d'axes d'une politique d'urbanisme contraire à l'intérêt de Paris et des Parisiens, une politique municipale qui a déjà provoqué la fuite de plus de 125 000 habitants en à peine 10 ans. Dans le domaine du logement, le projet de PLU bioclimatique poursuit un objectif idéologique qui va bien au-delà de l'obligation prévue par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU) de 25% de logement social d'ici 2025 : il prévoit 40% de logements publics à Paris en 2035, dont 30% de logements sociaux et 10% de logements abordables. Pour cela, il s'appuie sur la possibilité d'imposer la réalisation de logements sociaux à l'occasion d'opérations immobilières, en abaissant le seuil de déclenchement, en augmentant la part minimale de logements sociaux à réaliser ou encore en multipliant le nombre des "emplacements réservés". Pour " rééquilibrer l’habitat et l’emploi sur un territoire " et y " réaliser certains types de logements ", le futur PLU bioclimatique grève de prescriptions de mixité fonctionnelle et de mixité sociale les projets immobiliers de " construction neuve, de restructuration lourde, d’extension, de surélévation ou de changement de destination " . Si ces projets concernent des surfaces dédiées à l’activité économique, ils devront comprendre dorénavant 10% de surfaces dédiées à l’habitation. Les projets concernant des surfaces dédiées à l’habitation devront comprendre de 35 à 50% de logement social, suivant que la zone est déficitaire ou hyper-déficitaire en logement social. Or, l'essentiel du 8e arrondissement se trouve en "zone hyper-déficitaire en logement social". En l'état du projet, 97 parcelles de terrain du 8e arrondissement font l'objet d'une prescription d'urbanisme et sont réservées pour réaliser certains types de logements, en l’occurrence exclusivement des logements sociaux. Je déplore le fond et la forme de ce projet de "pastillage" pour la création de logement social dans le 8e : cette prescription d'urbanisme porte directement atteinte au droit fondamental de propriété des propriétaires de ces parcelles dites "pastillées" ; pour autant, ils n'ont jamais été destinataires de la moindre communication pour les informer directement de la prescription d'urbanisme dont leur parcelle de terrain allait faire l'objet, ni de la part de la Mairie de Paris (qui décide), ni de la part de la Mairie du 8e arrondissement (qui émet un avis). Une telle prescription d'urbanisme s'imposera au propriétaire de l'immeuble en cas de changement, qu'il s'agisse d'une vente, d'une évolution de la destination, d'une réhabilitation, d'une démolition de tout ou partie de l'immeuble, mais aussi d'une simple mise aux normes . Son projet devra alors respecter la nouvelle destination prescrite pour la parcelle. Ainsi la mise aux normes d'un immeuble de bureaux devra prévoir la transformation de 10% de la surface de bureaux en logements sociaux. Dans l'hypothèse où le propriétaire d'un terrain sur lequel est inscrite une prescription de ce type le refuserait, il pourra alors exercer son "droit de délaissement", conformément à l’article L.152-2 du code de l’urbanisme, et mettre en demeure la Ville de Paris de procéder à son acquisition en rachetant le bien au prix fixé par le juge de l'expropriation, dans les conditions et délais mentionnés aux articles L.230-1 et suivants. Ainsi plusieurs dispositions du projet de PLU bioclimatique interrogent-elles les particuliers comme les professionnels : l’assiette de la nouvelle règle de la mixité fonctionnelle, la définition de la restructuration lourde pour les futurs projets, le champ d’application de la servitude de mixité sociale, la règle relative aux espaces libres en cas de travaux sur l'existant, les nouvelles dispositions relatives à la conception bioclimatique et aux performances des bâtiments, etc. Je suis favorable à une politique du logement social pour mieux loger les familles et les classes moyennes. Mais je suis défavorable à la politique de production et d'attribution des logements sociaux menée par la Mairie de Paris . Avec toujours plus de préemptions ruineuses des copropriétés. Avec toujours plus de conventionnements stériles de logements existants. Avec toujours plus de densification dégradant le cadre de vie. Mais avec toujours moins de diversité sociale. Pour la Mairie de Paris, la capitale sera toujours trop déficitaire en logements sociaux. Sa politique d'accélération à marche forcée du logement social est particulièrement critiquable. D'abord, elle raréfie les logements disponibles sur le marché locatif privé : 600 des 1 000 parcelles réservées pour du logement social par le futur PLU bioclimatique sur l'ensemble de Paris sont des logements. Ensuite, elle représente un coût exorbitant pour le contribuable parisien : le rachat des 1 000 parcelles préemptées dans Paris coûterait entre 60 et 100 milliards d'euros ; et pour cause, puisque la Ville de Paris se félicite par exemple de créer des logements sociaux avenue George V et se réjouit d'en prévoir la réalisation de nouveaux sur l'avenue des Champs-Elysées, alors même qu'elle pourrait en réaliser deux à trois fois plus dans des quartiers moins chers. Enfin, elle raréfie les surfaces de bureaux, pourtant indispensables au dynamisme économique de la capitale, a fortiori dans l'arrondissement emblématique du quartier central des affaires qu'est le 8e. Un exemple d'accélération à marche forcée du logement social concerne le quartier Europe, dans le 8e arrondissement . Plusieurs adresses sont pastillées pour la réalisation de nouveaux programmes de logements sociaux, notamment rue de Saint-Pétersbourg et rue de Berne, alors même que le secteur en compte déjà de nombreux, et tandis que la fermeture de l'école Florence est d'ores et déjà annoncée - sans savoir, d'ailleurs, quel sera l'avenir du bâtiment (un équipement public de proximité tel qu'une bibliothèque serait souhaitable) et de la cour de récréation (un espace vert serait souhaitable). Au-delà des logements, les prescriptions locales prévues par le projet de PLU bioclimatique concernent quatre autres thèmes : le patrimoine (monuments historiques et protections Ville de Paris), les espaces verts (espaces verts et arbres à protéger, espaces verts protégés, zone naturelle et zone urbaine verte), les équipements publics (équipements de logistique urbaine, autres équipements publics) et les commerces (protection du commerce et de l'artisanat, protection particulière de l'artisanat). Dans le 8e arrondissement, un manque d'ambition pour les espaces verts Parmi les autres enjeux du futur PLU bioclimatique pour le 8e arrondissement, figurent les parcelles qui font l'objet d'une prescription d'urbanisme pour des espaces verts. Le projet de couverture des voies ferrées de Saint-Lazare est désormais inscrit au futur PLU bioclimatique . Il devrait concerner la partie de l'emprise ferroviaire comprise entre la place de l'Europe et le boulevard des Batignolles. Un tel projet était envisagé et réclamé de longue date par de nombreux élus et habitants des 8e et 17e arrondissements, tant cette "autoroute ferroviaire" - en dépit de sa valeur patrimoniale historique, à laquelle chacun peut être sensible - constitue une frontière qui sépare les quartiers qu'elle traverse et génère des nuisances sonores pour les riverains immédiats. J'avais moi-même proposé dans mon projet lors de la campagne des élections municipales de 2020 de " lancer avec le 17e arrondissement une concertation sur la couverture des voies ferrées de la gare Saint-Lazare, une couverture garantie sans bureaux ". Je me suis donc félicitée que le Conseil de Paris ait adopté le 5 juin 2023 le vœu présenté par le Maire du 17e arrondissement pour qu'une concertation soit organisée entre tous les acteurs impliqués dans ce projet de couverture. Lors du Conseil du 8e arrondissement du 20 juin 2023 , j'ai défendu un vœu pour que la Mairie du 8e arrondissement soit force de propositions innovantes pour le contenu et le financement de ce projet de couverture des voies ferrées de Saint-Lazare, un projet qui doit être garanti sans bureaux. Toujours au sujet des espaces verts, je regrette en revanche que le futur PLU bioclimatique ne soit pas plus ambitieux pour la végétalisation de l'opération de construction du 25-27 rue de Constantinople . Le projet prévoit un groupe scolaire de 8 classes, près de 50 logements sociaux et une cuisine de production. Certes, le calendrier du projet a dérapé et les pouvoirs publics hésitent probablement à alourdir son cahier des charges. J'avais pourtant très tôt alerté la Maire de Paris et la Maire du 8e arrondissement sur la sous-évaluation de la pollution du site de l'ancien garage Peugeot, et donc sur le calendrier et le coût de sa dépollution. Au cours de la séance de notre Conseil d'arrondissement du 19 septembre 2023 , il m'avait été indiqué que la délivrance du permis de construire avait pris un peu de retard pour, précisément, intégrer les contraintes du futur PLU bioclimatique. J'espère que le projet initialement envisagé, très dense et minéral, pourra être davantage végétalisé, afin de répondre aux besoins et aux attentes des habitants. Les espaces de logistique urbaine doivent aussi profiter aux acteurs locaux ! Parmi les autres enjeux du futur PLU bioclimatique pour le 8e arrondissement, figurent aussi les parcelles qui font l'objet d'une prescription d'urbanisme pour des espaces de logistique urbaine. Le 8e est notamment concerné par l'espace de logistique urbaine "Bright House" projeté sur l'ancien parking du 66 avenue des Champs-Elysées - avec une porte d'entrée des véhicules au 49 rue de Ponthieu et une rampe de sortie des véhicules au 128 rue La Boétie. Lors du Conseil d'arrondissement du 6 novembre 2023 , j'ai posé une question orale à la Maire du 8e arrondissement sur l'utilité locale de l'espace de logistique urbaine "Bright House" pour les habitants et les commerçants du quartier de la rue de Ponthieu. J'avais écrit un courrier dès juillet à ce sujet à David BELLIARD, Adjoint à la maire de Paris en charge de la transformation de l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie. Cet espace, présenté comme "pilote", soulève en effet des questions légitimes. L'association des riverains de la rue de Ponthieu, "Ponthieu D'Abords", est d'ailleurs très mobilisée et vigilante sur le contenu du projet. En l'état, il servira d'abord pour l'acheminement de flux de marchandises pour approvisionner des magasins sur l'avenue des Champs-Elysées, plutôt que de profiter aux acteurs économiques du quartier et de contribuer ainsi à réduire les flux de marchandises dans le secteur. Ce serait alors la "double peine" pour les habitants et les commerçants du quartier, lesquels subiraient les inconvénients du projet en termes d'aggravation de la congestion routière, des nuisances sonores, de la pollution atmosphérique, sans bénéficier du moindre de ses avantages en termes de logistique. Ce serait alors une énième confirmation de ce que les intérêts des acteurs économiques de l'avenue des Champs-Elysées prévalent une nouvelle fois, aux dépens des intérêts des commerçants et des habitants du quartier des Champs-Elysées. Les attentes d'un intérêt local sont les mêmes - prendre en considération les intérêts des acteurs économiques du quartier - pour les autres espaces de logistique urbaine projetés dans le 8e arrondissement , dans les périmètres de la gare Saint-Lazare, de la rue de Saint-Pétersbourg (à proximité du boulevard des Batignolles), du 49-51 rue La Boétie, des rues de Berri et de Washington, du 37 avenue Pierre 1er de Serbie, de l'avenue Franklin D. Roosevelt (à proximité du rond-point des Champs-Elysées) et du 24 avenue de Wagram. La multiplication de projets d'espace de logistique urbaine dans le quartier Europe soulève des interrogations . En effet, le plan de circulation du quartier a déjà fait l'objet de nombreuses modifications ces quatre dernières années dans le cadre de la démarche municipale "Embellir votre quartier" : "vélorue" rue d'Amsterdam, piste cyclable rue de Londres, deux "rues aux écoles" rue de Florence et rue de Moscou, mise en voie unique de la rue de Saint-Pétersbourg, végétalisation des rues de Clapeyron et de Turin, divers aménagements sur la place de Dublin et à la sortie du métro Liège, fermeture du "barreau" de la rue de Madrid où se trouve l'accès au métro, déviations de plusieurs lignes de bus. Or, la réalisation de ces aménagements se traduit désormais par un véritable "gymkhana" et de nombreux embouteillages dans le quartier, tout particulièrement au niveau de la rue de Liège, depuis la place de l'Europe et jusqu'à son carrefour avec les rues d'Amsterdam et de Moscou. Sans oublier la "thrombose" permanente de la place de Clichy et des voies aux alentours. Dès lors, comment les nouveaux flux logistiques, que ne manquera pas de générer la création d'espaces de logistique urbaine, pourront-ils bien s'insérer dans le quartier ? Enfin, la création d'espaces de logistique urbaine dans le 8e arrondissement n'est accompagnée d'aucune création de parkings de stationnement souterrains . Or, les Parisiens ont aussi des besoins logistiques à satisfaire... en tant que particuliers ! La "ville du quart d'heure" contre la "ville inclusive et solidaire" ? Le futur PLU bioclimatique cherche aussi à développer la "ville du quart d’heure" , "afin que les habitants puissent trouver tout ce qui est essentiel à la vie quotidienne" autour de chez eux. Apparu il y a 30 ans, ce concept d'urbanisme est présenté comme une alternative au modèle du zonage à usage unique, qui avait prévalu depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il a connu un succès, principalement médiatique et politique, à l'occasion des confinements de la crise sanitaire de la Covid, lesquels ont amené praticiens et théoriciens à repenser les espaces et les déplacements urbains. Pour favoriser l'accessibilité piétonnière et une certaine forme de vie en "communauté géographique" dans des quartiers "d'un quart d'heure" qui seraient "complets" ou "autonomes", la Ville de Paris s'efforce de réduire - en la compliquant - la circulation automobile dans la capitale . Mais elle le fait sans pour autant (faire) améliorer les transports en commun (cela ne relève pas directement de sa compétence mais de celle du syndicat Île-de-France Mobilités, au sein duquel Paris est un département membre, important, parmi d'autres collectivités). Ce faisant, la Ville de Paris contribue à aggraver une forme d'assignation à résidence et de ségrégation spatiale, c'est-à-dire aussi économique et sociale, compte tenu des fortes disparités du marché immobilier parisien. La question se pose donc de la compatibilité du concept de la "ville du quart d'heure" et de l'objectif du futur PLU bioclimatique d'une " ville inclusive et solidaire ". Le patrimoine, formellement protégé mais réellement abandonné Si le patrimoine architectural, historique et cultuel, fait l'objet, dans la capitale, de nombreuses protections, au titre des monuments historiques ou de la Ville de Paris , ces protections sont largement formelles, plus que réelles, tout particulièrement s'agissant du patrimoine municipal. En effet, elles ne protègent ni contre les mauvais usages ni contre les défauts d'entretien. Le patrimoine architectural et paysager du parc Monceau est par exemple dégradé, depuis de nombreuses années, par l’usure du temps, par les incivilités, parfois même des actes de vandalisme, et du fait de l’insuffisance des moyens matériels et humains alloués à son gardiennage comme à son entretien . Sa qualité patrimoniale et paysagère, ainsi que ses fonctions écologique et récréative, s’en trouvent aujourd’hui malmenées. La Ville de Paris n'en prévoit pas moins un "site de festivités" dans le parc Monceau pendant toute la durée des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024. Or, les riverains et les usagers du parc Monceau n'ont obtenu aucune garantie concernant les protections renforcées qui seront dédiées au patrimoine architectural et paysager du parc pour prévenir certaines externalités négatives inhérentes aux affluences et aux usages exceptionnels. Un autre urbanisme est possible Pour conclure, je crois qu'un autre urbanisme est non seulement souhaitable, mais encore possible, pour Paris et pour les Parisiens . Cet autre urbanisme comprend notamment un moratoire sur la transformation de logements libres en logements sociaux. Il redéploie les investissements de la préemption vers la rénovation du parc social. Il inscrit la politique du logement dans une politique plus globale de l'habitat, pour retenir les Parisiens dans la capitale, en préservant une mixité fonctionnelle et sociale qui prenne en compte le cadre et la qualité de vie. Cet autre urbanisme a aussi le souci du sens et de la cohérence entre les paroles et les actes . Contrairement à l'urbanisme de la Mairie de Paris, il ne se prévaut pas de prétendus " espaces de logistique urbaine " sans prendre en considération les besoins et les attentes concrets des acteurs économiques du quartier. Il ne se prévaut pas d'un supposé " verdissement de la ville " sans être réellement ambitieux pour les espaces verts et la végétalisation. Il ne se prévaut pas d'une pseudo " politique inclusive " sans agir résolument pour faciliter la mobilité et les déplacements. Il ne se prévaut pas, enfin, d'une soi-disant " préservation du patrimoine " sans l'entretenir un minimum et se soucier des enjeux de l'esthétique du paysage parisien...
- Votation du 4 février 2024 sur les SUV et l'accélération de la piétonnisation dans le 8e arrondissement : attention à la mobilité des Parisiens et des familles...
La Mairie de Paris a décidé d'organiser une votation citoyenne le 4 février 2024 par laquelle elle prévoit de demander aux Parisiens de se prononcer sur deux questions, une question d'intérêt parisien et une question d'intérêt local. La question d'intérêt parisien concerne les SUV - acronyme de "sport utility vehicle", en français "véhicule utilitaire sport". Dans le 8e arrondissement, la question d'intérêt local concerne l’accélération de la piétonnisation et de la végétalisation des voies, notamment dans les rues de Monceau et de Liège. Si c'est la deuxième fois qu'une votation est organisée sur un sujet parisien, après les trottinettes en avril 2023, c'est la première fois que les Mairies d'arrondissement ont pu aussi soumettre une question propre à leur arrondissement. Le vote sera ouvert aux seuls Parisiens inscrits sur les listes électorales (les procurations ne sont pas autorisées). Il se déroulera exclusivement en Mairie du 8e arrondissement le dimanche 4 février de 9h à 19h. Le règlement de la votation du 4 février 2024 le rappelle dès son préambule : "en dehors des cas régis par des dispositions législatives ou réglementaires", toute commune peut "associer le public à la conception d'une réforme ou à l'élaboration d'un projet ou d'un acte". Puisqu'il s'agit d'une simple association, il ne s'agit pas, a contrario, d'une décision. Autrement dit, juridiquement, une "votation" n'est ni un "vote", ni un "référendum local décisionnel". Politiquement, la Ville de Paris peut donc ne pas tenir compte des résultats de la votation. Pour ou contre la création d'un tarif SUV à Paris ? La question d'intérêt parisien mise au vote lors de la votation du 4 février concerne les SUV. La Ville de Paris définit sur son site un SUV comme "un type de véhicule qui combine des caractéristiques d'une voiture de tourisme avec celles d'un véhicule utilitaire, souvent caractérisé par sa taille plus grande et son poids plus important : un SUV pèse 200 kg de plus qu’un véhicule standard, mesure 25 cm plus long et 10 cm plus large" (source : page dédiée du site web de la Ville de Paris). Les Parisiens sont appelés à se prononcer pour ou contre l'augmentation des prix de stationnement pour les SUV. En cas de votation positive, la tarification du stationnement pour un véhicule SUV serait ainsi triplée par rapport à celle applicable à un véhicule normal. "Pour ou contre la création d’un tarif spécifique pour le stationnement des voitures individuelles lourdes, encombrantes, polluantes ?" (libellé de la question d'intérêt parisien posée lors de la votation du 4 février) J'observe en premier lieu que l'affiche faisant la publicité de la votation est délibérément trompeuse et "racoleuse", probablement pour mobiliser les électeurs parisiens. Contrairement au libellé exact de la question posée, elle laisse en effet penser que le nombre de SUV pourrait être directement et certainement réduit à l'occasion de la votation. Or, seul les tarifs du stationnement des SUV pourraient l'être. Si l'augmentation de ces tarifs pourrait à son tour entraîner une diminution du nombre des SUV, ce lien de causalité ne serait ni direct ni certain. La mesure concernerait les visiteurs détenteurs d'un SUV dépassant le poids réglementaire, les propriétaires d'un véhicule thermique ou hybride rechargeable de plus d'1,6 tonne, ainsi que les propriétaires de tout type de véhicule de plus de 2 tonnes. D'après Mme HIDALGO, les véhicules concernés par la mesure représenteraient environ 10% du parc automobile sur Paris. Elle ne concernerait pas, en revanche, les résidents parisiens et les professionnels sédentaires stationnés dans leur zone de stationnement autorisés, les artisans, professionnels de santé et éligibles au tarif pro, les personnes à mobilité réduite et titulaires d'une carte mobilité inclusion, ainsi que les chauffeurs de taxi dans les stations dédiées. Je suis opposée à cette initiative municipale, sur le fond comme sur la forme. D'abord, l'exonération des résidents parisiens est beaucoup trop limitée puisque restreinte aux seuls résidents stationnés dans leur zone de stationnement. Les habitants du 8e qui possèdent ce type de véhicule, lequel représente plus de 28% du nombre total de véhicules particuliers dans l'arrondissement, soit plus de 20 000, verraient ainsi les tarifs du stationnement de leur SUV tripler dès lors qu'ils circuleraient dans la capitale et stationneraient hors de leur zone de résidence. C'est inacceptable. Ensuite, pour la Maire de Paris, cette votation du 4 février serait "un message adressé aux constructeurs automobiles. Leur course au profit, qui consiste à vendre délibérément des véhicules toujours plus gros, plus consommateurs et plus chers, met en péril la transition écologique. Avec cette votation, les Parisiens peuvent choisir d’apaiser leur espace public mais aussi défendre un nouveau modèle de société". Mais avec 1,75% des suffrages exprimés au 1er tour de l'élection présidentielle de 2022, plus lourde défaite de l'histoire des socialistes sous la Ve République, dont moins de 23 000 voix à Paris, soit à peine 2,17%, je ne sache pas que Mme HIDALGO ait récemment reçu le moindre mandat des Français et des Parisiens afin de proposer un nouveau "modèle de société"... Au secours ! Si elle pouvait se contenter de ne pas transformer Paris en contre-modèle de ville-capitale, ce serait déjà heureux et bien suffisant. Mme HIDALGO cherche manifestement à arborer l'étendard de l'écologie en sacrifiant les familles parisiennes sur l'autel d'une mesure électoraliste. En compliquant leur circulation automobile dans Paris et en revendiquant ad nauseam une "ville du quart d'heure", sans pour autant (faire) améliorer les transports en commun (certes, cela ne relève pas directement de sa compétence mais du syndicat Île-de-France Mobilités, au sein duquel Paris est toutefois un département membre important parmi d'autres collectivités), la Maire de Paris contribue à aggraver une forme de ségrégation... C'est un peu chacun chez soi, dans son quartier, et les moutons seront bien gardés ! Un tel comportement est décidément emblématique d'une gauche "frelatée", qui prétend d'autant plus dire ce qu'il faudrait faire qu'elle se garde bien de faire ce qu'elle dit... En cas de votation positive, je serai très vigilante afin de prévenir toute évolution de la réglementation qui pénaliserait encore un peu plus la mobilité des familles parisiennes, donc leur facilité et leur qualité de vie. Il faudra notamment que la Mairie de Paris donne des assurances pour que la mesure du triplement des tarifs de stationnement ne soit pas étendue également, à terme, aux résidents parisiens stationnés dans leur zone. Je suis enfin réservée sur la forme de l'initiative. Je déplore le calendrier de l'annonce de cette votation, dans le cadre d'une "communication de crise" de la Maire de Paris qui, pour détourner l'attention publique de "l'affaire Tahiti", a multiplié début novembre les annonces comme autant de contre-feux médiatiques et politiques : après la votation sur les SUV, le "Plan Piéton" 2023-2030, le nouveau "Plan Climat" 2024-2030, l'abaissement à 50 km/h de la vitesse sur le périphérique après les JOP de Paris 2024, etc. Dans le 8e arrondissement, pour ou contre l'accélération de la piétonnisation et de la végétalisation ? Pour la première fois, les mairies d’arrondissement ont aussi pu soumettre à la votation du 4 février 2024 une question d’intérêt local propre à leur arrondissement. Dans le 8e arrondissement, cette question concerne l’accélération de la piétonnisation et de la végétalisation des voies, notamment dans les rues de Monceau et de Liège. "Pour ou contre accélérer la piétonnisation et la végétalisation des voies du 8e arrondissement et plus particulièrement certaines portions de la rue de Monceau et de la rue de Liège ?" (libellé de la question d'intérêt local dans le 8e arrondissement posée lors de la votation du 4 février) Je me réjouis de la nouveauté de principe que représente la mise au vote de questions d'intérêt local dans le cadre des votations organisées par la Mairie de Paris. A priori, c'est une évolution plutôt positive de la démocratie locale participative, sous réserve bien sûr de l'importance et de l'urgence des sujets effectivement traités. Je crois d'ailleurs que cette nouveauté pourrait justifier la réinscription sur les listes électorales à Paris de tous les Parisiens qui préfèrent encore voter en province, là où ils ont parfois le sentiment que leur bulletin de vote est plus utile car pouvant plus facilement faire la différence... Je me réjouis aussi de la prise en considération des rues de Monceau et de Liège, deux aménagements sur lesquels j'ai déjà eu l'occasion de me mobiliser. La formulation de la question d'intérêt local posée le 4 février soulève toutefois d'autres questions. J'ai d'ailleurs écrit un courrier à la Maire du 8e arrondissement : quels tronçons de la rue de Monceau et de la rue Liège seraient concernés par une accélération de la piétonnisation de la végétalisation ? quelles voies précises seraient concernées par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation - hormis la rue de Monceau et la rue de Liège ? la Mairie du 8e arrondissement compte-elle organiser des réunions publiques de concertation avec les riverains sur ces différents projets de piétonnisation et de végétalisation ? quel est l'état final recherché par les Mairies de Paris et du 8e arrondissement en termes de plan de circulation pour le quartier Europe ? Des études d'impact ont-elles été réalisées pour en assurer la cohérence d'ensemble, y compris avec les arrondissements voisins, à commencer par le 9e arrondissement où sont réalisés de nombreux aménagements, notamment rue de Clichy ? En effet, le plan de circulation du quartier Europe a déjà fait l'objet de nombreuses modifications ces quatre dernières années dans le cadre de la démarche municipale "Embellir votre quartier" : "vélorue" rue d'Amsterdam, piste cyclable rue de Londres, deux "rues aux écoles" rue de Florence et rue de Moscou, mise en voie unique de la rue de Saint-Pétersbourg, végétalisation des rues de Clapeyron et de Turin, divers aménagements sur la place de Dublin et à la sortie du métro Liège, fermeture du "barreau" de la rue de Madrid où se trouve l'accès au métro, déviations de plusieurs lignes de bus. Or, la réalisation de ces aménagements se traduit désormais par un véritable "gymkhana" et de nombreux embouteillages dans le quartier, tout particulièrement au niveau de la rue de Liège, depuis la place de l'Europe et jusqu'à son carrefour avec les rues d'Amsterdam et de Moscou. Là aussi, nous devons être très vigilants sur les enjeux de mobilité des familles et, plus largement, de tous les Parisiens pour lesquels cette mobilité est contrainte par divers facteurs - logistiques, physiques, etc. J'alerte à nouveau ici sur l'enjeu de la mobilité des Parisiens, laquelle est au fondement même de notre vie urbaine, et sur les mesures qui peuvent constituer un danger pour celle-ci. Attention au caractère disproportionné des conséquences négatives de certaines mesures présentées comme "écologiques", en l'occurrence la lutte contre les SUV, les piétonnisations et les végétalisations : "enserrer" la mobilité avec une "foultitude" de mesures qui ne sont pas toujours strictement nécessaires, adaptées et proportionnées à l'ensemble des besoins des Parisiens, mais qui répondent plutôt parfois à des considérations purement "idéologiques", c'est prendre le risque d'un rejet de ces mesures, alors perçues par les particuliers et les professionnels comme inutilement "punitives" et "discriminatoires". A fortiori lorsque s'y ajoutent une masse d'autres restrictions de circulation et le renchérissement, voire la suppression, du stationnement payant des automobiles comme des deux-roues... Ces mesures ne sont pas réalistes. Elles sont même nocives, à terme, puisqu'elles tendent à opposer la transition écologique et la justice sociale, l'une et l'autre étant pourtant inséparables...














