Écoles, piscines, chantiers, commerces : le Conseil d'arrondissement déploie un bouclier d'action concret pour le 8e
- 30 juin
- 19 min de lecture

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J'ai tenu à précéder la séance de notre Conseil du 8e arrondissement par un premier bilan provisoire de la crise de la canicule qui vient de frapper Paris. Face à la "fournaise" que nous avons tous subie de plein fouet, j'ai d'abord salué le professionnalisme et le dévouement exemplaires des agents qui se sont engagés pour garantir la continuité du service public.
Mais j'ai aussi déploré l'improvisation et le manque d’anticipation de l'Hôtel de Ville de Paris. J'ai opposé l’impératif immédiat de "l’adaptation", premier des boucliers humains, au dogmatisme de "l’atténuation" lointaine.
Malgré nos ressources matérielles et humaines très modestes, la Mairie du 8e arrondissement a au contraire multiplié les mesures d'urgence, en ouvrant une salle rafraîchie à la Mairie, en prospectant de grands lieux partenaires pour des moments de fraîcheur (un grand merci au Petit Palais, à l'Hôtel Le Collectionneur et au cinéma Pathé Wepler), et en commandant en urgence 50 climatiseurs mobiles pour nos crèches et écoles.
Pour sortir d'une gestion "à la petite semaine", nous avons fait le choix de l'ambition et du volontarisme à travers trois vœux déposés et défendus à l'occasion du Conseil d'arrondissement.
Sommaire
Un bouclier thermique global pour sanctuariser nos écoles et crèches
Chantiers privés et publics : notre Charte contre toutes les nuisances
Associations historiques : plein soutien à nos veilleurs de mémoire
Solidarité Seniors : Octave & Arpège face au défi du grand âge
Accueil de la petite enfance : pour un service public moderne et humain
Le Fonds d'animation locale "Vie associative et citoyenne" mobilisé pour des projets utiles
Pratiques artistiques amateurs : faire vivre l'école Octave et Arpège
Cinq associations aidées par le Fonds d'animation locale "Culture"
Champs-Élysées : le kiosque innovant de Timescope plébiscité
Paris Initiative Entreprise : un bouclier pour les entrepreneurs
Questions / réponses avec le public : du pragmatisme face aux dysfonctionnements du quotidien
Un bouclier thermique global pour sanctuariser nos écoles et crèches
Sur ce premier voeu dont j'ai été la rapporteure, j'ai rappelé que face à la multiplication et au prolongement dramatique des vagues de chaleur estivales, la protection de notre jeunesse et de l'ensemble du personnel éducatif est devenue pour moi un impératif absolu de santé publique.
Nos établissements doivent demeurer des sanctuaires de confort thermique. Avec ma majorité, nous avons exigé un diagnostic territorial sans complaisance pour repérer les "points noirs" du bâti scolaire. Le vœu planifie le déploiement de solutions passives et lourdes comme l'accélération massive de l'isolation, la généralisation du cool roofing par des peintures blanches réfléchissantes, la transformation de toutes nos cours de récréation en cours oasis végétalisées, et le raccordement systématique de nos structures au réseau de froid décarboné de Fraîcheur de Paris, fort du succès déjà validé sur le site Monceau. L'instauration d'un suivi annuel strict doté d'indicateurs transparents nous permettra d’évaluer pas à pas la performance énergétique bâtiment par bâtiment.
Notre Conseil refusant de laisser les enfants en première ligne, mon vœu a été adopté à l'unanimité.
Mobilisation générale pour élargir l’ouverture des piscines
Rapporteure de ce deuxième vœu de bon sens, j'ai affirmé que face aux projections climatiques annonçant des pointes probables à 50°C, fermer les rideaux des bassins municipaux dès 18 heures ou couper les lignes d'eau au plus fort de la chaleur a constitué une aberration organisationnelle. Dès l'exercice de crise d'octobre 2023, ces bassins ont pourtant été identifiés comme des bouées de sauvetage thermiques indispensables. Plutôt que de piloter à vue en achetant frénétiquement des climatiseurs mobiles livrés au compte-gouttes, j'ai donc soutenu que la Ville devait libérer la puissance de son patrimoine bâti.
Concrètement, ce vœu pragmatique a enjoint la Mairie centrale d’activer un protocole de choc dès le déclenchement des alertes canicule en imposant un élargissement massif des horaires des piscines municipales, allant au besoin jusqu’à l’ouverture continue 24 h / 24 lors des dômes de chaleur. Pour rendre la mesure viable, nous avons réclamé un plan d’urgence pour les ressources humaines et matérielles avec des plannings adaptés et des primes de crise attractives négociées en amont avec les syndicats pour les maîtres-nageurs et agents de sécurité, complété sans dogmatisme par des renforts privés ou associatifs en cas d'absentéisme.
Enfin, pour éviter que ces havres de fraîcheur ne tournent à la foire d’empoigne, j'ai demandé le déploiement de la Police municipale pour réguler les flux aux abords, tout en demandant de sanctuariser les budgets de maintenance lourde pour la filtration et le traitement intensif des eaux.
Ce voeu a été adopté par la majorité, avec l'abstention de l'opposition.

Des chaises-bancs patrimoniales pour nos aînés
Pour ce troisième voeu déposé et défendu par Sylvie DAO-BERNA, nous avons réaffirmé que face au vieillissement de la population, l'accessibilité réelle de nos rues et le maintien à domicile de nos aînés constituent des exigences de santé publique et d'inclusion sociale qui ne pouvaient plus souffrir d'angles morts. Pouvoir s’arrêter régulièrement pour reprendre son souffle lors d'une simple course quotidienne s'est imposé comme la condition essentielle pour rompre l'isolement social et l’érosion urbaine des plus vulnérables.
Pour sortir du faux dilemme opposant l’accueil légitime des passants à l'inquiétude légitime des riverains face aux risques d'attroupements, nous, élus de la majorité, avons proposé une solution d'assises compactes sous la forme d'une chaise-banc individuelle fixe. Ce mobilier monoplace, doté d'un piétement métallique robuste et de lattes de bois au vert parisien réglementaire, s’intègre harmonieusement dans notre patrimoine visuel traditionnel. Sa géométrie interdit physiquement tout allongement abusif, offrant une respiration urbaine fine et protectrice sans induire de squats.
Concrètement, nous avons demandé à la Ville de Paris de lancer sans délai un diagnostic de terrain minutieux avec notre Mairie d'arrondissement pour cartographier les parcours de nos seniors et les trottoirs trop étroits, avant de planifier un déploiement strict respectant un espacement de 1,20 mètre.
Ce vœu a été adopté par la majorité.
Collège Chaptal : action de terrain v. posture de tribune
J'ai pris la parole lors de la discussion du quatrième vœu, déposé par l'élue d'opposition Théa FOURDRINIER, qui s'est inquiétée des 139 fermetures nettes de classes annoncées par l'Éducation nationale dans l'Académie de Paris et a ciblé la menace de suppression d'une division de 5e au collège Chaptal.
Si nous avons partagé sans ambiguïté l’objectif de défense absolue de l'école publique, j'ai dénoncé une divergence radicale de méthode en lui lançant que l'opposition commente quand nous agissons, et qu'elle regrette quand nous construisons. La preuve par les résultats est là, puisque la réouverture obtenue de la classe de 6e à Chaptal pour cette rentrée 2026 a démontré que nos démarches et nos plaidoyers quotidiens auprès du Rectorat ont payé. Et nous sommes déjà mobilisés en faveur du maintien de la 4e classe de 5e au collège Chaptal pour la rentrée scolaire 2026-2027.
Ce vœu de l'opposition enfonçait donc des portes déjà largement ouvertes par notre action et feignait d’ignorer ses propres contradictions politiques car, plutôt que de rédiger de longues doléances, il lui aurait suffi de décrocher son téléphone pour convaincre le Maire de Paris, son ami, de soutenir notre Mairie d'arrondissement.
Face à un texte superfétatoire qui n’apportait rien à l'édifice opérationnel, nous avons pris nos responsabilités et les élus de la majorité ont rejeté ce vœu.
Une nouvelle Charte pour muscler les 7 Conseils de quartier
Notre rapporteur Ronan GUÉVEL a présenté la délibération 08 2026 24 insufflant un vent de renouveau démocratique au cœur de nos instances participatives locales, portées par le succès historique de près de 300 candidatures citoyennes enregistrées cette année.
Pour moderniser l’animation de nos 7 Conseils consultatifs et leur donner du muscle face au centralisme parisien, nous avons soutenu dans leur nouvelle Charte quatre innovations majeures. D'abord, nous avons abaissé l’âge minimal d'éligibilité à 16 ans pour parier sur l'énergie civique de notre jeunesse. Ensuite, nous avons instauré de stricts garde-fous démocratiques en limitant le cumul à 2 mandats consécutifs pour favoriser le renouvellement des visages, tout en confiant la présidence des comités d'animation directement aux habitants. Plus puissant encore, nous avons ancré un droit de vœu annuel formel permettant aux conseils de quartier de nous saisir officiellement 30 jours avant les séances, et nous avons autorisé la mutualisation stratégique de leurs budgets d’investissement. Cette souplesse comptable permettra aux Conseillers de quartier de financer collectivement des projets d'aménagement d'ampleur inédite.
La délibération a été adoptée par les élus de la majorité, l'opposition s'abstenant.
Chantiers privés et publics : notre Charte contre toutes les nuisances
Présenté par notre rapporteure Sylvie DAO-BERNA, la délibération 08 2026 25 a rappelé que notre arrondissement subit une densité exceptionnelle de travaux qui, bien que légitimes pour moderniser nos quartiers, empoisonnent parfois le quotidien des riverains par des nuisances sonores, de la poussière et des trottoirs obstrués.
Face à cela, le dernier protocole de partenariat de la Ville de Paris de 2021 souffre d'un angle mort juridique puisqu'il encadre exclusivement la voirie publique, laissant le champ libre aux chantiers privés. Nous, élus de la majorité, avons rédigé une Charte de bonne conduite des chantiers du 8e arrondissement imposant six engagements politiquement opposables à l'ensemble des maîtres d'ouvrage publics et privés. Nous avons ainsi instauré l'obligation d'informer les riverains 15 jours avant le démarrage de tout chantier long, interdit les bruits matinaux ou tardifs, garanti le maintien de la propreté des emprises et sanctuarisé l’accessibilité pour nos aînés. Nous avons également innové en créant un guichet unique garantissant aux habitants une réponse écrite sous 5 jours ouvrés en cas de manquement, les récidives pouvant entraîner la suspension de leurs facilités logistiques de voirie.
La Charte de bonne conduite des chantiers a été adoptée. C'est une bonne nouvelle pour aider la Mairie d'arrondissement à assumer sa mission de médiation de proximité.
Associations historiques : plein soutien à nos veilleurs de mémoire
Laurence RIOT LAMOTTE a rapporté la délibération 2026 DAC 62 prévoyant le versement d'une enveloppe globale de 27 000 € de subventions de fonctionnement à 11 associations historiques parisiennes, gardiennes de notre identité commune. Dans notre arrondissement, nous nous sommes réjouis de voir la prestigieuse Société Historique et Archéologique des 8e et 17e arrondissements confortée à hauteur d’une aide de 2 000 €. Animée bénévolement par Danièle PRÉVOST depuis la rue de Lisbonne, cette structure réalise un travail culturel admirable, avec des conférences prévues en 2026 sur Colette, Spontini ou la famille des Rothschild.
Tout en saluant l'engagement exceptionnel de ces bénévoles, nous avons regretté la pingrerie et le "deux poids, deux mesures" de la Mairie centrale. Allouer une telle somme pour couvrir à l'année l'histoire d'un territoire aussi dense, alors que d’autres structures reçoivent plus du double comme le Vieux Montmartre qui culmine à 5 500 €, s'apparente à une "aumône de papier".
Nous avons finalement adopté le texte à l'unanimité pour ne pas priver nos bénévoles d'oxygène.
Le Théâtre de la Concorde trouve son bar-buvette
Erwan LECLERC a rapporté la délibération 2026 DDCT 134 visant l'exploitation d'un bar-buvette au Théâtre de la Concorde. Après deux consultations infructueuses en 2024 et 2025, l'Hôtel de Ville a enfin présenté un projet ficelé, porté par la société Le Traiteur Argentin, classée en première position face au concurrent unique Boya. Ce projet a satisfait les principaux critères : une logistique solide adaptée à l'absence de cuisine autonome de production sur place et un modèle d'économie circulaire adossé au zéro déchet avec contenants réutilisables. Du point de vue financier, l'exploitant a garanti une redevance plancher de 12 000 € par an adossée à un intéressement variable de 8,5 % du chiffre d'affaires.
Si nous nous sommes réjouis de voir ce dossier sortir de l’ornière pour animer le site, nous nous sommes interrogés sur le manque flagrant d’émulation économique avec seulement deux candidats. Des cahiers des charges parisiens trop rigides découragent les talents locaux.
Ces réserves exprimées, nous avons adopté cette délibération à l'unanimité.
Sport de proximité : l’héritage malmené des JO
Laurence RIOT LAMOTTE a rapporté la délibération 2026 DJS 108 octroyant 3 600 € de subventions annuelles de fonctionnement répartis entre deux clubs exemplaires de notre arrondissement, œuvrant pour l’inclusion par le sport.
D’un côté, l’Association sportive du lycée Racine, rue du Rocher, a reçu 1 100 € pour ouvrir le multisport scolaire à 140 adhérents et développer le tir à l'arc ou la musculation adaptés aux élèves handicapés. De l’autre, l’Expatriés International Triathlon Club of Paris, rue Laure Diebold, a obtenu 2 500 € pour ses 270 membres de 25 nationalités, proposant des entraînements solidaires de guidage pour athlètes malvoyants.
Nous avons regretté le gouffre entre les discours de l’Hôtel de Ville sur "l’héritage" des Jeux de 2024 et la réalité budgétaire, puisque l'AS du lycée Racine réclame 4 000 € pour financer son essor quand la Ville lui a jeté une aumône de 1 100 €. La Mairie centrale a brandi des totems bureaucratiques, empilé les critères complexes et appliqué un bonus-malus comptable qui a étouffé l'ambition de nos clubs au lieu de la libérer, alors même qu'ils ont dû faire avec un manque d'infrastructures sportives dans notre secteur.
Refusant l’obstruction qui punirait d'abord nos sportifs de quartier, nous avons adopté la délibération à l'unanimité.
Solidarité Seniors : Octave & Arpège face au défi du grand âge
La délibération 2026 DSOL 49 répartissait un montant global de 32 875 € de subventions de fonctionnement entre 9 associations parisiennes au titre du Schéma Seniors. J'ai salué l’engagement admirable de ces acteurs qui recousent au quotidien le tissu déchiré de la solitude de nos aînés. Mais j'ai rappelé les limites de l'ambition de l'exécutif. À l'échelle d'une capitale confrontée au défi du vieillissement, une telle somme relève davantage du saupoudrage que de la contribution à une véritable politique publique. Les structures ont pourtant besoin d'investissements structurelles pérennes.
Heureusement, nous nous sommes réjouis de la reconnaissance d'Octave et Arpège dans le 8e, dont la "Troupe du 3e Acte", dotée de 5 000 €, a prouvé que le talent n’a pas d'âge en écrivant une pièce inédite sur les enjeux climatiques.
Nous avons finalement adopté cette délibération à l'unanimité.
Accueil de la petite enfance : pour un service public moderne et humain
J'ai rapporté la délibération 2026 DFPE 253 sur l'approbation du nouveau règlement de fonctionnement des structures municipales d’accueil de la petite enfance. Les crèches sont un service de proximité essentiel à nos familles. J'ai salué des choix de bon sens, comme les forfaits horaires différenciés adaptés aux besoins réels des foyers, l’élargissement protecteur des exonérations tarifaires pour les accueils adaptés et la sanctuarisation de l’admission d’urgence pour les enfants vulnérables ou handicapés.
Nous avons toutefois exprimé une préoccupation. La délibération tend, sous couvert de modernisation, à imposer le déploiement généralisé d'un système de badgeage informatique obligatoire pour enregistrer les entrées et sorties des bébés. Pressée par la peur de devoir rendre des comptes à la CAF lors des contrôles a posteriori, la Ville transforme ainsi ses crèches en "usines à pointer".
Ceci étant dit, nous avons émis un avis favorable.
Salon d'Automne : l'excellence place de la Concorde
J'ai rapporté la délibération 2026 DAE 86 concernant une convention d’un an avec la société ABELIS pour l’organisation conjointe de la foire "Moderne Art Fair" et du mythique Salon d'Automne sur la place de la Concorde, du 12 octobre au 2 novembre 2026.
Si je souhaite de longue date réduire la suroccupation événementielle commerciale de cette place royale d'exception, confisquée et défigurée par exemple en 2018 près d'un jour sur deux par des manifestations marchandes, c'est aussi pour mieux valoriser son occupation par des événements patrimoniaux.
Dans le cas d'espèce, nous avons précisément su séparer le bon grain de l'ivraie. Le Salon d'Automne est une vénérable institution populaire née en 1903, dont la valeur culturelle et artistique est historiquement reconnue. Le projet respecte pleinement l’âme du site tout en valorisant nos artistes, s'engageant contractuellement à offrir une gratuité totale aux moins de 14 ans et étudiants en art, ainsi que 600 visites guidées scolaires.
Telles sont les raisons pour lesquelles nous avons adopté cette délibération à l'unanimité.
Insertion professionnelle : une abstention de principe
Erwan LECLERC a rapporté la délibération 2026 DAE 106 agglomérant une enveloppe massive de 3 115 000 € de subventions destinées à 100 structures de l'insertion par l'activité économique.
Certes, ce tremplin social concret a permis de soutenir des milliers de salariés parisiens les plus éloignés de l'emploi. Et nous soutenons pleinement sur le fond le principe même de l'insertion professionnelle par l'activité.
Mais nous avons pointé du doigt la cause réelle de cette détresse, que le document lui-même a reconnue noir sur blanc : ces structures ont été étranglées par des délais de paiement et des versements de subventions anormalement longs de la part de la municipalité parisienne. L’administration centrale a créé elle-même la crisis par sa lourdeur bureaucratique avant de se présenter en sauveur. Sur la forme, l'exécutif nous a de surcroît imposé un vote groupé d'un volume - liant 100 conventions distinctes en une seule décision globale - ne permettant pas aux élus de faire leur travail de contrôle individualisé sur les fonds publics.
Face à ce déni démocratique, la majorité a choisi l’abstention de principe.
Le Fonds d'animation locale "Vie associative et citoyenne" mobilisé pour des projets utiles
Rapportée par Ronan GUÉVEL, la délibération 2026 DDCT 100 a attribué une enveloppe globale de 10 000 € de subventions de fonctionnement répartis entre 6 structures au titre du Fonds d'animation locale (FAL) de notre arrondissement. Si le dispositif a mis en lumière le paradoxe d’une mairie centrale qui empile les concepts ronflants d'Acte 2 de la territorialisation tout en distribuant des enveloppes minimalistes, ce texte a été le fruit direct de nos choix de terrain.
Ces crédits, que nous avons fléchés avec soin, ont ciblé des projets utiles, avec par exemple 1 500 € pour l'association 3AC8 pour ses animations culturelles estivales au parc Monceau et 2 500 € à l’Office du Mouvement Sportif pour faire vivre l'héritage des Jeux de Paris 2024 auprès de toutes les générations.
Cette délibération a été adoptée à l'unanimité.
Plan alimentation durable : le verre est à moitié plein
J'ai rapportée la délibération 2026 DEVE 46 pour souligner que nous avons une fois de plus assisté à un grand numéro municipal de claquettes vertes où les intentions ont brillé tandis que le tiroir-caisse grincait.
Notre Caisse des écoles du 8e arrondissement, désireuse d'offrir le meilleur à nos enfants, avait déposé un projet global chiffré à 28 000 € pour acquérir des balances de précision et batteurs pour fabriquer des goûters maison, déployer des centrifugeuses anti-gaspillage dans 7 établissements scolaires, et investir dans des gobelets durables en inox pour éliminer le plastique pour 1 600 enfants. Mais l'arbitrage central a coupé, raboté et trié, et notre enveloppe finale s'est vue amputée de près d’un quart pour s'établir à 21 391 €, évinçant totalement les gobelets durables pour nos petits de maternelle.
C'est le paradoxe permanent de cette gouvernance qui vote des plans à n'en plus finir à longueur de tribunes mais resserre les cordons de la bourse dès qu'il faut armer les mains de ceux qui font tourner nos cuisines.
Ne boudant pas notre plaisir face au verre à moitié plein, nous nous sommes réjouis que ces crédits aillent directement sur le terrain pour la santé de nos rationnaires et avons émis un avis favorable.
Le quartier Beaujon bientôt territoire zéro déchet ?
Sylvie DAO-BERNA a rapporté la délibération 2026 DPE 21 attribuant 124 000 € de subventions à 9 associations œuvrant sur les territoires zéro déchet. Dans notre 8e arrondissement, c'est l'association 3 S Séjour Sportif Solidaire qui anime le quartier Beaujon depuis 2024. Le travail accompli par ces bénévoles constitue un modèle d'économie circulaire et de solidarité locale, fort de ses 84 animations l'an passé. Grâce à l’octroi d'une subvention de 10 000 € que nous avons soutenue, la structure pourra pérenniser son action, déployer des collectes en pied d’immeuble, lancer des ateliers de couture et de réparation de vélos, et poursuivre la sensibilisation des élèves de l'école Louis de Funès.
Nous avons déploré cependant l’asymétrie géographique flagrante imposée par l’exécutif parisien car quatre territoires de la géographie prioritaire ont capté à eux seuls plus de 61 % de la manne financière globale avec 76 000 €. Cette politique partisane rationne les budgets de l'ouest parisien tout en affichant l'objectif de réduire les déchets de 100 000 tonnes d'ici 2030.
Afin de protéger nos acteurs locaux, nous avons émis un avis favorable à l'unanimité.
A venir : du compostage de proximité dans l'arrondissement
J'ai rapporté la délibération 2026 DPE 25 visant à accompagner la valorisation à la source de nos déchets alimentaires, à travers l'octroi de 34 700 € de subventions de fonctionnement répartis entre trois associations.
Pour notre arrondissement, la bonne nouvelle a résidé dans l’extension territoriale de l’association L’Accueillette du 9e au territoire du 8e. Forte de l’enveloppe principale de 25 000 €, cette structure va venir faire germer un nouveau réseau local, offrant un précieux soutien logistique et des ateliers pratiques aux copropriétés et établissements scolaires de notre arrondissement.
Nous avons émis un avis favorable unanime sur cette délibération.
Pratiques artistiques amateurs : faire vivre l'école Octave et Arpège
Rapportée par Laurence RIOT LAMOTTE, la délibération 2026 DAC 191 visait à allouer une enveloppe globale de 40 000 € à 10 associations parisiennes de pratiques artistiques amateurs, dont l’offre de proximité vient utilement compléter l’action indispensable de nos conservatoires municipaux.
Pour le 8e, l’association Octave et Arpège s'est vue allouer une subvention de fonctionnement de 3 000 €. Depuis 1991, cette école réalise un admirable travail musical et théâtral pour 350 élèves, impliquant directement les familles à travers des cours adaptés et innovants, avec depuis 2026 de nouveaux cours de musique assistée par ordinateur, complétant parfaitement le conservatoire Camille Saint-Saëns.
Nous avons bien sûr regretté la petitesse de ce montant car 3 000 € pour couvrir l’année d’une telle école représente à peine 0,57 % de son budget global d’action.
Malgré cette gestion au compte-gouttes, la délibération a été adoptée à l'unanimité.
Cinq associations aidées par le Fonds d'animation locale "Culture"
Rapportée par Laurence RIOT LAMOTTE, la délibération 2026 DAC 365 concernait des subventions d'un montant de 10 000 € au total pour 5 associations au titre du Fonds d'animation locale (FAL) "culture" attribué au 8e arrondissement.
En tête, La Girafe Lyrique a obtenu 4 000 € pour un concert choral participatif d’excellence au Théâtre des Champs-Élysées, dont l’intégralité des bénéfices est reversée à l’Institut Pasteur pour la recherche sur la santé mentale, thématique majeure de l’année.
Nous avons soutenu également à hauteur de 1 500 € chacun Allegro Pianissimo pour l’initiation musicale d'enfants porteurs de handicaps, Les Amis de la place Clichy pour un parcours d'expositions célébrant le bicentenaire de la photographie dans nos commerces, L’Invincible Été pour ses ateliers chorégraphiques, et Magriff pour ses performances poétiques de rue, menant à une adoption unanime.
Champs-Élysées : le kiosque innovant de Timescope plébiscité
Rapportée par Erwan LECLERC, la délibération 2026 DAE 147 concernait l'attribution d'un emplacement commercial sur le domaine public au 115 de l’avenue des Champs-Élysées pour l'exploitation expérimentale d'un kiosque hors presse pour une durée de cinq ans.
C’est le projet "Time Travel Kiosk" de la société Timescope, qui l’a emporté, s'appuyant sur l'expertise de 150 expériences immersives en Europe. Les utilisateurs pourront voyager dans le temps pendant 15 minutes, découvrant l’histoire de la plus belle avenue du monde du XVIIe siècle à ses mutations contemporaines.
L'ancrage économique local est réel grâce à un partenariat fort avec le Comité des Champs-Élysées, un cofinancement à 50/50 des 291 000 € d’investissement, un tarif accessible fixé à 9,90 €, une billetterie dématérialisée et la création de 5 emplois directs. L'opération est saine pour les finances municipales puisqu'elle devrait rapporter une redevance annuelle de 35 910 € à la Ville.
Malgré la méthode centralisatrice de l’Hôtel de Ville qui n'a associé notre Mairie du 8e arrondissement que pour la sélection finale, nous avons émis un avis favorable unanime sur cette délibération.
L'avenir conditionnel de la logistique urbaine
Rapportée par Sylvie DAO-BERNA, la délibération 2026 DVD 66 méritait notre attention car elle abordait l'avenir de la logistique parisienne, un enjeu pour l'activité économique et la qualité de vie dans l'arrondissement.
Les actions soutenues allaient globalement dans le bon sens puisque l’accompagnement proposé par l’association Certibruit pour 5 000 € est positif pour les quartiers résidentiels. Favoriser les livraisons silencieuses en horaires décalés, grâce à des matériels certifiés sous la barre des 62 décibels, est une réponse pragmatique pour désengorger les axes saturés en journée tout en protégeant le sommeil des riverains.
De même, l’essor de la cyclo-logistique porté par Les Boîtes à Vélo-France par deux subventions de 25 000 € offre des solutions d'avenir pour le dernier kilomètre.
Là comme ailleurs, la prise en compte de l'intérêt des riverains est déterminante. Cette condition rappelée, nous avons émis un avis favorable unanime sur cette délibération.
Paris Initiative Entreprise : un bouclier pour les entrepreneurs
Rapportée par Erwan LECLERC, la délibération 2025 DAE 11 concernait le soutien financier à l'association Paris Initiative Entreprise pour la mise en œuvre du "Dispositif Local d'Accompagnement".
Ne boudons pas notre plaisir : un taux de survie à 5 ans de 87 % pour les entreprises accompagnées par Paris Initiative Entreprise constitue une performance et un bouclier contre la précarité entrepreneuriale. L'association, idéalement implantée boulevard Malesherbes, a prouvé l'efficacité des prêts d'honneur et des diagnostics ciblés. Le "Dispositif Local d'Accompagnement" a démontré son utilité concrète en soutenant plus de 300 emplois l'an dernier.
Nous avons simplement regretté les angles morts de la politique de la Mairie centrale : à force de flécher la plupart des dispositifs vers les seuls critères de l’économie sociale et solidaire, elle a tendance à oublier en chemin tout un pan du commerce traditionnel. Nos artisans, TPE de quartier et indépendants ont subi de plein fouet l'inflation et les crises de mobilité sans jamais voir la couleur de ces ingénieries gratuites...
Afin d'encourager nos entrepreneurs locaux, nous avons finalement émis un avis favorable pour que la Ville de Paris soutienne l'association Paris Initiative Entreprise (avec une enveloppe de 70 000 € et une adhésion de 500 €).
Questions / réponses avec le public : du pragmatisme face aux dysfonctionnements du quotidien
Pour cette première permise par notre nouveau Règlement intérieur, j'ai répondu de façon à trois questions de deux administrés importantes pour la vie de nos quartiers.
Interrogée en premier lieu sur les aberrations successives ayant fractionné la circulation de la rue de Monceau entre le boulevard Malesherbes et l'avenue de Messine, j'ai partagé le constat exaspéré des riverains. Les multiples essais pratiqués depuis 2024 pour couper le trafic de transit ont engendré des reports de circulation non prévus et chaotiques, saturant la rue de Vézelay puis déversant début 2026 un flux massif depuis la rue de Téhéran. Tranchant avec pragmatisme, j'ai décidé de dire "stop" et j'ai demandé à la Direction de la voirie et des déplacements (DVD) de la Ville de Paris le rétablissement intégral du plan de circulation initial, qui a été confirmé pour une réalisation à la mi-septembre. C'est un retour à la raison rendu d'autant plus nécessaire que la création de la "rue aux écoles" en haut de la rue de Monceau limite le risque de report en provenance du boulevard des Batignolles.
La même personne m'a alertée sur la dangerosité des comportements de nombreux cyclistes et le sentiment d'insécurité que font naître chez elle les contre-sens cyclables. J'ai rappelé le cadre réglementaire. En vertu de l'article R412-28-1 du Code de la route, les "zones 30" sont de plein droit à double sens pour les cyclistes et l'autorité de police ne peut y déroger qu'en cas de péril technique documenté, faisant de la suppression de ce contre-sens une impossibilité légale. En revanche, si la loi a accordé un droit, elle a également imposé des devoirs, et pour responsabiliser les usagers, nous, élus de la majorité, avons fait adopter lors de notre précédent conseil un vœu exigeant que la Ville de Paris lance des campagnes massives de communication. En tout état de cause, le respect de la vulnérabilité des usagers les plus fragiles reste une obligation d’ordre public.
La seconde question a porté sur le devenir des travaux de végétalisation de la rue et de la place François 1er, promis pour 2025 dans le cadre de la programmation "Embellir votre quartier - Triangle d'Or", validée en Copil fin 2024 et présentée aux habitants. Ma réponse a été factuelle. A la suite du changement de mandature à l’Hôtel de Ville et compte tenu de l’évolution des orientations financières globales de la municipalité parisienne, les arbitrages centraux ont changé. La Ville de Paris a décidé de concentrer ses finances sur une seule opération structurante majeure par arrondissement, gelant tous les autres projets initialement projetés, ce qui fait que le lancement des travaux n’est officiellement plus d’actualité. Avec ma majorité, nous restons pleinement mobilisés pour engager un dialogue budgétaire offensif en vue du Budget primitif 2027 et nous ne manquerons pas de revenir vers vous dès que des arbitrages fermes nous seront communiqués.


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