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Conseil du 8e arrondissement du 22 janvier 2024 : je vous rends compte




Nous avons tenu lundi 22 janvier 2024 notre 26e Conseil du 8e arrondissement de la mandature. J'ai concentré mes principales interventions sur les dossiers prioritaires pour les habitants du 8e et pour l'arrondissement.

Je me suis d'abord opposée à ce que la Maire de Paris mobilise l'argent du contribuable parisien pour réaliser un aménagement non-prioritaire dans l'arrondissement, celui de la rue du Faubourg Saint-Honoré, à des fins purement commerciales. Ces crédits budgétaires seraient bien mieux utilisés pour améliorer l'entretien de la voirie dans le 8e arrondissement, par exemple sur l'avenue de Messine ou la place de la Madeleine.

J'ai ensuite demandé à la Maire du 8e que l'avenir de l'Espace Cardin, avec la volonté de la Maire de Paris de l'exploiter à des fins idéologiques, soit débattu en Conseil d'arrondissement et en Conseil de Paris. Pour ma part, je suis opposée à toute programmation artistique et culturelle militante et prosélyte de la part d'une institution publique.

Puis j’ai voté contre l'aménagement de la place de la Concorde. Ma position pourrait être résumée ainsi : l'aménagement de la place de la Concorde est une chose trop importante pour être confiée à Mme HIDALGO. Je suis ouverte au principe d'un aménagement à vocation historique et patrimoniale de la place, qui aille aussi dans le sens d'une réduction raisonnée et raisonnable - c'est-à-dire strictement nécessaire, adaptée et proportionnée - de l'espace occupé par la circulation. Mais je n'ai pas confiance en Mme HIDALGO.

J'ai enfin défendu deux vœux et posé une question orale. Mon premier vœu avait pour objectif que la Maire du 8e révise sa position initiale et abandonne la "fan zone" projetée dans le parc Monceau pendant les Jeux Olympiques.

Mon second vœu visait à ce que la Mairie du 8e mette en place un Comité local d'évaluation, de contrôle et de réduction des nuisances sonores dans l'arrondissement, à l'instar de l'initiative réussie dans le 17e arrondissement voisin.

Enfin, ma question orale adressée à la Maire du 8e avait pour objet d'obtenir des détails sur la question d'intérêt local propre à notre arrondissement mise au vote lors de la votation du 4 février 2024, notamment sur les voies, autres que la rue de Monceau et la rue de Liège, qui pourraient être concernées par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation.

Vous trouverez ici l'ordre du jour de la séance et ci-dessous le résumé synthétique de mes principales interventions.


L'aménagement à finalité commerciale de la rue du Faubourg Saint-Honoré n'est pas une priorité budgétaire dans l'arrondissement

L'aménagement de la rue du Faubourg Saint-Honoré est projeté pour un motif purement commercial.
L'aménagement de la rue du Faubourg Saint-Honoré est projeté pour un motif purement commercial.

La délibération 2024 DVD 9 concernait la convention d'offre de concours entre la Ville de Paris et le comité Saint-Honoré relative à l’aménagement de la rue du Faubourg Saint-Honoré entre la place Beauvau et la rue Royale.

Ce projet est cavalier, déplacé, voire choquant, sur le fond comme sur la forme. Sur le fond, la Maire de Paris voudrait que les contribuables parisiens prennent financièrement en charge une partie significative des études et de la réalisation d'un projet d'aménagement et de végétalisation de l'espace public de la rue du Faubourg Saint-Honoré qui n'est utile ni aux habitants ni aux commerçants de cette voie qui ont véritablement besoin d'être aidés.

En effet, ce projet ne répond aucunement à la demande prioritaire des habitants et des commerçants du tronçon de la rue du Faubourg Saint-Honoré qui se trouve au droit du palais de l'Elysée. Au contraire, la délibération tend à entériner le refus de toute amélioration de leur situation... Comme vous le savez, puisque j'ai déjà eu l'occasion d'intervenir à plusieurs reprises sur ce sujet, la liberté d'aller et de venir des riverains du Palais de l'Elysée est entravée. L’arrêté préfectoral n°2016-01162 du 14 septembre 2016 autorise la circulation des piétons sur le trottoir côté pair de la rue du Faubourg Saint-Honoré au droit du Palais de l’Élysée, entre la rue des Saussaies et la rue de Duras. Mais les consignes, ou plutôt les absences de consignes, données aux forces de l’ordre qui surveillent les abords du Palais de l’Élysée aboutissent à ce que la circulation des piétons - riverains et passants - soit régulièrement compliquée, voire interdite, sans que cela apparaisse strictement nécessaire, adapté et proportionné à la situation sécuritaire - par ailleurs évidemment bien compréhensible.

Concrètement, les habitants connaissent des difficultés pour se faire livrer ou pour recevoir leurs invités, les commerçants subissent des pertes de chiffre d'affaires et une perte de valeur de leur fonds de commerce, les entreprises peinent à recevoir leurs fournisseurs et leurs clients. Ces complications récurrentes s’apparentent à une atteinte grave et répétée à la liberté d’aller et de venir, ainsi qu’à la pleine jouissance du droit de propriété. Elle dégrade significativement le cadre et la qualité de vie et de travail dans le secteur.

En revanche, le motif pour lequel le Comité du Faubourg Saint-Honoré souhaite la réalisation de cet aménagement est évident. Ce n'est pas un motif de sécurité. Ce n'est pas un motif de fluidité. C'est un motif exclusivement commercial. Réduire la voie de circulation, requalifier les revêtements, végétaliser les trottoirs, autant de réaménagements qui doivent augmenter la commercialité de la voie et celle des locaux.

Dans ces conditions, je m'interroge sur l'intérêt à agir de la Ville de Paris : est-ce le rôle des contribuables parisiens que de financer l'augmentation de la commercialité "de l'une des plus somptueuses artères du luxe parisien", pour reprendre la propre description du Comité du Faubourg Saint-Honoré ? Alors que le budget dédié à l'entretien de la voirie a encore baissé de - 39% en 2022 selon le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes sur la politique de la mobilité menée par la Maire de Paris, ne serait-il pas préférable de mobiliser ces crédits budgétaires de la Ville de Paris pour financer l'entretien et la maintenance du patrimoine de voirie existant dans le 8e arrondissement, par exemple sur la partie occidentale de la rue du Faubourg Saint-Honoré, l'avenue de Messine ou encore la place de la Madeleine ? Les habitants du 182 rue du Faubourg Saint-Honoré ne sollicitent ainsi "que" quelques dizaines de milliers d'euros pour rehausser une bouche CPCU problématique en termes d'usage. En utilisant ces crédits budgétaires pour d'autres voies qui en ont véritablement besoin, la Mairie de Paris pourrait même épargner à la Ville d'avoir à verser chaque année plus de 2 millions d'euros d'indemnités aux près de 500 victimes d'accidents de voirie causés par les nids-de-poule, les poteaux mal placés et autres trottoirs bosselés...


Le budget primitif 2024 pour le 8e arrondissement s’élève à 2 560 882 €. Il se décompose en trois lignes budgétaires : la dotation d’animation locale, la dotation de gestion locale et la dotation d’investissement. Parmi les projets d'investissements sur l'espace public, mentionnons notamment 40 000 € pour le square Marcel Pagnol, 50 000 € pour la reprise de la piste cyclable du boulevard de Courcelles devant le parc Monceau, 50 000 € pour la reprise de pieds d’arbres et la remise en place de grilles, 60 000 € pour le square Louis XVI, 60 000 € pour divers aménagements de sécurité, 102 000 € pour la réfection des trottoirs du boulevard Haussmann et de la rue du Faubourg Saint Honoré, 200 000 € pour la mise en sécurité du platane remarquable et la rénovation de la piste à patins du parc Monceau, 610 000 € pour la rénovation des avenues Ruysdaël, Van Dyck, des rues Cambacérès, d’Édimbourg, Vernet, de Berne, et de Madrid, 921 000 € pour l’opération "Embellir votre quartier". Source : site de la Mairie du 8e arrondissement.

Le projet de délibération est aussi cavalier, déplacé, voire choquant, sur la forme. Nous apprenons en effet que, "par courrier du 7 décembre 2023, le comité de commerçants de la rue du Faubourg Saint-Honoré [...] a manifesté auprès de la Ville son intérêt au réaménagement de la rue, dans sa partie située entre la place Beauvau et la rue Royale". Autrement dit, lorsque les grandes marques du luxe formalisent après études une demande par courrier à la Maire de Paris, elles reçoivent immédiatement de sa part une réponse positive, quoique coûtant plusieurs millions d'euros. Le vulgum pecus des Parisiens subissant un dommage matériel ou corporel à la suite d'une chute causée par le défaut d'entretien de la voirie, devra, au contraire, s'armer de patience et de pugnacité pour éventuellement obtenir la réparation partielle du préjudice subi. C'est une énième illustration du "deux poids, deux mesures" de Mme HIDALGO.

Compte tenu de ce qui précède, j'ai émis un avis défavorable sur ce projet de délibération. Je regrette que la majorité ait voté pour, sans émettre la moindre réserve sur la bonne utilisation des crédits budgétaire dans le domaine de la voirie.


Non à l'exploitation idéologique de l'Espace Cardin


L'Espace n'a pas vocation à abriter le "catéchisme municipal" de Mme HIDALGO...
L'Espace n'a pas vocation à abriter le "catéchisme municipal" de Mme HIDALGO...

La délibération 2024 DFA 5 concernait la concession de travaux relative à la rénovation et à l'exploitation du restaurant Laurent. J'ai voté pour cette délibération. J'en ai profité pour évoquer brièvement - avant d'être interrompue - le sort réservé à l'un de ses voisins, l'Espace Cardin, également situé dans les jardins des Champs-Elysées. Lors de la cérémonie de ses vœux aux élus le 10 janvier dernier, la Maire de Paris a en effet annoncé, je la cite, qu'elle allait transformer l'Espace Cardin en une "grande université populaire" rebaptisée "Théâtre de la Concorde", un "lieu de débat et de création artistique" autour de la thématique de la démocratie, un "rempart contre l'obscurantisme" face à "la montée des populismes". Vaste programme !

La réouverture du site de l'Espace Cardin, fermé depuis la réouverture du Théâtre de la Ville place du Châtelet, s'effectuera progressivement à compter de février 2024, dans l'attente d'une inauguration à l'automne. La programmation prévoit des spectacles vivants en lien avec cette thématique de la démocratie : théâtre, stand-up, musiciens résidents, ateliers de danse ou d'éloquence, etc. S'agirait-il là d'un nouvel abri pour le "catéchisme municipal" ?

La Mairie de Paris a déjà transformé les bâtiments de trois des anciennes mairies des quatre arrondissements du centre de Paris en des lieux de débat et de création thématiques : la "jeunesse" dans le 1er arrondissement, la "solidarité" dans le 2e arrondissement et "l'environnement" dans le 4e arrondissement. Les résultats sont pour le moins mitigés, sur l'intérêt comme sur l'affluence...

Pour ma part, je suis très réservée sur toute programmation artistique et culturelle militante et prosélyte de la part d'une institution publique. Je considère en effet qu'il ne relève pas de la compétence des pouvoirs publics de promouvoir et d'entraîner à une forme d'engagement pour une cause, quelle qu'elle soit.

C'est pourquoi j'ai demandé à la Maire du 8e arrondissement de faire en sorte que notre Conseil du 8e arrondissement et le Conseil de Paris puissent préalablement délibérer sur ce dossier.


Place de la Concorde : un aménagement trop important pour être confié à la Maire de Paris

Mme HIDALGO n'a guère brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine du réaménagement des grandes places...
Mme HIDALGO n'a guère brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine du réaménagement des grandes places...

La délibération 2024 SG 4 avait pour objet le projet d’aménagement de la Maire de Paris pour la place de la Concorde. Il y a un an, début 2023, dans le cadre de la présentation du projet de transformation des Champs-Elysées, les Parisiens apprenaient qu'une "réflexion [était] en cours sur une continuité entre le Jardin des Tuileries et le Jardin des Champs-Elysées". Puis, plus rien, plus de son, plus d'image : ni concertation, ni consultation, ni même information régulière des élus et des habitants sur l'avancement de cette réflexion et les modalités de la continuité piétonne… Jusqu'à ce que Mme HIDALGO daigne annoncer dans la presse, le 14 janvier dernier, que la moitié de la surface de la place de la Concorde ne serait pas rendue aux automobilistes après les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024.


Une réflexion était évoquée début 2023. Puis plus rien pendant un an, jusqu'à l'annonce dans la presse...
Une réflexion était évoquée début 2023. Puis plus rien pendant un an, jusqu'à l'annonce dans la presse...

"La moitié de sa surface ne sera pas rendue aux automobilistes après les Jeux. Elle sera offerte à la promenade depuis les Tuileries jusqu'à ­l'Obélisque. On a déjà l'expérience du fonctionnement de la place en demi-jauge avec la Coupe du monde de rugby. Les faits sont là, la circulation est plus fluide quand la moitié de la Concorde est fermée. Je suis très soucieuse de conserver son caractère patrimonial exceptionnel et minéral, tout en adaptant la ville aux pics de chaleur qu'on va connaître, jusqu'à 50 degrés. Je veillerai aussi à respecter sa symétrie, qui fait partie de la vision des architectes de l'époque classique. Je vous le dis, la place accordée à la voiture dans ce lieu emblématique n'aura été qu'une parenthèse dans l'Histoire." (Anne HIDALGO, La Tribune Dimanche, 14 janvier 2024)

Comme l'a rappelé la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) Île-de-France dans une étude de 2018 réalisée pour la Ville de Paris sur la requalification des places parisiennes, le projet d'une transformation de la place de la Concorde n'est pas nouveau. Il y a 25 ans, en 1999, l'ancien Maire de Paris (1995-2001) Jean TIBERI avait ainsi choisi une option de transformation qui revenait à "rendre 80% de l'espace de la place aux piétons". Dans son étude réalisée en 2018, la FNAUT Île-de-France proposait de piétonniser l'intégralité de la place de la Concorde, à l'exception de l'axe de circulation occidental, qui aurait pu comprendre deux voies pour les bus et deux à trois voies pour la circulation générale. Soit dit en passant, j'observe que Mme HIDALGO, pourtant Première adjointe de M. DELANOË de 2001 à 2014, Maire de Paris depuis 2014, n'aura donc donné aucune suite au choix de M. TIBERI pendant près d'un quart de siècle...


Le projet de l'ancien Maire de Paris Jean TIBERI en 1999.
Le projet de l'ancien Maire de Paris Jean TIBERI en 1999.


La zone concernée par le projet de réaménagement de la Maire de Paris et les propositions de la FNAUT IDF.
La zone concernée par le projet de réaménagement de la Maire de Paris et les propositions de la FNAUT IDF.

La place de la Concorde est l'une des cinq places royales parisiennes, la plus vaste et l'une des plus emblématiques de la capitale. Elle est intégralement classée Monument historique depuis 1937 et située dans le périmètre des rives de la Seine inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO. La circulation motorisée générale y est importante : elle occupe la moitié de l'espace. Elle fait de la place, c'est vrai, un carrefour relativement inhospitalier, voire hostile, pour la plupart des autres usagers. Elle contribue à dégrader les éléments architecturaux et patrimoniaux classés qui s'y trouvent. Elle gêne les cheminements des piétons. Elle gâche le point de vue des flâneurs. Résultat : la place de la Concorde est aujourd'hui un espace "frontalier" qui tend à séparer, plutôt qu'à relier, les jardins des Tuileries et les jardins des Champs-Elysées.

Ma position pourrait être résumée par la formule suivante : l'aménagement de la place de la Concorde est un aménagement trop important pour être confié à Mme HIDALGO. Certes, je suis ouverte au principe d'un aménagement à vocation historique et patrimoniale de la place, qui aille aussi dans le sens d'une réduction raisonnée et raisonnable - c'est-à-dire strictement nécessaire, adaptée et proportionnée - de l'espace occupé par la circulation motorisée générale. Mais je n'ai absolument pas confiance en Mme HIDALGO et je voudrais donc que nous soyons très vigilants sur les modalités de tout aménagement.

En effet, jusqu'à présent, Mme HIDALGO n'a guère brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine du réaménagement et de la requalification des grandes places emblématiques de la capitale... Au contraire ! Son historique est une suite de fiascos, dysfonctionnels en termes d'usages et inesthétiques en termes patrimoniaux. La place de la Madeleine a perdu en attractivité et connaît une vacance commerciale navrante. Les fontaines Bouroullec du Rond-Point des Champs-Elysées choquent. La place de la République est devenue un lieu d'attroupements des professionnels de la manifestation et du désordre. Quant à la prise de conscience par la Maire de Paris des enjeux de l'esthétique du paysage parisien, avec la parution en 2022 d'un "manifeste pour la beauté de la capitale", elle est bien trop tardive pour être crédible et rassurante...

C'est pourquoi des garde-fous doivent impérativement être prévus, de sorte que tout éventuel aménagement de la place de la Concorde soit strictement concerté, étayé, soigné et encadré.

Tout aménagement, c'est la base, devra être précédé d'un entretien ou d'une restauration préalable des trop nombreux éléments patrimoniaux classés de la place de la Concorde qui restent dans un état de dégradation préoccupant, en dépit de plusieurs rénovations récemment effectuées, sous la "pression" du pétitionnaire Baptiste GIANESELLI, et avec la contribution de mes vœux dédiés. Je rappelle que la responsabilité de la conservation de la place incombe à la Ville de Paris, à l’exception des deux hôtels de Jacques-Ange GABRIEL et de l’obélisque.

Tout aménagement devra être concerté, avec l'ensemble des parties prenantes, à commencer par les élus locaux, les membres des Conseils de quartier mitoyens (Elysée-Madeleine et Triangle d'Or) et, bien sûr, la Commission du Vieux Paris et le Préfet de police de Paris. Ces parties prenantes doivent pouvoir exercer un droit de regard vigilant et être pleinement concertées, et non pas simplement consultées, sur la qualité du contenu du projet.

Tout aménagement devra ensuite être étayé, avec une solide étude d'impact préalable des reports de circulation et des rallongements des temps de parcours, laquelle anticipera aussi les évolutions des flux de la circulation générale induites par la mise en place de la Zone à trafic limité (ZTL) dans le centre de Paris.

Tout aménagement devra également être "soigné", avec la conservation de l'ensemble des perspectives actuelles : sur les deux jardins des Tuileries et des Champs-Elysées, sur l'Hôtel de la Marine, sur les pavillons Gabriel, sur l'Arc de Triomphe, sur l'Assemblée nationale. Le pavement et les travaux de voirie devront être d'une excellente qualité, à la hauteur de la patrimonialité du site.

Tout aménagement devra être strictement encadré, avec des garanties fermes et précises quant à l'absence d'occupations événementielles des espaces devenus piétons. Il est hors de question que ces nouveaux espaces piétons fassent l'objet d'une occupation événementielle, qu'elle soit commerciale ou non ! Je m'oppose ainsi d'emblée à l'objectif "d'offrir une nouvelle expérience et de nouveaux usages", ainsi qu'au projet d'"une alternance de grands événements, de manifestations culturelles et sportives" mentionnés dans la délibération.

Tout aménagement devra enfin être porteur d'améliorations très significatives des traversées piétonnes de la place de la Concorde.

Pour conclure, les contours du projet d'aménagement sont encore très flous concernant à la fois le contenu patrimonial et le cadrage budgétaire (36 millions d'euros TTC). Pour ma part, je serais favorable au contre-projet proposé par le directeur de la publication "La Tribune de l'Art", Didier RYKNER, qui préconise plutôt de réduire de moitié les voies actuelles de part et d'autre du terre-plein central, afin de réduire l'espace occupé par la circulation sans pour autant renoncer à une circulation giratoire, laquelle conserve tout son sens en termes de mobilité urbaine.

Compte tenu de ce qui précède, je me suis opposée - à titre conservatoire - sur ce projet de délibération, car il m'apparaît à ce stade irresponsable de donner carte blanche à la Maire de Paris. La Maire du 8e et les élus de sa majorité, aux côtés de la Conseillère socialiste de l'arrondissement, ont voté en faveur du projet d'aménagement de Mme HIDALGO...


"Fan-zone" dans le parc Monceau : enfin des informations rassurantes

Le parc risque d'être une simple "fan zone", avec les externalités négatives inévitables de ce type de site événementiel.
Le parc risque d'être une simple "fan zone", avec les externalités négatives inévitables de ce type de site événementiel.

Mon premier vœu avait pour objectif que la Maire du 8e arrondissement révise sa position initiale et abandonne la "fan zone" projetée dans le parc Monceau pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024.

La Ville de Paris a présenté le 24 juillet 2023 les "sites de festivités" gratuits et ouverts au public qui seront aménagés dans la plupart des arrondissements de la capitale pendant les JOP, pour proposer la retransmission des épreuves, des animations sportives et culturelles, ainsi que des espaces de restauration. Dans le 8e arrondissement, sur la proposition de la Maire, le choix a été fait de retenir le parc Monceau.

Or, les habitants du 8e arrondissement prennent déjà largement leur part à l'organisation des JOP de Paris 2024, en accueillant dans la partie Sud du territoire de nombreuses épreuves sportives sur les trois sites de la place de la Concorde, du Grand Palais et du pont Alexandre III. De plus, la probabilité est élevée que ce "site de festivités" projeté dans le parc Monceau soit une simple "fan zone", avec les externalités négatives inévitables de ce type de site événementiel pour les riverains, notamment en termes de troubles à l'ordre public.

Les riverains du parc Monceau n'avaient toujours pas obtenu de garanties concernant les mesures qui seront prises pour maintenir l'ordre public, dans toutes ses composantes (sécurité, tranquillité, salubrité), à l'intérieur et dans les environs immédiats du parc Monceau, pendant toute la durée de son occupation. Ces riverains n'avaient toujours pas obtenu, non plus, de garanties concernant les protections renforcées qui seront dédiées au patrimoine architectural et paysager du parc, pour prévenir certaines externalités négatives inhérentes aux affluences et aux usages exceptionnels. Ces riverains n'avaient toujours pas obtenu, enfin, de garanties concernant les modalités suivant lesquelles ils pourront continuer de bénéficier du parc pour leurs activités quotidiennes ludiques et sportives pendant toute la durée de son occupation. En conséquence, les riverains du parc Monceau sont très réservés, voire opposés, au projet de "site de festivités" projeté dans le parc Monceau.

Pour ma part, je crois qu'une clarification progressive et objective d'une situation justifie une évolution de positionnement sur cette situation. C'est pourquoi j'ai proposé que la Mairie du 8e arrondissement révise sa position initiale et abandonne le "site de festivités" projeté dans le parc Monceau pendant les Jeux Olympiques.

Dans la réponse qui m'a été faite, nous avons enfin obtenu des informations. La superficie du parc Monceau allouée à la "fan-zone" sera très limitée, aux alentours de 500 m². Les animations seront principalement sportives et familiales. Le site sera protégé en permanence, avec deux agents de sécurité et un maître-chien dédiés. Et la consommation d'alcool sera interdite. Ces informations rassurantes vont dans le bon sens. J'ai toutefois maintenu mon vœu, pour prendre date et rester vigilante, tout en considérant que le parc Monceau n'était pas le site adapté.


Pour un Comité sur les nuisances sonores dans le 8e arrondissement

La réduction des nuisances sonores est un enjeu décisif de santé publique et de qualité de vie.
La réduction des nuisances sonores est un enjeu décisif de santé publique et de qualité de vie.

Mon second vœu visait à ce que la Mairie du 8e arrondissement mette en place un Comité local d'évaluation, de contrôle et de réduction des nuisances sonores dans le 8e arrondissement.

La réduction des nuisances sonores est un enjeu décisif de santé publique et de qualité de vie en zone urbaine, tout particulièrement à Paris, l’une des capitales les plus denses au monde. Le bruit routier reste la principale source de nuisances sonores à Paris et il fait perdre aux Parisiens plus de 8 mois d’espérance de vie en bonne santé, selon la propre communication de la Ville de Paris. Le bruit de voisinage, notamment celui des terrasses bruyantes et des établissements de nuit, est l'autre source de nuisances sonores dans la capitale.


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) juge que des effets extra-auditifs du bruit se manifestent pour des niveaux d’exposition supérieurs à 40 dB(A) la nuit et à 50-55 dB(A) en journée : troubles du sommeil, gêne, risques cardiovasculaires accrus, difficultés de concentration et retards dans les apprentissages. L’OMS juge qu’un risque pour l’audition se manifeste pour des niveaux d’exposition supérieurs à 80 dB(A). Or, Bruitparif cartographie la quasi-totalité du territoire du 8e arrondissement à des niveaux d’exposition supérieurs à 40 dB(A) la nuit et à 50-55 dB(A) en journée, et certains axes à des niveaux d’exposition supérieurs à 80 dB(A).

Parmi les mesures déjà prises, un "Plan parisien d’amélioration de l’environnement sonore" a été adopté par le Conseil de Paris au cours de la séance du 12 octobre 2021. Différents dispositifs contre le bruit routier ont été mis en place pour améliorer l’environnement sonore à Paris, notamment l’abaissement général à 30 km/h de la vitesse de circulation des véhicules, sauf sur certains grands axes du 8e arrondissement à l’instar de l’avenue des Champs-Elysées et du boulevard Malesherbes. Différents dispositifs contre le bruit routier ont été expérimentés pour améliorer l’environnement sonore à Paris, notamment les revêtements acoustiques - à l’instar de celui expérimenté rue de Courcelles dans le 8e arrondissement - et les radars sonores - à l’instar de ceux expérimentés dans les 17e et 20e arrondissements. Dans le 8e arrondissement, la police municipale est par ailleurs équipée d'un sonomètre pour mesurer le niveau de pression acoustique. Enfin, des cahiers d’informations sur le bruit ont été diffusés aux mairies d’arrondissement.

J'ai donc proposé que la Mairie du 8e arrondissement mette en place un Comité local d'évaluation, de contrôle et de réduction des nuisances sonores dans le 8e arrondissement, à l'instar de l'expérience réussie dans le 17e arrondissement voisin. Ce Comité serait chargé de suivre la mise en œuvre du "Plan parisien d'amélioration de l'environnement sonore" dans le 8e arrondissement, de prioriser dans l’arrondissement les espaces stratégiques en termes de nuisances sonores routières, et de formuler des propositions - en concertation avec les membres des conseils de quartier concernés - pour contribuer à améliorer l’environnement sonore dans l’arrondissement. Ce Comité serait notamment destinataire d'un premier bilan, puis de bilans périodiques, sur l'utilisation du sonomètre par la police municipale dans le 8e arrondissement.

La Maire du 8e arrondissement et les élus de sa majorité ont rejeté ce vœu, au motif que le maximum serait déjà fait pour réduire les nuisances sonores dans l'arrondissement et qu'un énième "comité Théodule" serait inutile dans le 8e... Dont acte !


Votation du 4 février : une question d'intérêt local bienvenue mais qui interroge

La formulation de la question d'intérêt local posée lors de la votation appelle des précisions.
La formulation de la question d'intérêt local posée lors de la votation appelle des précisions.

Enfin, ma question orale adressée à la Maire du 8e arrondissement avait pour objet d'obtenir des détails sur la question d'intérêt local propre au 8e arrondissement mise au vote lors de la votation du 4 février 2024. Sur la proposition de la Maire du 8e arrondissement, la votation va en effet mettre au vote des électeurs du 8e une question d'intérêt local propre à l'arrondissement, formulée ainsi :


"Pour ou contre accélérer la piétonisation et la végétalisation des voies du 8e arrondissement et plus particulièrement certaines portions de la rue de Monceau et de la rue de Liège ?"

Si je me réjouis de la nouveauté démocratique qu'est la mise au vote de questions d'intérêt local dans le cadre des votations organisées par la Mairie de Paris, ainsi que de la prise en considération dans le cas d'espèce des rues de Liège et de Monceau, la formulation de la question posée le 4 février 2024 soulève d'autres questions et appelle des précisions :

  1. quelle a été la marge de manœuvre de la Maire du 8e arrondissement dans la formulation de la question, puisque l'article 2 du Règlement de la votation dispose que "cette question ne doit pas entrer en contradiction avec une politique publique menée par la Ville de Paris" ?

  2. quels tronçons de la rue de Monceau et de la rue Liège seraient concernés par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation ?

  3. quelles autres voies seraient concernées par une accélération de la piétonnisation et de la végétalisation ?

  4. des réunions publiques de concertation avec les riverains seront-elles organisées en amont des différents projets de piétonnisation et de végétalisation ?

  5. quel est l'état final recherché par la Mairie de Paris et la Mairie du 8e arrondissement, en termes de plan de circulation, pour le quartier Europe, et des études d'impact ont-elles été réalisées pour en assurer la cohérence d'ensemble, y compris avec les arrondissements voisins, à commencer par le 9e arrondissement ?

En effet, le plan de circulation du quartier Europe a déjà fait l'objet de nombreuses modifications ces quatre dernières années dans le cadre de la démarche municipale "Embellir votre quartier" : "vélorue" rue d'Amsterdam, piste cyclable rue de Londres, deux "rues aux écoles" rue de Florence et rue de Moscou, mise en voie unique de la rue de Saint-Pétersbourg, végétalisation des rues de Clapeyron et de Turin, divers aménagements sur la place de Dublin et à la sortie du métro Liège, fermeture du "barreau" de la rue de Madrid où se trouve l'accès au métro, déviations de plusieurs lignes de bus.

Or, la réalisation de ces aménagements se traduit désormais par un véritable "gymkhana" et de nombreux embouteillages dans le quartier, tout particulièrement au niveau de la rue de Liège, depuis la place de l'Europe et jusqu'à son carrefour avec les rues d'Amsterdam et de Moscou.

J'ai donc demandé à la Maire du 8e arrondissement de détailler la question d'intérêt local propre au 8e arrondissement mise au vote lors de la votation du 4 février 2024 et d'apporter des réponses à ces autres questions qu'elle soulève. Dans sa réponse, la Maire indiqua notamment qu'un projet de "rue aux écoles" est en cours d'élaboration sur le tronçon de la rue de Monceau entre la rue de Courcelles et le boulevard Haussmann, à la demande des parents d'élèves pour sécuriser le cheminement de leurs enfants.

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