Point de vue - Écriture inclusive : le dernier caprice d’une Mairie de Paris déconnectée
- Catherine Lécuyer

- il y a 6 jours
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Point de vue - Le Conseil d’État a validé l’écriture inclusive de l’Hôtel de Ville. Le dogme prévaut sur le réel alors que la dette explose et que l'insécurité flambe. Paris mérite mieux que cette fuite en avant.
Le Conseil d’État vient de trancher : l’écriture inclusive a désormais droit de cité sur les plaques officielles de l’Hôtel de Ville. Pour l’exécutif parisien, c’est une victoire juridique. Pour les Parisiens, c’est une nouvelle défaite du bon sens et une victoire du dogme sur le réel. Alors que notre capitale s'enfonce dans une crise multidimensionnelle, cette décision n’est pas une simple anecdote administrative : elle valide la stratégie d’une municipalité qui a transformé l’espace public en un tract militant permanent, au mépris du principe fondamental de neutralité.
Graver des points médians dans le marbre de nos édifices n’est en rien une modernisation de notre langue ou de nos usages. C’est, au contraire, une capitulation devant une idéologie qui préfère la déconstruction au service des citoyens. Ce choix révèle une gouvernance "hors-sol", une équipe municipale obsédée par le symbole et la posture, pendant que la ville craque de toutes parts. À force de vouloir rééduquer le regard des Parisiens par la grammaire, la Mairie oublie sa mission première : gérer la cité.
L'ivresse sémantique face au naufrage
Pendant que l’exécutif s’enivre de sémantique, la réalité des chiffres, elle, est brutale et sans appel. La gestion financière de l’équipe d'Anne Hidalgo mène Paris dans l'impasse. La dette explose et franchit un seuil vertigineux : plus de 10 milliards d’euros fin 2025. Cette asphyxie financière n’est pas qu’une donnée comptable ; elle est une hypothèque directe sur l’avenir des services publics et sur la capacité d'investissement des générations futures. Chaque euro gaspillé dans des lubies idéologiques ou des affichages politiques est un euro qui manquera pour l'entretien de nos rues ou la rénovation de nos écoles.
Sur le front de la sécurité, le décalage entre le discours municipal et le quotidien des Parisiens est tout aussi indécent. Les chiffres sont accablants : entre 2022 et 2024, les vols violents ont bondi de 18 % et les cambriolages de 22 %. Face à cette flambée de violence qui frappe tous les quartiers, quelle est la réponse de l'Hôtel de Ville ? Un refus obstiné et dogmatique d’armer la police municipale. On préfère soigner la forme sur les plaques commémoratives, tout en méprisant le fond - la protection physique des citoyens - dans la rue.
Le choix du vide semble être devenu la marque de fabrique de cette municipalité. En 2025, alors que les familles parisiennes peinaient à se loger, la Mairie a englouti plus de 250 millions d’euros pour préempter des immeubles, y compris dans des secteurs de grand luxe, comme l’avenue George V ou la place des Vosges... Cet affichage politique prime systématiquement sur l’efficacité réelle en matière de logement social.
Retrouver enfin le réel
Pendant ce temps, le service public de proximité s'effondre. La réforme des rythmes scolaires, imposée à la hussarde et sans concertation réelle, a désorganisé nos écoles. Faute de moyens et d'une gestion décente des ressources humaines, le recrutement des animateurs est en berne, mettant en péril l'accueil de nos enfants. C'est le paradoxe de cette Mairie : pour le prestige et l'idéologie, l'argent coule à flots ; pour le quotidien des familles, les robinets sont fermés.
Il est temps de sortir du déni. Il faut le dire avec force : Paris n’est pas un laboratoire sociologique, ni le manifeste d’une gauche en quête de repères. Paris est une ville qui doit être gérée avec rigueur, nettoyée avec soin et sécurisée avec détermination. Gouverner, ce n'est pas imposer sa vision du monde au burin sur les murs de la ville ; c'est servir les administrés.
L'année 2026 peut marquer une étape historique : pour la première fois, les Parisiens éliront directement leur Maire. L'heure de vérité approche. Le choix sera binaire, limpide : la poursuite de la fuite en avant idéologique ou le sursaut pragmatique. Il est grand temps de rendre Paris au réel et de remettre les préoccupations des Parisiens au cœur de l'Hôtel de Ville. Le marbre de nos plaques, lui, peut attendre.



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