top of page

Point de vue | Dix ans d'HIDALGO, un triste anniversaire pour les Parisiens

Dans ce "point de vue", je dresse un bilan critique de l'action municipale et forme le vœu que les Parisiens puissent bientôt reconquérir un cadre et une qualité de vie synonymes d'opportunités et non de contraintes.


Vivre et travailler à Paris est-il encore une chance et une promesse ? Depuis avril 2014, HIDALGO a largement desservi les intérêts de Paris et des Parisiens. Certes, il n'y a pas eu que des fiascos. Le vélo a fait son retour, bien que le "tout-vélo" ne soit pas l'alpha et l'oméga des mobilités et que la gestion du changement de prestataire Vélib' en 2018 fut calamiteuse… Le Budget participatif a permis de flécher des crédits budgétaires plus près du terrain, quoiqu'il ne soit souvent qu'une cautère sur la jambe de bois de la politique de proximité… Mais se déplacer, se loger, élever des enfants, développer une activité, sont plus difficiles. Des atteintes ont été portées aux libertés et droits fondamentaux d'aller et venir, de sûreté, du travail, de mener une vie familiale normale. Plus de 120 000 habitants, l'équivalent de la ville de Metz, principalement des familles de la classe moyenne, ont fui.


Guerre de tous contre tous

Le cadre et la qualité de vie ont été saccagés. L'espace public a été abandonné. Paris est sale. Certains quartiers sont en voie de "bidonvillisation". Des touristes sont même frappés d'un "syndrome de Paris" quand la réalisation du décalage entre l'image et la réalité de la capitale provoque chez eux un choc psychologique. Les grands aménagements, aussi coûteux qu’inutiles, ont siphonné le financement dédié à l'entretien de la voirie. Des places emblématiques ont été défigurées : République, Madeleine, Bastille. Peut-être bientôt la Concorde, si nous n'y prenons garde. Les panneaux de signalisation ne sont plus à jour.

Le moindre déplacement est désormais un véritable gymkhana. HIDALGO a créé des embouteillages la nuit, enclavé certains quartiers, rallongé les temps de parcours. Elle a promu une politique des mobilités individuelles provoquant l'anarchie et la guerre de tous contre tous. L'encombrement des trottoirs a compliqué la marche des piétons. La multiplication des nids-de-poule a suscité l'interrogation sur une volonté cynique de négliger la chaussée pour y réduire la circulation. La restructuration des lignes de bus a dégradé la desserte et le service. D'autant que la Maire a développé une mentalité obsidionale peu propice à la coopération avec l'État et la Région sur les dossiers d'intérêt commun - périphérique, transports en commun, voies sur berges.

L'insécurité a explosé. Les pouvoirs publics semblent s'être résignés à une délinquance de voie publique permanente. Faute d'autorité, des comportements inacceptables pourrissent la vie quotidienne. "Des pickpockets peuvent être présents en station ou à bord des trains. Fermez bien vos sacs et soyez vigilants en utilisant votre smartphone" : cette annonce sonore de la RATP illustre le fatalisme ambiant jusque dans les sous-sols de la capitale. Les tergiversations municipales ont fait perdre un temps précieux. Ce n'est qu'après s'y être opposée que la Maire s'est résolue à créer une police municipale et à installer des caméras de vidéoprotection. Enfin, campements sauvages et délinquance de survie ont essaimé depuis qu'Hidalgo a ouvert la ville à tous les vents migratoires.


Paris, pour qui ?

Habiter Paris nécessite dorénavant d'être aisé ou aidé. La politique du logement a contribué à l'éviction des classes moyennes et des familles. Des logements intermédiaires ont été reconventionnés en logements sociaux. Le nombre de Parisiens inscrits sur la liste des demandeurs d'un logement social n'a cessé de croître. Les difficultés d'accès au logement ont été aggravées par une politique touristique court-termiste. Pendant que les loyers ont été encadrés, Airbnb a pu se développer sans régulation et faire de la capitale son premier marché mondial, asséchant l'offre et renchérissant les prix.

Plus globalement, trop de projets d’aménagement et d’urbanisme ont été conçus d'abord pour les touristes. Réaménager l'artère du luxe des Champs-Elysées aux frais du contribuable parisien était-il prioritaire ? Non. Dernier exemple : HIDALGO a invoqué les JO pour étendre jusqu'à minuit les horaires d'ouverture des terrasses estivales, contre la volonté des associations de riverains. La situation des commerçants n'est pas meilleure. Loyers exorbitants, foncier inabordable, taxe foncière en hausse : le nombre de locaux vacants augmente.

Non seulement la plupart des politiques municipales sont des fiascos, mais leur financement est une gabegie. Afin de renflouer les caisses de la Ville, alors que la dette a plus que doublé et que les dépenses continuent d'augmenter, la Maire a progressivement renié une à une les promesses de la candidate, augmentant les droits de mutation, les tarifs des services municipaux, ceux du stationnement ou encore la taxe foncière.

Dix ans après son entrée en fonction, HIDALGO n'inspire plus confiance. Elle n'est plus à l'écoute des préoccupations des Parisiens et n'est plus présente sur le terrain. Elle défend d'autant moins bien leurs intérêts qu'elle n'a plus de vision et de projet pour Paris. En 2022, la candidate à l'élection présidentielle n'a recueilli au 1er tour que 23 000 voix à Paris, soit 2,17% des suffrages exprimés. En 2026, après un quart de siècle de socialisme municipal, les Parisiens souhaiteront une alternance politique. La droite et le centre auront la responsabilité de la rendre possible. Avec une ambition forte : redonner aux Parisiens un cadre et une qualité de vie synonymes de libertés et d'opportunités, non de contraintes.

1 commentaire


francoise
08 avr.

Bonjour Madame Lecuyer

Je vous remercie pour votre analyse pertinente et malheureusement réaliste .

Ayant toujours résidée à Paris, je peux me permettre de juger des dégradations que subissent ses habitants au quotidien.

Sans changement de gestion, il n’y aura plus à Paris que des touristes et… des émigrés pour les servir.

Bien cordialement

FGour

J'aime
bottom of page