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Concertation sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde le 4 avril : participez pour exiger une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale

Après que la maire de Paris a annoncé dans la presse le 14 janvier que la moitié de la surface de la place de la Concorde ne serait pas rendue aux automobilistes après les Jeux Olympiques, la Ville de Paris organise du 2 avril au 29 mai 2024 une concertation sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde, lequel interviendra après les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024, suivant un calendrier qui reste à définir.

Une réunion publique de lancement est prévue le jeudi 4 avril à 19h au Théâtre de la Concorde. Puis se tiendront plusieurs "ateliers participatifs thématiques" : un atelier "patrimoine" mercredi 24 avril à 19h à distance, un atelier "mobilité" mardi 30 avril à 19h au Théâtre de la Concorde et un atelier "usages et résilience" jeudi 16 mai à 19h au Théâtre de la Concorde.



Ma position sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde est la suivante : je veux d'abord et avant tout que ce réaménagement soit une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale, que des garde-fous soient prévus, notamment sur la non-occupation événementielle des nouveaux espaces piétons, et que la circulation giratoire de la place soit conservée.



Le réaménagement projeté par la maire de Paris

La maire de Paris projette de piétonniser la partie Est de la place de la Concorde, depuis le jardin des Tuileries jusqu'à l'obélisque central. Cette configuration est celle qui a prévalu, par exemple, pendant la fan-zone du village de la Coupe du monde de rugby puis pendant le "Concorde park" d'initiations aux sports urbains.


"La moitié de sa surface ne sera pas rendue aux automobilistes après les Jeux. Elle sera offerte à la promenade depuis les Tuileries jusqu'à ­l'Obélisque. On a déjà l'expérience du fonctionnement de la place en demi-jauge avec la Coupe du monde de rugby. Les faits sont là, la circulation est plus fluide quand la moitié de la Concorde est fermée. Je suis très soucieuse de conserver son caractère patrimonial exceptionnel et minéral, tout en adaptant la ville aux pics de chaleur qu'on va connaître, jusqu'à 50 degrés. Je veillerai aussi à respecter sa symétrie, qui fait partie de la vision des architectes de l'époque classique. Je vous le dis, la place accordée à la voiture dans ce lieu emblématique n'aura été qu'une parenthèse dans l'Histoire." (Anne HIDALGO, La Tribune Dimanche, 14 janvier 2024)

La zone concernée par le projet de réaménagement de la maire de Paris.
La zone concernée par le projet de réaménagement de la maire de Paris.

Oui au principe d'une réhabilitation de la place

J'ai déjà eu l'occasion de prendre position sur le projet de réaménagement de la place de la Concorde. Comme le rappelle l'expertise patrimoniale de la Direction des affaires culturelles (DAC) de la Ville de Paris, la place est l'une des cinq places royales parisiennes, la plus vaste et emblématique de la capitale. Elle est intégralement classée Monument historique depuis 1937 et située dans le périmètre des rives de la Seine inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Riche d'une histoire qui se confond souvent avec celle de la France, la place a notamment été le lieu principal des exécutions publiques pendant la Révolution française, dont celles de Louis XVI et de Marie-Antoinette d'Autriche. La place a changé de nom au gré des soubresauts de la vie politique nationale : place Louis XV, place de la Révolution, place de la Concorde, place Louis XVI et, de nouveau, place de la Concorde depuis 1830.


La place de la Concorde, ex-place Louis XV, dans les années 1770 (crédit photo : Musée Carnavalet / Roger-Viollet).
La place de la Concorde, ex-place Louis XV, dans les années 1770 (crédit photo : Musée Carnavalet / Roger-Viollet).

Place de la Concorde. Vue d'ensemble. Paris (VIIIème arr.). Photographie de Charles Lansiaux (1855-1939). Plaque de verre, 7 mai 1920. Département Histoire de l'Architecture et Archéologie de Paris.
Place de la Concorde. Vue d'ensemble. Paris (VIIIème arr.). Photographie de Charles Lansiaux (1855-1939). Plaque de verre, 7 mai 1920. Département Histoire de l'Architecture et Archéologie de Paris.

Immeubles parisiens. Place de la Concorde. Vue d'ensemble. Paris (VIIIème arr.). Photographie de Charles Lansiaux (1855-1939). Plaque de verre, 7 mai 1920. Département Histoire de l'Architecture et Archéologie de Paris.
Immeubles parisiens. Place de la Concorde. Vue d'ensemble. Paris (VIIIème arr.). Photographie de Charles Lansiaux (1855-1939). Plaque de verre, 7 mai 1920. Département Histoire de l'Architecture et Archéologie de Paris.

Aujourd'hui, c'est vrai, la circulation motorisée est très importante sur la place de la Concorde. Elle fait de la place un carrefour relativement inhospitalier pour la plupart des autres usagers, à commencer par les piétons. Je suis donc ouverte au principe d'un réaménagement qui aille dans le sens d'une réduction raisonnable de l'espace occupé par la circulation.

Pour autant, je n'ai pas confiance en la maire de Paris. Jusqu'à présent, c'est peu dire qu'elle n'a pas brillé par un savoir-faire particulier dans le domaine de la requalification des grandes places de la capitale. Son historique est une suite de fiascos, dysfonctionnels en termes d'usages, inesthétiques en termes patrimoniaux. La place de la Madeleine a perdu en attractivité et connaît une vacance commerciale navrante. Les fontaines Bouroullec du rond-point des Champs choquent. La place de la République est devenue le lieu de tous les attroupements de professionnels de la manifestation et souvent du désordre. Les places de la Bastille et de la Nation ne sont pas davantage réussies...


Prévoir des garde-fous au projet

Si je suis favorable au principe d'un réaménagement, c'est à la condition sine qua non qu'il soit d'abord et avant tout une réhabilitation à vocation historique et patrimoniale. La création par la maire de Paris, le 13 mars, d'une commission de réflexion sur la transformation de la place de la Concorde pourrait constituer une première garantie. Présidée par l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques AILLAGON, elle comptera dans ses rangs l'animateur audiovisuel, écrivain et défenseur du patrimoine Stéphane BERN, la Directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris et ancienne ministre de la Culture Aurélie FILIPPETTI, ainsi que le président du Comité des Champs-Elysées et secrétaire général de LVMH Marc-Antoine JAMET.

Dans cette perspective, des garde-fous doivent être plaidés et prévus dans le cadre de la concertation de la Ville de Paris. Premièrement, tout réaménagement, c'est la base, doit être précédé d'une restauration préalable des nombreux éléments patrimoniaux classés de la place de la Concorde, lesquels restent dans un état de dégradation préoccupant, en dépit de plusieurs rénovations récemment effectuées, sous la pression du pétitionnaire Baptiste GIANESELLI. Les fontaines, la chaussée, les candélabres et une partie des sculptures ont depuis été restaurés. Je rappelle que la responsabilité de la conservation de la place incombe intégralement à la Ville de Paris, à l’exception des deux hôtels de Jacques-Ange Gabriel et de l’obélisque.

Tout réaménagement doit ensuite être étayé, avec une solide étude d'impact des reports de circulation et des rallongements des temps de parcours qui seront occasionnés par la réduction de l'espace occupé par la circulation. Cette étude d'impact doit aussi intégrer, par anticipation, les évolutions des flux de la circulation induites par la mise en place de la future Zone à trafic limité dans le centre de Paris, a priori début 2025.

Tout réaménagement doit également être soigné, avec la conservation de l'ensemble des perspectives actuelles, sur les jardins des Tuileries et des Champs-Elysées, sur l'Hôtel de la Marine, sur les pavillons Gabriel, sur l'Arc de Triomphe, sur l'Assemblée nationale. Le pavement et les travaux de voirie doivent être d'une excellente qualité, à la hauteur de la patrimonialité du site.

Tout aménagement doit évidemment être porteur d'améliorations très significatives des traversées piétonnes de la place de la Concorde, puisque c'est la raison d'être du projet.

Tout réaménagement doit enfin être strictement encadré en termes d'occupations événementielles. Il est hors de question que les nouveaux espaces piétons créés fassent l'objet d'une occupation événementielle, qu'elle soit commerciale ou non.


Conserver la circulation giratoire de la place

Une piste raisonnée et raisonnable mériterait d'être étudiée dans le cadre de la concertation de la Ville de Paris, celle du projet alternatif proposé par le directeur de la publication "La Tribune de l'Art", Didier RYKNER. Celui-ci préconise de réduire de moitié les voies actuelles de part et d'autre du terre-plein central, afin de réduire l'espace occupé par la circulation sans pour autant renoncer à une circulation giratoire, laquelle conserve tout son sens en termes de mobilité urbaine.

Je suis, moi aussi, favorable à cette option de réaménagement qui a le mérite de préserver la nature originelle de la place. Je recommanderais alors que soient supprimées les voies les plus proches du terre-plein central, afin d'élargir l'espace où se trouvent l'obélisque et les deux fontaines des Fleuves et des Mers. Cette option permettrait aux piétons de bénéficier d'un meilleur recul à proximité immédiate de l'obélisque et des fontaines. Elle contribuerait aussi à réduire la vitesse de circulation sur la place en "cassant" la ligne droite qui la traverse depuis le pont de la Concorde jusqu'à la rue Royale.


En jaune la zone concernée par le projet de la maire de Paris, en bleu celle concernée par le projet que je propose.
En jaune la zone concernée par le projet de la maire de Paris, en bleu celle concernée par le projet que je propose.

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