Politique du logement social : les dysfonctionnements s’aggravent



Au cours de la discussion du projet de délibération sur la Convention parisienne d’attribution des logements sociaux lors du Conseil d'arrondissement du 30 mars 2021, j’ai rappelé ma position constante sur la politique du logement social telle que mise en œuvre par la Mairie de Paris.


La politique de l’Hôtel de Ville ne fonctionne pas à Paris et les dysfonctionnements s’aggravent ! L’année 2020 a été celle de tous les records : 234 000 Parisiens attendent toujours un logement social tandis que le taux de rotation dans le parc HLM est historiquement bas à 3,9%. Si la crise sanitaire a bon dos, la mainmise de la Mairie de Paris sur les attributions et le pilotage de la politique municipale par un adjoint communiste ne sont probablement pas étrangers à ces dysfonctionnements…


Pendant ce temps, les prix n’ont jamais été aussi élevés dans le parc locatif privé et l’équivalent de la population du 5e arrondissement a fui Paris au cours de la précédente mandature. Il s’agit principalement de familles et de classes moyennes ayant des difficultés à se loger. La crise sanitaire a encore accéléré leur exode. Dans le 8e arrondissement, même si des meublés touristiques ont été récemment remis en location classique, le marché de l’immobilier reste très tendu du fait du nombre élevé des bureaux et des résidences secondaires, ainsi que d’un taux de vacance élevé.


Je souhaite de longue date une capitale et un 8e arrondissement qui logent mieux les familles et les classes moyennes. Mais le projet de délibération qui nous était soumis ne répond guère à cette ambition. Au contraire, il s’inscrit dans la politique municipale du “ghetto”, avec toujours plus de préemptions dispendieuses et de re-conventionnement inutiles, et toujours moins de mixité. Aujourd’hui, le parc social compte ainsi 70% de logements très sociaux et à peine 30% de logements pour les classes moyennes…


Pour aider les familles de la classe moyenne, il faudrait inverser ce rapport et par exemple re-conventionner certains logements sociaux PLAI et PLUS en PLS et PLI*. Nous pourrions aussi réserver un quota aux gardiens retraités, aux employés des métiers en tension et en horaires décalés (aides-soignants, infirmiers, hôtels, cafés, restaurants, etc.), à l’instar de la réserve mise en place par la Mairie de Paris pour les agents de la collectivité.


Pour toutes ces raisons et non sans demander préalablement à la Maire du 8e arrondissement quelle avait été sa position de vote lors de la Conférence du logement du 4 mars au sein de laquelle elle siégeait, j’ai voté “contre” ce projet de délibération. De son côté, la majorité et l’élue LREM se sont contentés d’une abstention. Je regrette une telle ambiguïté.


* Le Prêt Locatif Aidé d’Insertion (PLAI) est réservé aux personnes en situation de grande précarité et en difficultés d’insertion sociale. Le Prêt Locatif à Usage Social (PLUS) est le logement aidé le plus courant en France et s’adresse à un public à faibles ressources. Les Prêt Locatif Social (PLS) et Prêt Locatif Intermédiaire (PLI) s’adressent aux foyers dont les revenus sont trop élevés pour pouvoir accéder aux locations HLM ordinaires, mais trop bas pour pouvoir se loger dans le secteur privé, notamment dans les zones tendues.



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