L'entretien politique (Valeurs Actuelles) - Municipales 2026 : "Nous en avons assez de subir Paris", lance Catherine LÉCUYER
- Catherine Lécuyer

- il y a 2 jours
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L'ENTRETIEN POLITIQUE - Avec le soutien de Rachida DATI, Catherine LÉCUYER est candidate à la mairie du VIIIe arrondissement de Paris. Elle affrontera la maire actuelle, Jeanne d'HAUTESERRE (divers droite), qui se présente en dissidente, après avoir été épinglée pour ses notes de frais de représentation et de costumes.
Valeurs actuelles. Vous serez la tête de liste de Rachida Dati dans le VIIIe arrondissement, lors des municipales de mars prochain. Comment vous présenteriez-vous ?
Catherine Lécuyer. Je suis une élue de terrain depuis 2014, dans le huitième. J’ai longtemps été très investie chez Les Républicains, membre du comité exécutif du parti, notamment en charge des questions périscolaires et scolaires, sujets sur lesquels je suis intervenue à plusieurs reprises, bien avant la crise que nous connaissons aujourd’hui.
Élue au Conseil de Paris et à la Métropole du Grand Paris, j’ai pris mon indépendance en 2020, car j’avais le sentiment que la majorité en place dans le VIIIe n’était pas à la hauteur des enjeux.
J’ai vu dans la gestion de la maire actuelle, Jeanne d’Hauteserre, une forme de trahison des électeurs. Être candidate avec une étiquette ne suffit pas si elle ne correspond plus aux valeurs que l’on défend. Depuis, je mène un travail d’opposition et de terrain constant.
Que voudriez-vous dire à Jeanne d’Hauteserre, la maire actuelle, critiquée pour ses notes de frais et sa proximité avec Anne Hidalgo ?
Je ne souhaite pas m’attaquer aux personnes. Les habitants ne veulent pas de querelles politiciennes. Simplement, son bilan est très mitigé. Les derniers mois ont montré les limites de son exercice. Peut-être est-il temps de passer la main.
Les débats peuvent être vifs, c’est normal en démocratie, mais l’essentiel est de faire avancer les dossiers. Aujourd’hui, le manque de dynamique devient un handicap.
Comment décririez-vous le VIIIe arrondissement ? Est-il uniquement l’arrondissement des grandes fortunes, des ambassades et des palaces ? Il est particulièrement concerné par la diminution du nombre d’habitants, et par la fuite des familles, phénomène qui touche tout Paris.
Cette image est très caricaturale. Le VIIIe est avant tout un grand village, avec des habitants qui recherchent du lien et de la proximité. C’est d’ailleurs l’héritage de notre ancien et emblématique maire, François Lebel : la relation directe avec les habitants.
Je fais énormément de terrain, tous les jours, au contact des commerçants, des gardiens, des riverains. Leurs attentes sont très concrètes : propreté, sécurité, logement.
La sociologie de l’arrondissement est beaucoup plus diverse qu’on ne le pense. Il y a le Triangle d’or, bien sûr, mais aussi des quartiers très familiaux, autour de Saint-Augustin ou du quartier Europe, avec des familles installées depuis longtemps ou de nouveaux habitants en quête de qualité de vie… Nous sommes loin du cliché !
Quelles seront les grandes lignes de votre programme ? Est-il réellement possible d’agir efficacement malgré les pouvoirs limités dont disposent les maires d’arrondissement ?
Elles tiennent en trois axes : s’occuper de l’essentiel, agir avec pragmatisme et incarner la proximité. Il faut terminer les aménagements déjà budgétés que la Ville a suspendus, comme certaines rues aux écoles. Quand on commence quelque chose, on va au bout, mais en ajustant, loin du dogmatisme d’Anne Hidalgo.
Nous devons simplifier la vie des habitants : revoir les plans de circulation, remettre du stationnement boulevard Malesherbes, remettre à plat la situation du quartier Europe, lequel pose problème depuis six ans. Rien d’idéologique, uniquement du concret. J’ai aussi la chance d’entretenir d’excellentes relations avec les maires du IXe et du XVIIe, deux arrondissements voisins. Il nous faudra travailler ensemble.
Si Rachida Dati parvient à l’emporter à Paris, quelles seront les premières mesures à prendre ?
Rachida Dati a la capacité de faire vraiment bouger les lignes. Mais les cent premiers jours seront décisifs. Il faudra lancer des audits indépendants pour connaître l’état réel des politiques municipales.
On risque de découvrir beaucoup de dysfonctionnements. La Ville, c’est 55 000 agents : il faut en connaître parfaitement les rouages. Son expérience de maire d’arrondissement est un atout majeur pour reprendre Paris en main.
Avant même mon investiture, nous étions déjà sur la même ligne politique. J’espère sincèrement que Rachida sera la future maire de Paris. Paris et les Parisiens ne s’habituent pas au médiocre. Ils veulent l’excellence. Nous en avons assez de subir Paris. Nous voulons retrouver le plaisir simple d’être Parisien.
Nous partageons les mêmes priorités : propreté, sécurité, maîtrise de la dette, fin du gaspillage. Les commerçants nous le disent tous les jours : ils sont à bout, verbalisés en permanence, jamais aidés.



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