Conseil du 8e arrondissement du 26 janvier 2026 : je vous rends compte
- Catherine Lécuyer

- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 20 heures

Nous avons tenu lundi 26 janvier 2026 notre 39e et dernier Conseil du 8e arrondissement de la mandature. Vous trouverez ici l'ordre du jour de la séance et ci-dessous un compte rendu synthétique de mes principales interventions. J'ai posé une question orale à la Maire du 8e arrondissement, défendu deux vœux à l'attention de la Ville de Paris, et concentré mes principales interventions sur les dossiers que je considère être prioritaires pour les habitants du 8e et pour l'arrondissement.
Sommaire
Notre démocratie a besoin de contradiction exigeante
Lors de cette ultime séance du Conseil du 8e arrondissement de la mandature, j'ai tenu à remercier mes collègues élus et à leur rappeler ce qui avait guidé chacune de mes interventions durant ces six années de mandat : l'intérêt supérieur des habitants du 8e. Voici le texte de mon projet d'intervention :
Madame la Maire, mes chers Collègues,
Nous y sommes. 39e et dernier Conseil de cette mandature.
Si j'ai tenu mon rôle d'opposante avec la vigueur et la vigilance que vous me connaissez, je n'ai jamais perdu de vue notre seule boussole commune : l'intérêt des habitants du 8e arrondissement.
La démocratie locale ne vit pas du consensus mou, elle se nourrit de la contradiction exigeante. Nos désaccords ont été francs, mais ils ont été nécessaires. Car c’est du choc des idées que jaillit, sinon la lumière, du moins la vitalité de notre arrondissement.
Je tenais donc à vous remercier pour ces échanges. Au-delà des étiquettes et des clivages, nous avons eu l'honneur de servir la République à l'échelle de notre arrondissement et de nos quartiers.
Je vous remercie.
École maternelle Monceau : la sécurité des enfants n'est pas une option

Mon premier vœu avait pour objectif de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme pour améliorer la situation sécuritaire inacceptable qui perdure devant l’école maternelle du 15 rue de Monceau. La sécurité aux abords de nos écoles devait être la priorité absolue de la Ville de Paris.
Mais en supprimant les barrières de protection qui existaient auparavant, la Mairie de Paris a exposé nos enfants au danger. Aujourd’hui, la configuration de la voirie et l'absence de protections physiques exposent directement les élèves et leurs familles aux véhicules motorisés et aux deux-roues qui circulent souvent à vive allure.
Face aux alertes répétées des parents d’élèves et des riverains. l’attente de solutions pérennes ou d'études préalables ne saurait justifier le maintien d’une situation qui met chaque jour en péril la sécurité des tout-petits.
C’est pourquoi j’ai défendu un vœu proposant des actions concrètes et immédiates. Mes demandes à la Ville de Paris étaient les suivantes :
Sécuriser tout de suite : j'ai demandé l'installation sans délai d'une protection physique continue et efficace - comme des barrières - à hauteur de l'entrée et de la sortie de l'école.
Renforcer la présence humaine et la signalisation : il est urgent de rétablir un "point école" et de renforcer les contrôles en attendant des aménagements définitifs.
Revoir la copie : la Ville doit conduire une évaluation rapide de cet aménagement de voirie pour garantir durablement la sécurité de tous.
La majorité d'arrondissement m'a répondu que des barrières dites "croix de Saint André" devaient être prochainement reposées au droit de l'école et que l'installation d'une caméra de vidéoprotection avait été demandée place Gérard Oury, en amont du tronçon concerné, en complément de celle existant déjà, en aval, place Maurice Couve de Murville. Une concertation devrait par ailleurs être organisée pour l'étape suivante de l'aménagement, à savoir la fermeture des barrières avec un cadenas.
Avec ce vœu, j'entendais mettre la Mairie de Paris face à ses responsabilités car la sécurité de nos enfants ne se négocie pas. Je resterai vigilante pour que ces mesures de bon sens soient appliquées au plus vite.
Post-scriptum : dès mardi matin 27 janvier, j'ai été une nouvelle fois interpellée par les parents d'élèves au sujet des dysfonctionnements de la "rue aux écoles" Monceau suite à un nouvel incident grave, cette fois entre un parent d'élève et un automobiliste. J'ai donc immédiatement écrit un nouveau courrier à la Maire du 8e arrondissement.

RER E / EOLE : les nuisances aux riverains du 8e doivent cesser !

Mon second vœu avait pour objet que la Ville de Paris fasse réduire les nuisances vibratoires et le bruit solidien générés par le prolongement du RER E (EOLE) dans le 8e arrondissement.
Je suis intervenue pour porter la voix de certains habitants dont le quotidien est impacté depuis la mise en service du prolongement du RER E. L'arrivée d'Eole est une prouesse technique et un progrès pour la mobilité. Mais pour les riverains du 8e, c’est aussi aujourd'hui une source de nuisances. Depuis l’ouverture de la ligne, les signalements se multiplient. Rue de la Pépinière, boulevard Haussmann, place Saint-Augustin, rue Roy, rue de Laborde... Partout le même constat. Ce ne sont pas de simples bruits de fond, mais des nuisances vibratoires intenses et des "bruits solidiens" (grondements sourds) qui remontent jusqu'aux étages élevés à chaque passage de rame.
Ces nuisances portent atteinte à la santé, au sommeil et à la tranquillité des habitants, sans parler de l'impact sur nos commerces et nos hôtels. De plus, nous parlons d'un bâti ancien, haussmannien, dont les structures n'ont jamais été conçues pour encaisser de telles secousses. Devons-nous attendre que des fissures apparaissent pour réagir ?
Pourtant, les technologies ferroviaires modernes (dalles flottantes, tapis anti-vibratiles) permettent aujourd'hui d'éviter cela. Si le bruit passe, c'est qu'il y a eu des économies de bouts de chandelle ou des ratés dans la conception.
La Ville de Paris, qui affiche de grandes ambitions avec son "Plan d'amélioration de l'environnement sonore" (PAES), doit maintenant passer des discours aux actes. Elle doit être le relais des inquiétudes des riverains auprès de la SNCF et d'Île-de-France Mobilités.
Par le vœu que j'ai défendu hier, j'ai demandé à la Maire de Paris des actions concrètes et immédiates :
L'urgence politique : saisir immédiatement la Présidente d’Île-de-France Mobilités et les directions de la SNCF pour leur exposer la gravité de la situation.
La transparence technique : lancer une expertise acoustique indépendante, mandatée par une tierce partie, avec des mesures in situ dans les appartements touchés. Nous voulons objectif la situation sur les décibels et les vibrations.
Des mesures immédiates : sans attendre les rapports, il faut réduire la vitesse des trains dans les zones critiques et procéder au meulage des rails pour limiter les frottements.
Des travaux lourds si nécessaire : si des défauts d'isolement sont prouvés, il faut exiger un calendrier précis de travaux correctifs (pose de résilients, traitement des voies).
Un suivi rigoureux : la mise en place d'un Comité de suivi réunissant élus, opérateurs et les représentants des riverains pour garantir que les promesses seront tenues.
Parce que la nécessaire modernisation des transports en commun doit se faire en tenant compte de la santé et de la tranquillité des habitants du 8e arrondissement, je suivrai ce dossier avec beaucoup d'attention.
Après l'avenue Ruysdaël, mettre en sécurité les installations électriques de voirie

Ma question orale adressée à la Maire du 8e arrondissement portait sur les accidents par électrocution qui se sont produits avenue Ruysdaël le 6 janvier et la mise en sécurité des installations électriques de voirie.
Sur cet axe fréquenté menant au parc Monceau, un dysfonctionnement des installations souterraines d'éclairage public a transformé une simple plaque métallique de trottoir en piège mortel. Bilan : de violentes décharges électriques ont frappé plusieurs animaux, tuant l'un d'eux et blessant sérieusement une propriétaire qui tentait de le secourir.
Cet événement a provoqué un émoi légitime, notamment au sein du "Monceau Dog Club" et parmi les riverains. Ce drame met en lumière l'état de délabrement de certaines de nos infrastructures et les probables défaillances de maintenance de la part de la société Cielis - quoique l'équipement en cause ait pourtant fait l'objet de deux inspections par an, la dernière en septembre 2025, nous a indiqué la Maire du 8e.
Si les services techniques indiquent que le danger immédiat est écarté, le prestataire ayant déjà retiré une centaines de boîtiers sous trottoir et s'étant engagé à tous les retirer, j'ai demandé à la Mairie des actions claires :
Tolérance zéro sur la maintenance, avec des mesures concrètes imposées à Cielis et Enedis pour garantir qu'aucune autre installation de voirie ne présente un danger de mort par électrocution.
Un audit général immédiat et complet de toutes les installations au sol de l'arrondissement.
Nous ne devons pas attendre un nouveau drame pour agir. En tant qu'élue, je ne lâcherai rien tant que la sécurité des habitants du 8e ne sera pas totalement garantie.
Place de la Concorde : oui à la réhabilitation, mais sous haute surveillance !

Je me suis enfin exprimée sur un dossier majeur pour notre patrimoine : l’avenir de la place de la Concorde. La délibération 2026 DVD 30 portait sur le transfert de gestion des fossés de Charles X de l’État vers la Ville de Paris. Cet outil juridique est indispensable pour lancer l'aménagement du site. Pour autant, ma position est claire : oui au réaménagement, mais pas à n'importe quel prix. Il doit s'agir d'une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale avant tout.
L'équipe lauréate, Philippe PROST et Bruel DELMAR, propose un projet qui respecte l'essentiel de mes exigences. Je me réjouis de voir que trois de mes quatre critères fondamentaux ont été entendus :
Le respect absolu de l'histoire et du patrimoine de la place.
Une végétalisation de qualité et basse, pour ne pas dénaturer les perspectives.
L’interdiction des occupations événementielles commerciales : la Concorde doit rester un lieu d’intérêt national et ne pas devenir une foire commerciale.
Si la direction est bonne, la mise en œuvre sera décisive. La vigilance est de mise. Il va y avoir du travail. Je serai très attentive aux points suivants :
La qualité du mobilier urbain et des végétaux choisis.
L'entretien rigoureux des pelouses et des surfaces minérales : nous ne tolérerons aucune dégradation.
Le respect du "zéro commercial" : aucune dérive ne devra être acceptée sur ce point.
La place de la Concorde est un symbole national. Son réaménagement doit être fidèle à l'esprit des lieux, maîtrisé et respectueux. Comptez sur moi pour y veiller.



Je suis voisin de l'école Monceau.
J'avais fait remarquer au fonctionnaire municipal présentant les aménagements que ceux-ci étaient dangereux, car les deux-roues allaient passer à vive allure par de faibles ouvertures, à partager avec les piétons, dont l'une au ras de l'école Monceau..
Le fonctionnaire le prit de haut : je ne connaissais absolument rien à le réglementation ; les cyclistes allaient mettre pied à terre (authentique !). La réglementation, non respectée, il me suffit de regarder par ma fenêtre, impose aux cyclistes de rouler à la vitesse des piétons.
Ce jour, la situation est encore plus dangereuse : un barrière ayant été détruite, elle a été remplacée par des barrières de chantier qui bloquent toute la chaussée. Conséquence :…