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Une dissolution et trois tours de scrutin : premiers enseignements


Une dissolution et trois tours de scrutin : premiers enseignements

Au terme d'une séquence électorale d'un mois, jalonnée par une dissolution et trois tours de scrutin, les Français ont d'abord voulu émettre un message clair, les Parisiens ont culbuté à gauche, tandis que la 1ère circonscription et le 8e arrondissement sont restés au centre. Dans la capitale, le décor des municipales de 2026 est désormais planté.


 

Sommaire

 

Les Français émettent un message clair

En plaçant le Rassemblement national en tête - en nombre de voix - des trois tours de scrutin des 9 juin (européennes), 30 juin (1er tour des législatives) et 7 juillet (2nd tour des législatives), le RN dominant la carte du territoire hors des grandes villes (leur cœur et leur périphérie) où prévalent le centre, la gauche et l'extrême gauche, les Français ont ainsi émis un message clair : ils veulent que des réponses soient apportées à leurs préoccupations prioritaires. Ils veulent retrouver du pouvoir d'achat face à la vie chère ; que la sécurité soit garantie partout et que l'autorité soit respectée par tous ; que l'immigration légale soit maîtrisée et que celle illégale soit empêchée ; que l'accès territorial à des services publics de qualité soit assuré, etc.

C'était sans compter sur le "barrage républicain" érigé à l'initiative des formations de gauche coalisées dans un "Nouveau Front populaire", avec la complicité tactique du Premier ministre. L'exercice est connu : à l'antienne "tout sauf le RN" ont succédé le feuilleton des "désistements républicains", le décompte des triangulaires restantes, la cacophonie des consignes de vote et les élucubrations d'alliances.


L'entre-deux-tours des élections législatives a pu faire penser au proverbe de l'idiot qui regarde le doigt pendant que le sage désigne la lune. Les Français venaient de renouveler, pour la deuxième fois en moins de trois semaines, leur vif mécontentement et leur demande expresse pour que des réponses soient enfin apportées à leurs préoccupations prioritaires sur le pouvoir d'achat, la sécurité, l'immigration, les services publics... Pendant ce temps, responsables politiques et journalistes ne parlaient que de "barrage républicain" !

Ce "barrage républicain" a finalement tenu le RN en échec. Alors qu'il totalisait un cumul de 18 123 351 voix aux 1er et 2nd tours des élections législatives, le RN n'a obtenu que 125 sièges, soit un ratio de près de 145 000 voix par siège. Le "Nouveau Front populaire" obtenait lui 178 sièges en cumulant 16 000 245 voix, soit un ratio de près de 89 000 voix par siège.

Attention au trompe-l’œil des coalitions artificielles. Elles pourraient générer de la frustration électorale chez les millions de Français qui s'estimeraient privés d'une victoire en siège en dépit de leur 1ère position en voix. Le sentiment d'une "distorsion" de l'expression démocratique par le mode de scrutin pourrait susciter du ressentiment et servir de "carburant" pour le RN en 2027 - ou avant en cas de nouvelle dissolution.


Cette année encore, de nombreux partis politiques ont présenté des candidats aux élections législatives. Pourquoi ? La réponse réside notamment dans les règles du financement public des partis politiques. La loi prévoit en effet un financement public accordé aux différents partis politiques en fonction de 2 critères cumulatifs : 1/ les résultats au premier tour des élections législatives, pour ceux qui ont présenté des candidats ayant obtenu au moins 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions ; et 2/ le nombre de parlementaires. Ainsi pour l'année 2024, le montant global versé aux partis est fixé à 66,43 millions d'euros. En cas de non-respect de la parité hommes-femmes pour la présentation de candidats aux élections, les formations sont pénalisées financièrement. Les partis politiques bénéficient également d'une aide publique indirecte : l'incitation fiscale résultant de la réduction d'impôt sur le revenu des particuliers (à hauteur de 66%) accordée aux donateurs et cotisants. En 2023, 63 millions d'euros de dons et cotisations ont été déclarés par plus de 188 000 foyers fiscaux (source : https://www.vie-publique.fr/fiches/24004-comment-les-partis-politiques-sont-ils-finances).

Rétrospectivement, la dissolution de l'Assemblée nationale aura agi tel un boomerang, actant la disparition du paysage politique dessiné par la présidentielle de 2017. La clarification n'a pas eu lieu. La confusion règne. Aucun parti n'a la majorité à lui seul. La tripolarisation de la vie politique française est confirmée avec trois blocs de force équivalente. Non seulement le clivage droite-gauche n'a pas disparu, mais il s'est radicalisé entre l'extrême droite et l'extrême gauche, lesquelles acquièrent de fait le monopole de l'opposition et incarnent la seule alternance possible au bloc "central". Enfin, les fractures territoriales qui divisent le pays semblent abyssales.

Ma famille politique, celle la droite républicaine, a plutôt bien résisté. Au moment où les Français se positionnent plus à droite sur nombre de politiques publiques régaliennes, il serait inacceptable que l'extrême gauche et la gauche gouvernent sous la férule de Jean-Luc MÉLENCHON.


Tout doit être fait pour bloquer la gauche et l'extrême gauche, et contribuer à mener de toute urgence une quinzaine d'actions prioritaires pour la France et les Français : améliorer le pouvoir d'achat, en réduisant la pression fiscale, en soutenant la croissance, en rétablissant la souveraineté industrielle et en rémunérant mieux le travail ; répondre aux demandes d'autorité et de sécurité, en reprenant en main la politique pénale, en luttant contre l'islamisme et l'antisémitisme, en maîtrisant l'immigration légale incontrôlée ; reconstruire le service public, en mettant de l'ordre dans les comptes publics, en corrigeant les dérives du modèle social, en réformant en profondeur l'éducation, en mettant en place une vraie politique du logement, en garantissant l'accès aux soins, en luttant contre la bureaucratie. Enfin, et de façon transversale, il faut soutenir les familles et promouvoir une écologie fondée sur le progrès.

Les résultats nationaux des élections européennes du 9 juin 2024 (source : Ministère de l'Intérieur).
Les résultats nationaux des élections européennes du 9 juin 2024 (source : Ministère de l'Intérieur).

Les résultats nationaux du 1er tour des élections législatives anticipées du 30 juin 2024 (source : Ministère de l'Intérieur).
Les résultats nationaux du 1er tour des élections législatives anticipées du 30 juin 2024 (source : Ministère de l'Intérieur).

Les résultats nationaux du 2nd tour des élections législatives anticipées du 7 juillet 2024 (source : Ministère de l'Intérieur).
Les résultats nationaux du 2nd tour des élections législatives anticipées du 7 juillet 2024 (source : Ministère de l'Intérieur).

La tripolarisation de la nouvelle Assemblée nationale élue le 7 juillet 2024 (source : Le Monde).
La tripolarisation de la nouvelle Assemblée nationale élue le 7 juillet 2024 (source : Le Monde).

Les Parisiens culbutent à gauche

Au terme des élections européennes et législatives, la gauche est revenue en force à Paris, dans sa version socialiste aux européennes, dans ses versions insoumise et écologiste aux législatives. Ce retour de la gauche s'effectue aux dépens de l'ancienne majorité présidentielle.

Aux élections européennes, en obtenant 22,86% des suffrages exprimés dans la capitale, la liste socialiste est arrivée en tête dans les 2e, 3e, 4e, 5e, 9e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14e et 18e arrondissements. La liste Renaissance a été première dans les 1er, 6e, 7e, 8e, 15e et 17e arrondissements (avec 17,72% à Paris). La liste insoumise a "remporté" les 19e et 20e (avec 16,76% dans la capitale). La liste LR a été en tête dans le 16e arrondissement (en obtenant 10,49% à Paris). La liste de François-Xavier BELLAMY a également réalisé des scores encourageants dans les arrondissements traditionnellement marqués à droite, notamment les 7e et 8e.


Les listes arrivées en tête aux élections européennes du 9 juin 2024 par secteur administratif (source : Ville de Paris).
Les listes arrivées en tête aux élections européennes du 9 juin 2024 par secteur administratif (source : Ville de Paris).

Les listes arrivées en tête aux élections européennes du 9 juin 2024 par bureau de vote (source : Le Parisien).
Les listes arrivées en tête aux élections européennes du 9 juin 2024 par bureau de vote (source : Le Parisien).

Dès le 1er tour des élections législatives, le "Nouveau Front populaire" a gagné la moitié des 18 circonscriptions législatives de Paris (les n°5, 6, 7, 8, 9, 10, 16, 17 et 18). A telle enseigne que le quotidien Libération titrait le lendemain "Paris, capitale du Nouveau Front populaire" ! Au sein de ce NFP, La France Insoumise domine en devançant Les Écologistes et le Parti socialiste. Le seul député socialiste élu au 1er tour est le Premier adjoint à la Maire de Paris, Emmanuel GRÉGOIRE. Anne HIDALGO réussit ainsi le tour de force de faire fuir jusqu'à ses plus proches !

Au terme du 2nd tour, le NFP a finalement remporté les deux tiers des circonscriptions (12 / 18), gagnant trois députés de plus qu’en 2022, aux dépens de la majorité présidentielle sortante. La capitale reste toutefois un "refuge" pour l'ancienne majorité, à l'instar d'autres grandes villes. Certes, elle n'a cessé de refluer : 13 députés en 2017, 9 en 2022, 6 en 2024. Et elle n'a au demeurant jamais réussi à convertir ses réussites nationales en réussite locale. Mais l'ancienne majorité présidentielle a aussi consolidé ses positions sur les circonscriptions et les arrondissements qui furent longtemps à droite. En revanche, Les Républicains n'ont toujours pas retrouvé un député à Paris. Le clivage géographique perdure, les formations partisanes changent...

Traditionnellement faible à Paris, le RN a réalisé une percée au 1er tour des élections législatives. En gagnant 77 000 voix par rapport au 1er tour des législatives de 2022, passant de 3,9% à 10,7% des suffrages exprimés, il s'est placé en 3e position dans 15 des 18 circonscriptions et a réalisé ses scores les plus élevés dans l'Ouest parisien.


Les députés élus à Paris au terme des élections législatives anticipées de 2024 (source : Le Parisien).
Les députés élus à Paris au terme des élections législatives anticipées de 2024 (source : Le Parisien).

La 1ère circonscription et le 8e arrondissement de Paris restent au centre

Dans la 1ère circonscription législative de Paris (les 1er, 2e, 8e et une partie du 9e arrondissements), après des élections européennes au cours desquelles les forces de gauche avaient atteint 42,75% des suffrages exprimés (23,91% pour la majorité présidentielle, 15,71% pour l'extrême droite, 13,63% pour la droite), les élections législatives ont rééquilibré le rapport de force, avec au 1er tour 44,70% des suffrages exprimés pour la majorité présidentielle, 32,09% pour la gauche, 11,52% pour l'extrême droite et 10,12% pour la droite. Au 2nd tour, le candidat "Ensemble" l'a largement emporté avec 63,64% des suffrages exprimés, atteignant même 77,02% dans le 8e arrondissement (60,57% dans le 1er arrondissement, 55,32% dans le 2e arrondissement, 58,86% dans le 9e arrondissement).

J'avais décidé de ne pas être candidate dans la 1ère circonscription pour ne pas rendre encore plus confuse l'offre électorale à droite. Au second tour, il fallait voter contre le candidat LFI. Ce candidat du NFP avait été investi par Jean-Luc MÉLENCHON. Il appartenait à une coalition contre-nature portant un projet démagogique sans crédibilité, qui aurait contribué à ruiner notre économie. Son parti politique et son leader entretiennent l'antisémitisme, nourrissent l'islamo-gauchisme, remettent en cause nos forces de l'ordre. Cette équipe, ces valeurs et ce projet sont dangereux pour Paris et les Parisiens, pour la France et les Français, pour notre République et notre unité nationale.


Les résultats du 2nd tour des élections législatives anticipées dans la 1ère circonscription de Paris (source : Le Parisien).
Les résultats du 2nd tour des élections législatives anticipées dans la 1ère circonscription de Paris (source : Le Parisien).

A Paris, le décor des municipales est planté

Bien sûr, les élections municipales ne sont pas une simple réplique des élections européennes et des élections législatives. Les derniers résultats nationaux à Paris n'en ont pas moins planté le décor des prochaines municipales (2026).

Certes, après un quart de siècle de socialisme municipal, les Parisiens pourraient avoir envie - enfin ! - d'une véritable alternance politique. Déjà, en 2022, la candidate à l'élection présidentielle Anne HIDALGO n'avait recueilli au 1er tour que 23 000 voix à Paris, soit 2,17% des suffrages exprimés - 1,75% au niveau national, la plus lourde défaite de l'histoire des socialistes sous la Ve République.

Mais j'ai la conviction que la droite ne pourra pas gagner seule à Paris en 2026. Une alternance ne sera possible qu'à la condition sine qua non que les actuelles oppositions des droites et des centres - Les Républicains, Horizons, Renaissance, le MoDem - réussissent à se rassembler dès le 1er tour afin de former une large "coalition électorale pour l'alternance". La volonté de faire battre dans les urnes Anne HIDALGO - ou son successeur - devra être suffisamment forte pour que les électorats des droites et des centres soient disposés à accepter des compromis programmatiques et électoraux, afin d'être en capacité de reconquérir Paris.

Au moment où le paysage politique parisien se transforme, avec le renforcement des gauches et l'affaiblissement de l'ancienne majorité présidentielle, le temps est venu pour la droite parisienne d'accélérer sa mobilisation dans la perspective de prendre le leadership de cette large coalition pour l'alternance composée des actuelles oppositions locales des droites et des centres.

A la place qui est la mienne, j'y participerai avec mes convictions et mon énergie.

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