Conseil d’arrondissement du 2 novembre 2021 : territorialisation et Plan vélo principalement au menu



Nous avons tenu mardi 2 novembre en présentiel notre 11e Conseil d’arrondissement de la mandature. Vous trouverez ici l’ordre du jour de la séance, ici le compte rendu intégral et ci-dessous un compte rendu synthétique de mes principales interventions.


Réforme de la territorialisation : l’Hôtel de Ville peine manifestement à lâcher prise…

L'Hôtel de Ville de Paris.
L'Hôtel de Ville de Paris.

Je me suis d’abord abstenue sur la délibération ayant pour objet l’adoption de la réforme de la territorialisation dite “Pacte parisien de la proximité”.

Bien sûr, les Parisiens et les maires des arrondissements réclamaient depuis longtemps que la Mairie de Paris délègue davantage de pouvoirs dans les domaines des interventions dites “de proximité” : propreté, voirie, sécurité, etc. Ils pouvaient donc a priori se réjouir que les maires d’arrondissement deviennent les pilotes de l’action municipale dans leur arrondissement. Par souci d’efficacité opérationnelle sur le terrain, mais aussi de transparence démocratique renforcée, tant il n’était pas satisfaisant que les élus n’ayant pas le pouvoir soient tenus pour responsables des résultats (ou de leur absence) tandis que ceux ayant effectivement le pouvoir ne l’étaient pas…

Mais les réserves étaient multiples et rédhibitoires. D’abord, les délégations de pouvoir ne seront pas accompagnées des moyens correspondants et suffisants pour leur bon exercice. Y compris d’ailleurs parce que l’Hôtel de Ville pratique encore la rétention de certaines prérogatives… Ensuite, l’exercice de ces nouveaux pouvoirs restera logiquement tributaire du bon vouloir des maires d’arrondissement.

Je me suis étonnée qu'aucun adjoint ne soit dédié à la propreté dans notre arrondissement, la Maire prétendant assurer elle-même cette responsabilité chronophage. Je me suis aussi étonnée qu'un habitant soit bientôt choisi à titre expérimental pour devenir le "référent propreté" du quartier Saint-Augustin : quels seront les critères de choix et quelles seront ses marges de manœuvre ?

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Madame la Maire, chers Collègues,

La présente délibération qui nous est soumise pour avis a pour objet l’adoption de la réforme de la territorialisation dite “Pacte parisien de la proximité”.

Les Parisiens et les maires des arrondissements de droite réclament depuis longtemps, et réclamaient encore dans le cadre de la récente réforme du statut de Paris adoptée en 2017, que la Mairie de Paris leur délègue davantage de pouvoirs dans les domaines des interventions dites “de proximité” - propreté, voirie, sécurité, etc. Concernant la sécurité, j’y reviendrai plus en détail dans ma question sur la police municipale en fin de Conseil.

Pourquoi ? D’abord par souci d’efficacité opérationnelle accrue, car les maires d’arrondissement ont une connaissance plus fine de leurs territoires. Ensuite par souci de transparence démocratique améliorée, car il existait une “distorsion de responsabilités” : les maires d’arrondissement étaient souvent perçus par les Parisiens comme responsables de la saleté ou de la dégradation de l’espace public alors qu’ils n’avaient pas le pouvoir, tandis que la Mairie de Paris disposait du pouvoir mais n’était pas perçue comme responsable…

Les Parisiens peuvent donc a priori se réjouir de cette réforme de la territorialisation qui vise à renforcer les pouvoirs des maires d’arrondissement, lesquels deviennent les pilotes de l’action municipale dans leur arrondissement et disposent pour cela d’une autorité fonctionnelle vis-à-vis des responsables territoriaux des services municipaux dans leur arrondissement.

J’ai toutefois plusieurs réserves. Première réserve : il faudrait que ces délégations de pouvoir soient accompagnées des moyens correspondants et suffisants pour en assurer le bon exercice. Seconde réserve : il faudrait que les maires d’arrondissement aient la volonté politique de s’emparer pleinement de leurs nouveaux pouvoirs.

D’où ma question. Madame la Maire, comment comptez-vous vous organiser pour exercer ces nouveaux pouvoirs réclamés par les élus et attendus par les Parisiens du 8e arrondissement ? Et qui seront vos adjoints dédiés en charge de la propreté, de la voirie et de la sécurité ?

Compte tenu de ce qui précède, je vais m’abstenir sur ce projet de délibération.

Je vous remercie.


Plan vélo : des points positifs et de nombreuses réserves

La coronapiste éphémère finalement pérennisée rue d'Amsterdam sans correction préalable des défauts...
La coronapiste éphémère finalement pérennisée rue d'Amsterdam sans correction préalable des défauts...

Je me suis également abstenue sur la délibération ayant pour objet l’approbation d’un premier plan d’actions 2021-2023 dans le cadre du nouveau Plan vélo 2021-2026 (voir aussi ici le linéaire des voies concernées).

Bien que j’approuve sur le fond le développement d’un réseau cyclable adapté dans la capitale - avec des pistes cyclables séparées, protégées et continues, ainsi que des stationnements et des parkings sécurisés -, je déplore la méthode idéologique avec laquelle la Mairie de Paris le déploie, une méthode qui aboutit à des usages de l’espace public anarchiques et conflictuels. Aujourd’hui, personne n’est satisfait ! Ni les piétons, ni les cyclistes, ni les conducteurs de deux-roues, ni les automobilistes, ni les commerçants… Et les piétons sont les premières victimes collatérales de cette anarchie.

De plus, le plan proposé ne répond pas à plusieurs enjeux locaux du 8e arrondissement. Les coronapistes des rues d’Amsterdam, Tronchet et du Havre vont être pérennisées en 2022 sans que leurs défauts pourtant majeurs en termes de sécurité et de congestion du quartier aient été préalablement corrigés. J’avais pourtant formulé à de nombreuses reprises des propositions dans ce sens. Soit dit en passant, les réunions de “concertation” régulièrement promises n’auront finalement jamais eu lieu… De même, aucune étude d’impact n’est toujours prévue concernant la Zone à Trafic Limité (ZTL) sur le secteur Paris Centre nonobstant la confirmation de sa prochaine mise en œuvre qui ne manquera pas de créer des effets de report de circulation préjudiciables pour le 8e arrondissement.

Telles sont les raisons pour lesquelles je me suis abstenue. Je me suis étonnée du peu de réserves et / ou propositions formulées par la Mairie d'arrondissement sur ce Plan vélo qui est un sujet particulièrement important pour les Parisiens...

Nous avons d'ailleurs appris de façon incidente que la réunion plusieurs fois annulée sur l'aménagement de la coronapiste Amsterdam / Havre / Tronchet se tiendrait finalement le 24 novembre. Je crains que celle-ci, très tardive, ne soit qu'une réunion de présentation d'un aménagement déjà "acté". Je regrette aussi que les documents de travail de la Ville de Paris ne soient pas proposés en amont, afin que les habitants et leurs élus puissent s'exprimer lors de cette réunion sans découvrir le projet...

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Madame la Maire, chers Collègues,

La présente délibération qui nous est soumise pour avis a pour objet l’approbation d’un premier plan d’actions 2021-2023 dans le cadre du nouveau Plan vélo 2021-2026.

Beaucoup de Parisiens se réjouissent du retour du vélo à Paris après sa quasi-disparition dans les années 1980. C’est une tendance lourde depuis les années 1990 qui a connu une poussée de croissance évidente ces dernières années, avec la crise sanitaire et la création de nouvelles pistes cyclables. La fréquentation des pistes cyclables a augmenté de 47 % en 2020 et de 22 % en 2021.

Cependant, si j’approuve sur le fond le développement du réseau cyclable parisien, je déplore sur la forme la méthode idéologique avec laquelle la Ville de Paris le déploie, une méthode qui aboutit à un partage de l’espace public anarchique et conflictuel. Il est désormais urgent de réconcilier les Parisiens en tenant compte des différents modes de déplacement des usagers de l’espace public, et non en entretenant l’anarchie et l’inévitable “guerre de tous contre tous”. Aujourd’hui, ni les piétons, ni les cyclistes, ni les conducteurs de deux-roues, ni les automobilistes ne sont satisfaits ! Et les piétons, usagers les plus vulnérables de l’espace public, en sont les toutes premières victimes collatérales.

D’autant que le déploiement anarchique des pistes cyclables contribue au tarissement de certains flux passants, lequel rend impossible l’équation commerciale des commerçants de proximité et dévitalise ainsi nos quartiers.

Alors oui, il est urgent de proposer des aménagements cyclables sérieux. Les Parisiens veulent d’une part des pistes cyclables séparées (de préférence unidirectionnelle), protégées des voitures et des deux-roues motorisés, et… continues ! Et ils veulent d’autre part des stationnements ou des parkings sécurisés.

Le plan d’actions qui nous est soumis compte ainsi quelques points positifs pour densifier et sécuriser le réseau des infrastructures et des équipements dédiés au vélo :

  1. D’abord et ce n’est pas anodin pour notre bien-être visuel, les plots jaunes et les glissières en béton armé seront enfin remplacés par des aménagements durables et, je l’espère, moins inesthétiques. Ça ne peut de toute façon pas être pire !

  2. Ensuite, je suis favorable aux pérennisations des coronapistes de la Place de la Madeleine-St Florentin et du Pont de la Concorde programmées en 2021.

  3. De même, a priori, sous réserve de son aménagement concret et de sa sécurité, je suis plutôt favorable à la création concertée d’une piste cyclable boulevard Malesherbes programmée en 2022.

  4. Sans oublier qu’il est aussi prévu de créer 130 km de pistes sécurisées, d’augmenter de moitié le nombre d’arceaux d’accroche et de déployer 100 000 nouvelles places de stationnement.

Mais le plan d’actions qui nous est soumis présente aussi de nombreux points négatifs :

  1. Premièrement, les coronapistes des rues d’Amsterdam, Tronchet et du Havre vont être pérennisées en 2022 sans que leurs défauts majeurs en termes de sécurité et de congestion du quartier aient été préalablement corrigés. J’avais pourtant formulé des propositions dans ce sens. Les réunions de pseudo “concertation” promises à plusieurs reprises n’auront finalement jamais eu lieu. Je pense en particulier à celle de la rue d’Amsterdam. Les problématiques subsistent donc en l’état. Je vous invite à vous déplacer au carrefour Liège pour mieux comprendre le chaos quotidien…

  2. Deuxièmement, le calendrier est très imprécis, ce qui ne manque pas d’interroger alors que le précédent plan vélo 2015-2020 n’avait été réalisé qu’à 50%...

  3. Troisièmement, le budget est flou et en contradiction avec les promesses de campagne de la candidate HIDALGO. Quel sera finalement le montant de ce budget ? N’aurait-il pu par ailleurs utilement contribuer à mieux restaurer une voirie parisienne très dégradée faute de crédits budgétaires et de volonté politique ?

  4. Quatrièmement, la confirmation de la prochaine mise en œuvre de la Zone à Trafic Limité (ZTL) sur le secteur Paris Centre ne manquera pas de créer des effets de report de circulation préjudiciables pour les arrondissements mitoyens, à commencer par le nôtre. Je renouvelle ici mon regret qu’aucune étude d’impact n’ait été menée et communiquée au public.

  5. Cinquièmement, la rue la Boétie ne figure pas comme itinéraire cyclable dans le cadre du Plan vélo, contrairement à une réponse qui m’avait été faite par les services de notre Mairie du 8e arrondissement.

  6. Sixièmement, nous ne savons presque rien de la sécurisation des carrefours, de la création de parkings sécurisés ou encore du serpent de mer d’un “code de la route”. La sécurité est pourtant un enjeu décisif pour l’adoption du vélo à Paris ! Ainsi les cyclistes restent-ils les seuls usagers de l’espace public parisien à n’être ni sensibilisés ni responsabilisés sur la condition des plus vulnérables que sont les piétons et les personnes à mobilité réduite…

Je conclurai par une question : pourquoi aucun aménagement cyclable n’est-il finalement prévu boulevard Haussmann ?

Compte tenu de ce qui précède, je vais m’abstenir sur ce projet de délibération.

Je vous remercie.


Boulevard des Batignolles : élevons le niveau d’ambition !

Le boulevard des Batignolles au niveau du lycée Chaptal.
Le boulevard des Batignolles au niveau du lycée Chaptal.

A l’occasion de deux dénominations de sections du boulevard des Batignolles (la promenade Cécile Chaminade et la promenade Aristides de Sousa Mendes), j’ai rappelé que la création d’une “coulée verte” pourrait être envisagée sur la voie en concertation avec les habitants du 17e arrondissement.

J’avais formulé cette proposition dans le cadre des élections municipales après des échanges avec les riverains. En excipant à tort que la présence du marché alimentaire ne permettrait pas un réaménagement, la réponse “ambition, degré 0” de la majorité d’arrondissement est une nouvelle fois méprisante pour les habitants du secteur.

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Madame la Maire, chers Collègues,

Permettez-moi de saisir l’occasion de cette dénomination et de la suivante pour évoquer la création d’une “coulée verte” sur le boulevard des Batignolles qui pourrait être envisagée en concertation avec les habitants et le 17e arrondissement, comme je l’avais du reste proposé dans le cadre des élections municipales.

Pourriez-vous, s’il vous plaît, nous indiquer si la Mairie du 8e arrondissement a l’intention de proposer un réaménagement ambitieux du boulevard des Batignolles, au-delà de ces dénominations, au cours de la mandature ?

Je vous remercie.


Harcèlement en milieu scolaire : un fléau qui se banalise et appelle une lutte résolue

J’ai voté - et nous avons adopté à l’unanimité - un vœu de la majorité d’arrondissement relatif au harcèlement en milieu scolaire.

Dans mon explication de vote, j’ai rappelé que le phénomène du harcèlement scolaire et du cyberharcèlement se banalise et que les pouvoirs publics agissent déjà avec deux numéros verts nationaux pour les élèves victimes ou témoins ainsi que les parents (3020 : “non au harcèlement” ; 3018 : “Net écoute”), puis j’ai appelé à aller plus loin dans la lutte contre ce fléau, par exemple en renforçant l’éducation à l’internet et aux réseaux sociaux, et en améliorant l’autorégulation et la régulation des réseaux sociaux. C'est au demeurant l'un des enjeux de la conférence internationale de l'Unesco contre la violence scolaire et le cyberharcèlement qui se tient en ce moment au Mexique.

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Madame la Maire, chers Collègues,

Je voterai pour ce vœu dont j’approuve le principe, mais je regrette que tous les élus du 8e n’aient pas été associés.

Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est la mobilisation pour lutter contre ce fléau qu’est le harcèlement scolaire en général et le cyberharcèlement scolaire en particulier. Le phénomène se banalise. Il a explosé pendant les confinements. Les pouvoirs publics agissent. Deux numéros verts nationaux existent pour les élèves victimes ou témoins et les parents, l’un “non au harcèlement” (3020), l’autre “Net écoute” (3018). Je veux en profiter aussi pour féliciter Serge et Marie, que nous connaissons tous et qui réalisent de longue date des actions de prévention dans les établissements de l’arrondissement.

Mais il faut aller plus loin, en renforçant l’éducation à l’internet et aux réseaux sociaux, mais aussi en améliorant l’autorégulation et la régulation des réseaux sociaux. Les options sont la reconnaissance aux réseaux sociaux du statut d’éditeurs et non de simples hébergeurs et / ou la levée de l’anonymat - au moins dans les régimes démocratiques. Avec une conviction forte : il n’y a pas de liberté sans responsabilité.

Je vote donc pour ce vœu de la majorité et je vous remercie.


Mieux informer et lutter contre les nuisances de chantiers dans le 8e arrondissement

Le chantier des 25-27 rue de Constantinople (2020).
Le chantier des 25-27 rue de Constantinople (2020).

Après que Sophie SEGOND a accepté mon amendement renouvelant ma demande récurrente pour que la Maire du 8e propose aux maîtres d’oeuvre la signature d’une “charte de qualité de chantier”, ayant notamment vocation à garantir aux riverains la mise en oeuvre de toutes les précautions nécessaires à leur tranquillité et à leurs activités, j’ai voté pour le vœu de ma collègue “relatif aux chantiers du 8e arrondissement”.

Considérant que le besoin d’améliorer l’information et la lutte contre les nuisances de chantiers serait inexistant - ce que les riverains concernés apprécieront -, la majorité d’arrondissement a voté contre ce vœu. Comme si rien en provenance de l’opposition ne pouvait trouver grâce à ses yeux… Nous le regrettons vivement !

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Madame la Maire, chers Collègues,

Je voterai pour ce vœu qui va dans le bon sens, même si son dispositif ne tire pas toutes les conséquences de son propre exposé des motifs : informer sur les nuisances des chantiers, c’est bien ; lutter contre ces nuisances, c’est encore mieux !

C’est pourquoi je renouvelle ici - et j’invite notre collègue Sophie SEGOND à amender dans ce sens le voeu qu’elle nous présente - ma suggestion que la Maire du 8e propose aux maîtres d’oeuvre la signature d’une “charte de qualité de chantier”, ayant entre autres objectifs celui de garantir aux riverains la mise en œuvre de toutes les précautions nécessaires à leur tranquillité et à leurs activités, notamment en prévoyant :

  1. l’information des riverains ;

  2. la formation des personnels du chantier ;

  3. la concertation et la prise en compte des plaintes ;

  4. ainsi que des horaires mieux-disants pour les travaux bruyants, par exemple de 8h à 20h en semaine (au lieu de 7h00-22h00) et de 9h à 18h le samedi (au lieu de 8h00-20h00).

Je vote donc pour ce vœu de notre Collègue et je vous remercie.


Transformer des bureaux en logements dans le 8e : ouvrons le débat !

La transformation de bureaux en logements pourrait être l'une des pistes pour répondre à la problématique du logement des ménages à Paris.
La transformation de bureaux en logements pourrait être l'une des pistes pour répondre à la problématique du logement des ménages à Paris.

Si l’une des pistes pour résoudre la problématique du logement des ménages à Paris au moment où nombre de bureaux restent inoccupés pourrait être, logiquement, la transformation de bureaux ou de surfaces commerciales en logements, d’autres obstacles doivent toutefois également être surmontés : les barrières techniques, environnementales, financières et réglementaires qui dissuadent les investisseurs et les promoteurs ; la volonté de la Ville de Paris qui pourrait être réticente à se passer de la manne fiscale des bureaux. Sans oublier qu’au-delà de la question du logement, la dégradation de la qualité de vie dans la capitale rend moins supportable le coût du logement pour les familles.

En dépit de ces réserves sur la priorité des pistes à explorer, j’ai voté pour le vœu de ma collègue Sophie SEGOND “relatif à la transformation de bureaux en logements dans le 8e arrondissement” afin d’ouvrir le débat. La majorité d’arrondissement s’est une nouvelle fois opposée au vœu…

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Vœu de Mme SEGOND relatif à la transformation de bureaux en logements dans le 8ème arrondissement

Madame la Maire, chers Collègues,

A Paris, transformer des bureaux ou des surfaces commerciales en logements est a priori une bonne idée puisque des ménages peinent à se loger tandis que nombre de bureaux sont vides. Mais cette idée peine toutefois à se matérialiser depuis une vingtaine d’années. Entre 2001 et 2020, seuls 590 000 m² de bureaux ont été transformés en logements dans Paris intra-muros. Ce chiffre représente à peine 3,5% d’un parc de bureaux de 16,9 millions de m², et environ 400 logements par an dans une ville qui en compte 1,4 million…

Pour accélérer la transformation de bureaux en logements dans Paris, il faudrait d’abord abaisser les barrières techniques, environnementales, financières et réglementaires qui dissuadent les investisseurs et les promoteurs. Il faudrait aussi, je crois, interroger la volonté politique de la Ville de Paris de remplacer le bénéfice des bureaux (taxe foncière, taxe professionnelle) par le coût des logements (équipements publics divers : crèches, écoles, parcs, etc.) : veut-elle vraiment faciliter ces opérations de transformation ?

Bien sûr, je partage la plupart des “considérants” du vœu de notre collègue, notamment sur la préférence qui doit être accordée à la transformation de bureaux en logements plutôt qu’au re-conventionnement de logements privés en logements sociaux, lequel ne crée aucun logement supplémentaire, ainsi que sur les nouvelles opportunités permises par le télétravail. Mais je ne crois pas que la Ville de Paris soit un niveau de collectivité suffisant pour agir afin de faciliter la création de logements dans la capitale. Des évolutions législatives et réglementaires sont aussi indispensables.

Enfin, au-delà de la question du logement, je crois que la dégradation de la qualité de vie dans Paris, y compris dans le 8e arrondissement, explique largement la fuite des Parisiens et des familles de la capitale.

Compte tenu de ces réserves, je voterai “pour” ce vœu sans grande conviction mais afin d’ouvrir le débat.


Des propositions simples pour améliorer la démocratie locale

Donnons la possibilité aux habitants de poser des questions à la fin des séances du Conseil d’arrondissement !
Donnons la possibilité aux habitants de poser des questions à la fin des séances du Conseil d’arrondissement !

Après une rentrée bien difficile pour la démocratie locale, j’ai déposé et défendu un vœu pour améliorer la démocratie locale dans le 8e arrondissement avec quelques idées simples faciles à mettre en oeuvre - pour peu bien sûr que l’on en ait la volonté : permettre aux habitants de poser des questions à la fin de nos séances de Conseil d’arrondissement, diffuser ces séances en direct en ligne, informer largement et rendre compte aux élus et aux habitants des réunions publiques et de travail concernant la vie de l’arrondissement, etc.

Je remercie Sophie SEGOND, qui partage ma préoccupation sur l’état dégradé de notre démocratie locale, d’avoir soutenu mon vœu. Je regrette le énième vote “contre” de la majorité d’arrondissement et de la représentante de Mme HIDALGO, une nouvelle fois unis dans une alliance contre nature pour le statu quo et contre les Parisiens.

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Madame la Maire, chers Collègues,

L’exercice de la démocratie est un art difficile et nous en avons la preuve tous les mois ici-même. Mais la démocratie instaure et garantit les libertés individuelles sur lesquelles reposent notre modèle de société. Et au fondement de la démocratie, il y a l’exigence du pluralisme des courants d’idées et d’opinions.

Chercher par tous les moyens à limiter l’expression des opinions minoritaires est donc absolument contraire aux principes que vous devriez avoir à cœur de défendre, d’autant plus que vous êtes supposée porter les couleurs d’une grande famille politique de droite, issue du gaullisme.

Justifier la restriction des prises de paroles des élus d’opposition au prétexte, je vous cite, que ”je n’ai pas le temps de passer 4 ou 5h pour vous faire plaisir” manifeste le peu de cas que vous faites de votre mandat et de la confiance qui vous a été accordée par les habitants de l’arrondissement. Car c’est à eux que les élus doivent rendre des comptes régulièrement et sérieusement.

Voici donc quelques idées, parmi beaucoup d’autres, pour améliorer la démocratie locale, outre la possibilité pour tous les élus de pouvoir bien sûr s’exprimer sans restriction :

  • donner la possibilité aux habitants de poser des questions à la fin de la séance du Conseil d’arrondissement ;

  • exposer en Conseil d’arrondissement les vœux qui vont être portés par les élus du 8e au Conseil de Paris ;

  • informer les habitants et les élus de toutes les réunions ayant trait à la vie de l’arrondissement. Il est anormal que ceux-ci découvrent via les réseaux sociaux des reports de réunions auxquelles ils n’ont jamais été conviés ;

  • transmettre aux habitants et aux élus les documents de travail en amont des réunions organisées par la Mairie de Paris ;

  • transmettre les synthèses de ces réunions de travail aux habitants et aux élus ;

  • diffuser les séances du Conseil d’arrondissement en direct en ligne comme cela a été le cas pendant un an.

Ce vœu vient donc solliciter d’avantages de démocratie locale sous quelque forme que ce soit. Mais vous avez sans doute d’autres propositions à nous faire.


Sécurisation des carrefours dangereux de la rue d’Artois : première avancée en 2022

Le carrefour particulièrement dangereux formé par la rue d’Artois avec les rues du Commandant Rivière, Saint-Philippe du Roule et Paul Baudry, devrait être sécurisé en 2022.
Le carrefour particulièrement dangereux formé par la rue d’Artois avec les rues du Commandant Rivière, Saint-Philippe du Roule et Paul Baudry, devrait être sécurisé en 2022.

En réponse au vœu que j’ai déposé et défendu pour sécuriser les traversées piétonnes et les circulations automobiles aux carrefours dangereux de la rue d’Artois, Jean-Louis BARTHÉLÉMY, Conseiller d’arrondissement en charge de la mobilité et des transports, m’a répondu que la sécurisation du carrefour le plus dangereux - celui formé par la rue d’Artois avec les rues du Commandant Rivière, Saint-Philippe du Roule et Paul Baudry - pourrait être réalisée en 2022 si la Ville de Paris confirmait son engagement budgétaire.

Je me réjouis de l’annonce de cette première avancée, tout en regrettant le vote “contre” de la majorité, et veillerai bien sûr attentivement au bon avancement de ce dossier.

Vous trouverez ci-après le texte prévu pour mon intervention (NB : seul le prononcé fait foi).

Madame la Maire, chers Collègues,

Considérant la dangerosité des traversées piétonnes et des circulations automobiles aux carrefours formés par la rue d’Artois avec les rues du Commandant Rivière, Saint-Philippe du Roule, Paul Baudry puis avec la rue de Berri, du fait de la multiplicité des flux de véhicules qui s’y croisent, de la vitesse de circulation souvent excessive de ces véhicules (notamment les voitures de sport de location de courte durée basées sur les Champs-Elysées) et des manœuvres qui y sont effectuées pour les besoins de livraisons,

Considérant les flux d’élèves qui traversent à pied ces carrefours à destination et en provenance de l’école Paul Baudry,

Considérant la limitation de la présence d’un point école aux seuls horaires scolaires,

Considérant la fréquence élevée des accidents qui se produisent aux carrefours de la rue d’Artois, impliquant parfois des piétons,

Je vous propose que notre Conseil du 8e arrondissement émette le vœu que la Ville de Paris réalise les aménagements de voirie nécessaires pour sécuriser les traversées piétonnes et les circulations automobiles aux carrefours dangereux de la rue d’Artois.


Quelles seront les priorités locales de la police municipale ?

Les policiers municipaux parisiens sont en cours de déploiement dans la capitale.
Les policiers municipaux parisiens sont en cours de déploiement dans la capitale.

J’ai enfin posé une question orale à la Maire du 8e arrondissement pour connaître les priorités d'action locale qu’elle envisage d’assigner aux policiers municipaux sur le territoire du 8e arrondissement, comme elle en a désormais formellement la prérogative - en partenariat avec le Chef de la police municipale d’arrondissement et le Commissaire de la police nationale - avec l’entrée en vigueur de la réforme de la territorialisation qui fait des maires d’arrondissement les pilotes de l’action municipale dans leur arrondissement.

Aucune réponse précise à cette question. Nous ne connaîtrons donc pas les priorités locales des policiers municipaux dans le cadre de l'exercice de cette nouvelle prérogative de pilotage de la lutte contre les infractions du quotidien.