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La commission Concorde a remis ses douze propositions pour le réaménagement de la place


Je salue l'essentiel des douze propositions de la commission Concorde. Elles vont dans le bon sens.
Je salue l'essentiel des douze propositions de la commission Concorde. Elles vont dans le bon sens.

Mise en place le 13 mars puis réunie à cinq reprises, la commission de réflexion sur la transformation de la place de la Concorde" a rendu public le 18 juin ses douze propositions pour son réaménagement. Si ces préconisations vont dans l'ensemble dans le bon sens, je veillerai à ce que la charte prévue pour les occupations événementielles de courte durée soit particulièrement exigeante.


La "commission Concorde" devait répondre à diverses questions pour définir les orientations du programme de réaménagement de la place :

  • "Comment adapter la place de la Concorde au changement climatique ?

  • Comment mettre en valeur le patrimoine, l’inscrire dans l’histoire ?

  • Une végétalisation est-elle souhaitable ?

  • Comment faciliter les mobilités ?

  • Comment concilier usages locaux, événements et monumentalité de la place ?

  • Comment s’inscrit la place de la Concorde dans le paysage de la Seine ?"


Les douze préconisations de la commission Concorde pour le réaménagement de la place sont les suivantes :

  1. Conserver la composition symétrique de la place de la Concorde et les grandes perspectives

  2. Préserver et valoriser les éléments architecturaux et décors historiques existants qui donnent l’échelle de la place

  3. Retrouver la place-promenade historique avec ses fossés plantés

  4. Désimperméabiliser les parterres

  5. Adapter les essences végétales aux enjeux climatiques

  6. Retrouver la continuité entre les jardins des Champs-Élysées et la place de la Concorde en effaçant la trémie* existante

  7. Renforcer le lien avec la Seine en effaçant les trémies* de la voie Georges Pompidou

  8. Réduire l’emprise de la circulation automobile pour redonner la priorité aux piétons et à la végétalisation

  9. Améliorer le confort de la place en faveur des piétons et de la promenade

  10. Assurer la coexistence des usages avec une séparation des flux

  11. Conserver le statut d’espace de rassemblement populaire : un lieu de mémoire, de culture et d’histoire

  12. Réaliser une charte pour harmoniser les événements de courte durée


  • NDR : une trémie est une voie d'accès à un souterrain


 

La commission de réflexion sur la transformation de la place de la Concorde est présidée par Jean-Jacques AILLAGON, ministre de la Culture entre 2002 et 2004. Ann-José ARLOT, architecte, inspectrice générale des affaires culturelles et directrice de l’architecture honoraire du ministère de la Culture, membre de l’Académie d’architecture et membre de la Commission du Vieux Paris en est la vice-présidente. Les autres membres sont :

  • Lazare ELOUNDOU ASSOMO, directeur du patrimoine mondial de l’Unesco,

  • Isabelle BACKOUCHE, directrice d’études à l’EHESS-CRH,

  • Alain BARATON, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc de Versailles,

  • Stéphane BERN, journaliste et écrivain,

  • Jean-Marc BLANCHECOTTE, architecte urbaniste en chef de l’État honoraire, ancien chef de l’unité départementale de l’architecture et du patrimoine de Paris,

  • Patrick BOUCHERON, historien, professeur au Collège de France,

  • Jeanne BRUGE, directrice adjointe du Collectif Vélo Île-de-France,

  • Alexandre GADY, historien de Paris et du patrimoine,

  • François GEMENNE, chercheur, enseignant sur les politiques du climat et les migrations internationales, président du conseil scientifique de la Fondation Nature et l’Homme, co-auteur du 6e rapport du GIEC,

  • Julia HIDALGO, chercheuse au CNRS - climatologie et météorologie urbaines, impact et adaptation des villes au changement climatique,

  • Jean JOUZEL, paléoclimatologue, ancien vice-président du GIEC,

  • Alexandre LABASSE, architecte, directeur général de l’Atelier parisien d’Urbanisme, membre de l’Académie d’architecture et de la commission du Vieux Paris, président de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris Versailles,

  • Jean-François LAGNEAU, architecte en chef des Monuments historiques,

  • Jean-François LEGARET, président de la Commission du Vieux Paris,

  • Marion WALLER, directrice générale du Pavillon de l’Arsenal.

  • À ces experts s’ajoute un collège de grands voisins regroupant les acteurs culturels politiques et économiques de la place de la Concorde (Comité des Champs-Élysées, musée du Louvre, Hôtel Crillon, etc.).

 

Je salue l'essentiel des douze propositions de la commission Concorde. Elles vont dans le bon sens. Pour mémoire, ma propre position sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde est la suivante :

  • des garde-fous doivent être prévus pour que ce réaménagement soit d'abord et avant tout une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale ;

  • la circulation giratoire de la place doit être conservée ;

  • une (re)végétalisation d'une partie de la place peut être envisagée, à condition que toute végétalisation soit basse et à très haute qualité environnementale, puis entretenue avec le souci de l'excellence. Cette végétalisation partielle pourrait aussi contribuer à prémunir la place contre certaines occupations événementielles commerciales indésirables.


Je plaide aussi pour l'interdiction des occupations événementielles commerciales de la place, de sorte de n'y autoriser que des occupations non commerciales et d'intérêt national. Bien sûr, certains événements populaires ont une vocation durable à être organisés sur la place de la Concorde. Je pense d'abord au défilé militaire du 14 Juillet et au passage de l'arrivée du Tour de France. D'autres événements sportifs commerciaux ne font aussi que passer par la place. En revanche, je conteste l'occupation événementielle et commerciale de la place de la Concorde par des défilés de mode, des zones d'animations sportives ou certains salons professionnels. Dans une présentation des différents usages de la place de la Concorde, l'APUR a pu objectiver par les chiffres le constat, déploré par les habitants et les "amoureux du patrimoine", d'une sur-occupation événementielle de la place de la Concorde. En 2023, 10 événements ont ainsi été organisés, aboutissant à une occupation totale ou partielle de la place de 182 jours, soit la moitié de l'année. C'est inacceptable !


En 2023, la place de la Concorde a accueilli des événements la moitié de l'année... (source : APUR).
En 2023, la place de la Concorde a accueilli des événements la moitié de l'année... (source : APUR).

Dans cette perspective, si la combinaison des propositions n°11 et n°12 de la commission Concorde - "conserver le statut d’espace de rassemblement populaire : un lieu de mémoire, de culture et d’histoire" et "réaliser une charte pour harmoniser les événements de courte durée" - témoigne certes d'une volonté d'occupations événementielles de qualité sur le fond comme sur la forme, je crois toutefois qu'il faut aller plus loin et interdire les occupations commerciales de la place, à l'exception, donc, des occupations pour des événements sportifs internationaux ou à rayonnement international, à l'instar du Tour de France et de son arrivée mythique sur l'avenue voisine des Champs-Elysées.

Le programme de travaux du réaménagement de la place de la Concorde doit maintenant être élaboré à partir de ces propositions de la commission Concorde et des contributeurs à la concertation publique qui s'était tenue jusqu'au 29 mai. Après son examen par la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture, ce programme devrait être confié à la maîtrise d'oeuvre au début de l'automne 2024.

1 commento


Muhammad Farhan Qolbuna
Muhammad Farhan Qolbuna
25 giu

What specific aspects of the proposals are being praised?

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