Mon entrée à la Commission du Vieux Paris, au chevet de notre patrimoine architectural et urbain
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C’est avec un sens aigu des responsabilités que je m'apprête à siéger au sein de la Commission du Vieux Paris. Désignée par mon groupe "Paris Liberté !" pour y représenter notre vision de la capitale, je n’envisage pas cette nomination comme une simple ligne sur un parcours institutionnel. C’est un poste d’observation stratégique pour défendre un Paris qui s’abîme trop souvent sous les coups de boutoir du laisser-aller, de la dégradation de l'espace public et du vandalisme contemporain. Face à la standardisation rampante, au délogement de notre mémoire collective et aux projets d’urbanisme déconnectés, je m'efforcerai de porter haut la voix du bon sens, de l’esthétique et de la fidélité au patrimoine architectural et urbain de la capitale.
Cette arrivée au sein de la Commission s’inscrit d’ailleurs pour moi sous le signe d’une complicité de travail et d'une vision partagée. J’y retrouve avec plaisir Jean-François LEGARET, reconduit à la présidence de la Commission. Une proximité de convictions, une amitié politique de longue date et une méthode commune nous unissent, bien décidés à ce que la Commission du Vieux Paris soit le parlement du bon goût, de la rigueur et de la préservation.
Ensemble, nous partageons une conviction : si Paris n’est pas un musée figé sous cloche, il est encore moins un laboratoire à ciel ouvert pour expérimentations visuelles douteuses. C’est un héritage vivant, une harmonie fragile que nous devons transmettre intacte aux générations futures.
Un même combat de la Concorde au boulevard Haussmann
Pour moi, le patrimoine n’est pas une notion abstraite, poussiéreuse ou réservée aux seuls manuels d'histoire de l’art. C’est le décor de nos vies, le ciment de notre quotidien, ce qui fait qu'une avenue parisienne ne ressemblera jamais à aucune autre. Notre action publique récente en témoigne : chaque fois que l’identité d’un quartier ou la beauté d'un monument est menacée par des projets hors-sol ou par le cynisme de certains exploitants, nous nous dressons en première ligne. C'est le sens profond de ma position sur le réaménagement de la place de la Concorde. Je défends une vision pragmatique : le maintien d'une circulation giratoire fluide pour éviter le chaos routier et faciliter les traversées piétonnes via l'élargissement du terre-plein central, ainsi que l'instauration de garde-fous stricts contre la privatisation événementielle commerciale de la place. Pour moi, la Concorde doit rester un espace de respiration, de perspective et d’admiration, pas une foire commerciale permanente au profit de structures éphémères.
Cette vigilance clinique pour le tissu urbain, je la déploie également au niveau des commerces remarquables de nos quartiers. Récemment, c'est au 57 boulevard Haussmann que j'ai tapé du poing sur la table. Face à la menace de destruction de la devanture historique de l’ancienne teinturerie Pouyanne - une véritable pépite visuelle ornée de vitraux anciens -, j'ai immédiatement sonné le tocsin. En faisant adopter un vœu par ma majorité lors du conseil d'arrondissement du 5 mai, j'ai demandé que la Ville de Paris mette en œuvre toutes les voies de recours et de dialogue pour stopper ce projet validé à la hâte par l’administration. C’est la preuve concrète que le patrimoine parisien se niche aussi bien dans la majesté d’une grande place que dans l’authenticité d’une devanture d'un commerce de quartier, et que l'urbanisme commercial ne peut s'affranchir du respect de la mémoire des lieux.
Le beau, première des écologies
Derrière ces combats sur le terrain se cache une conviction philosophique et politique profonde, que j'entends bien faire valoir au sein de la Commission du Vieux Paris : seul le beau est durable, et donc profondément écologique. À l’heure où les discours technocratiques opposent trop souvent modernité environnementale et préservation historique, je veux inverser la logique avec force : le beau est la première des écologies. Un bâtiment harmonieux, un mobilier urbain dessiné avec soin, une place respectée dans ses lignes historiques traversent les siècles précisément parce qu'on les aime, qu'on les entretient et qu’on refuse de les détruire. À l'inverse, l'enlaidissement produit du jetable : les aménagements low-cost à base de blocs de béton jaunes, de barrières en plastique et de bitume hâtif s’abîment en quelques mois et finissent à la décharge de l'histoire urbaine. Protéger notre patrimoine, c’est refuser la culture du déchet appliquée à l'architecture.
Mon entrée à la Commission du Vieux Paris est donc la suite logique de cette écologie du bon sens. Dans notre arrondissement, véritable vitrine de Paris et de la France aux yeux du monde, je veux mener cette bataille culturelle et administrative de tous les jours. Qu’il s’agisse de lutter contre la prolifération des affichages sauvages qui balafrent les façades en pierre de taille, d'imposer des "chartes de qualité de chantier" pour limiter les nuisances visuelles des travaux, ou de veiller jalousement sur le patrimoine historique - des grilles du parc Monceau jusqu'à la renaissance des marionnettes du théâtre de Guignol -, je ne laisserai rien passer.
Alors que la Commission examine chaque année des centaines de projets d’urbanisme d’envergure, j'y exprimerai une voix forte, documentée et profondément enracinée dans la réalité de notre espace public. Aux côtés de Jean-François LEGARET, je rappellerai un message clair et net : la durabilité est indissociable de l'esthétique. L'histoire de Paris doit s’écrire au futur, bien sûr, mais en refusant de rayer son passé. Je dispose désormais d'un levier supplémentaire pour faire rayonner un esprit de résistance patrimoniale. Pour que Paris, fidèle à sa grandeur, demeure pour toujours la capitale mondiale de l’élégance, de la beauté et de la durabilité.



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