Démocratie participative, commerce de proximité, PMI... En Conseil d'arrondissement, le 8e prend son destin en main
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Le deuxième Conseil d'arrondissement de la mandature, qui s'est tenu le mardi 2 juin, fut un moment d'orientations politiques importantes. Pendant plus de deux heures, nous avons déroulé une feuille de route alternant innovations démocratiques locales, bonne gestion budgétaire et critiques bien senties contre la bureaucratie de l'Hôtel de Ville (voir l'ordre du jour). Un Conseil qui pose les fondations d'un arrondissement résolu à ne pas se laisser dicter sa conduite par la Mairie centrale. Récit d'une séance où la démocratie de proximité a repris le volant !
Sommaire
Rue du Rocher : la majorité refuse de laisser le chantier au milieu du gué
Parc Monceau : l'expérimentation pour les chiens va enfin pouvoir reprendre
Saint-Augustin : un marché alimentaire pour réveiller le quartier
Affichage sauvage : carton rouge contre les pirates du street marketing
Démocratie participative : le règlement intérieur fait sa mue
Chauffage des écoles, chantiers de voirie... le budget décortiqué
Théâtre du Rond-Point : subvention votée, mais attention à l'indépendance artistique
Salles obscures : Le Balzac et Le Lincoln mis au régime sec par l'Hôtel de Ville
Espace Beaujon : carton plein pour 3AC8 malgré la redevance de la mairie centrale
Collèges Condorcet et Gréard : des ordinateurs pour les autres, des miettes pour le 8e
Cantines scolaires : simplifier la vie sans perdre en proximité
Restaurant Laurent : 5 millions de travaux privés et un zeste de lourdeur administrative
Recyclage : l'Est parisien rafle la mise, le 8e vote contre son exclusion
"Pastillage" : l'état des finances municipales fait reculer le dogme du PLUb
Marchés parisiens : oui au Groupe Bensidoun, haro sur la spoliation commerciale !
Berceaux parisiens : l'enveloppe pour ABC Puériculture votée sur fond de crise de la petite enfance

Rue du Rocher : la majorité refuse de laisser le chantier au milieu du gué
Notre majorité a d'emblée profité de ce conseil pour envoyer un message clair à l’Exécutif parisien : hors de question de laisser l'espace public urbain au milieu du gué. Notre vœu concernait l’achèvement de la "rue aux écoles" sur la rue du Rocher, entre les rues de Vienne et de Laborde. C'est une priorité politique et donc budgétaire. Si la première phase de sécurisation piétonne pour les lycéens de Racine est un succès indiscutable, l’interruption actuelle des travaux prive l’artère de sa cohérence environnementale et esthétique.
Le projet initial prévoyait en effet la plantation de 10 arbres et l'installation de 7 jardinières pour briser l’austérité minérale de la chaussée. Les riverains attendent cette respiration verte et nous refusons la politique de la demi-mesure. L’impératif est aussi économique : la réduction du transit automobile ne doit pas faire péricliter les commerces de proximité par manque de passage. La végétalisation doit devenir le moteur de l'attractivité de la voie pour inciter les piétons à flâner et consommer. Constatant que depuis les récents remaniements à l’Hôtel de Ville, les financements semblent plus incertains, notre Conseil a voté à l'unanimité ce vœu exigeant que le Maire de Paris et son Adjoint à l'espace public intègrent d'urgence cet arbitrage budgétaire dans leur feuille de route pour une finalisation rapide sur la période 2026-2027.
Rendons aux familles leur PMI perdue
"Huit ans que le 8e arrondissement est le grand oublié de la petite enfance. On ne retient pas les parents avec des discours, on les retient avec des berceaux, des médecins et des structures de proximité !" C'est un véritable cri du cœur, mâtiné d'une exigence de justice territoriale, que j'ai porté à travers un vœu demandant que soit recréé un centre de Protection Maternelle et Infantile (PMI) permanent de plein exercice. Depuis la fermeture définitive, le 9 juillet 2018, de l'unique structure de la rue Laure Diébold, le 8e arrondissement est une exception sur la carte parisienne, contraignant les parents et leurs nourrissons à un véritable parcours du combattant médical hors de leurs frontières géographiques.
Tout en saluant l'action remarquable de la CPTS Paris 8 qui a déployé un système de "PMI hors les murs" pour colmater les brèches béantes laissées par la municipalité centrale, j'ai rappelé que le nomadisme médical et le "système D" ont leurs limites. La santé des nouveau-nés exige un ancrage physique permanent, des repères et des équipes pluriprofessionnelles stables. La Ville elle-même admet implicitement ce besoin criant en organisant des ateliers de santé ponctuels au numéro 28 de cette même rue Laure Diébold.
Nous avons donc voté un vœu demandant que la Mairie de Paris engage une concertation avec l'arrondissement et la CPTS afin d’identifier des locaux adaptés dans le patrimoine public et de sanctuariser les crédits budgétaires nécessaires aux travaux et aux recrutements.
Parc Monceau : l'expérimentation pour les chiens va enfin pouvoir reprendre
Le conseil a été le théâtre d’un "rebondissement" concernant le vœu relatif à la reprise de l’expérimentation de l’espace de liberté pour les chiens au parc Monceau. J'ai annoncé le retrait pur et simple de ce projet de voeu, devenu nul et non avenu après qu’un accord pragmatique de dernière minute a été conclu avec l'Exécutif parisien. Après le succès de l'édition 2025 financée par la mairie du 8e, la direction des espaces verts (DEVE) avait avancé mi-mai des scénarios de reprise étriqués, sabrant la surface de 5 000 m² à seulement 1 000 ou 2 000 m². Une impasse opérationnelle propice aux conflits d’usages face aux 500 canidés recensés sur le secteur.
La négociation politique a débouché sur un compromis. Après plusieurs semaines d'échanges, le dispositif final acté avec la Mairie de Paris fixe la surface à 2 500 m², soit plus du double de l'une des propositions initiales de l’Hôtel de Ville. Le créneau horaire que nous avions préconisé est validé : priorité absolue à la liberté matinale "élargie" de 7 heures à 11 heures, moment où la fréquentation générale du parc est faible. Pour sécuriser le site et préserver les pelouses, des conditions carrées ont été fixées : présence obligatoire d’un animateur canin sur tout le créneau, délimitation stricte par des grilles pour canaliser l'espace et l'hygiène, et présence renforcée de la police municipale pour éviter tout débordement en dehors des heures. L’expérimentation doit reprendre dès ce mois de juin pour le plus grand bonheur des quadrupèdes et de leurs propriétaires.
Des campagnes de communication contre les incivilités
"Paris ne peut plus être la capitale de l’impunité routière et du laisser-aller écologique ! Le piéton est le roi de l’espace public, pas la cible !" C'est un réquisitoire contre l’incivilité qu’a dressé mon Adjointe Sylvie DAO-BERNA en présentant son vœu visant à faire adhérer au civisme par une communication d'envergure.
Nous refusons en effet de fermer les yeux sur deux fléaux du quotidien. D’une part, la "vélorution" parisienne qui vire encore trop souvent à la loi de la jungle, où la massification des nouvelles mobilités transforme le piéton vulnérable en espèce menacée sur ses propres trottoirs, entre feux rouges grillés et refus de priorité. D’autre part, le désastre écologique, financier et sanitaire des jets de mégots sur la voie publique : un seul filtre empoisonne 500 litres d’eau et met dix ans à se dégrader, constituant un véritable sabotage environnemental qui coûte une fortune en frais de ramassage.
Face à l'insuffisance d'une approche purement répressive, nous nous étonnons du mutisme de la Ville de Paris, qui dispose pourtant d'une force de frappe médiatique colossale via ses réseaux d'affichage. Le conseil a ainsi adopté à l'unanimité un vœu amendé - exigeant le déploiement sous six mois de deux campagnes de communication "choc" et percutantes sur le mobilier urbain (abribus, colonnes Morris, etc.) à destination de tous les usagers de l'espace public, y compris les automobilistes et les pilotes de trottinettes, avec une densité renforcée dans le 8e arrondissement, vitrine internationale de la capitale, et une rotation annuelle obligatoire pour ancrer durablement ces réflexes civiques.
Saint-Augustin : un marché alimentaire pour réveiller le quartier
Le secteur Saint-Augustin est en train de perdre son âme commerçante sous les coups de boutoir d’une érosion silencieuse de sa diversité commerciale. Face à ce constat alarmant, accentué par la fermeture temporaire annoncée du Monoprix Saint-Augustin - véritable poumon et locomotive du quartier pour les personnes âgées ou isolées -, mon Adjoint Erwan LECLERC est monté au créneau. "Notre rôle d'élu, c'est d'anticiper, de protéger et d'innover", a-t-il rappelé, refusant d'attendre passivement que le rideau de fer se relève.
La solution ? Transformer cette crise en opportunité en lançant l'expérimentation d’un marché alimentaire hebdomadaire de plein vent sur la place Saint-Augustin. Le secteur dispose de tout l'espace et du potentiel nécessaires pour accueillir, un à deux jours par semaine, des artisans de qualité offrant des produits frais et en circuits courts. Conçu en parfaite synergie et complémentarité avec le marché existant de la Madeleine, ce projet vise à réinjecter de la vie et de la convivialité là où le vide menace de s'installer.
Le vœu, voté avec enthousiasme, demande à la Ville de Paris d'engager immédiatement une étude de faisabilité pour un test de six mois renouvelables, co-construit avec les riverains, avant d'envisager sa pérennisation.
Affichage sauvage : carton rouge contre les pirates du street marketing
Le 8e arrondissement, joyau du patrimoine parisien, ne tolérera plus de ressembler à un panneau d’affichage à ciel ouvert pour multinationales sans scrupules. J'ai présenté un vœu ciblant la prolifération de l’affichage sauvage et le street marketing clandestin. En levant un coin du voile : ce fléau n'est pas le fait de militants isolés ou de graffeurs romantiques, mais d'un business ultra-lucratif orchestré par des agences spécialisées (Urban Act, Sauvage 111, Anolis, etc.) qui intègrent cyniquement le coût dérisoire des amendes actuelles dans leurs budgets généraux.
Avec ma majorité, nous avons dénoncé la complaisance historique, voire la schizophrénie de l'Exécutif parisien, qui confiait encore récemment ses propres campagnes du Budget participatif ou de la Nuit Blanche à ces agences pirates. "On ne peut pas demander la propreté le jour et financer les saccageurs la nuit", ai-je cinglé. De plus, en négligeant ses propres obligations sur les quotas d'affichage libre, la Ville fragilise juridiquement ses procédures devant le Tribunal administratif.
Le conseil d'arrondissement a donc adopté un voeu de rupture : exclusion définitive de ces agences des marchés publics, automatisation de la facturation d'office des frais de nettoyage aux donneurs d'ordre pour les toucher au portefeuille et expérimentation immédiate des rubalises d'enquête pour marquer l'infraction visuelle, tout en interpellant le Gouvernement pour durcir les sanctions pénales contre les exécutants.
Sauver la mobilité des artisans et des soignants
C’est un plaidoyer vibrant pour les forces vives de l'économie de proximité qu'a délivré mon Adjoint Erwan LECLERC en rapportant le vœu relatif à l'élargissement urgent des codes NAF éligibles au statut de stationnement professionnel. S'appuyant sur le Livre blanc de la CPME Paris de décembre 2025, l'élu a dépeint une capitale qui s'asphyxie et paralyse ceux qui la font vivre. Derrière la vitrine internationale étincelante, l'économie réelle s'effondre : bond historique de 22 % des défaillances d’entreprises en un an et fuite massive de 136 000 habitants en dix ans.
Dans cette jungle urbaine, la mobilité est devenue une rupture opérationnelle majeure. Chaque automobiliste perdant 237 heures par an dans les bouchons. La politique de stationnement actuelle, jugée pénalisante par 82 % des chefs d’entreprise, relève du dogmatisme routier pur. Ses conséquences sont dramatiques : un artisan sur dix refuse désormais de prendre des chantiers dans le centre, et un tiers des médecins envisagent d’abandonner les visites à domicile, condamnant les Parisiens les plus fragiles à l’isolement médical. La faute à une arme de bureaucratie massive : une nomenclature de codes NAF obsolète et verrouillée qui exclut indûment la livraison du dernier kilomètre, les déménageurs, le nettoyage industriel, l’aide à domicile ou les ostéopathes.
Pour cesser de verbaliser ceux qui nous soignent et nous dépannent, ma majorité a voté un vœu exigeant la révision des critères, la création d'une commission de recours partenariale pour coller au réel des métiers et la mise en place d'un guichet unique au délai de traitement resserré.
Démocratie participative : le règlement intérieur fait sa mue
"Le règlement intérieur d’une assemblée n’est pas une corvée juridique ou un empilement de règles austères. C'est le cœur battant de notre démocratie locale, la boussole de nos débats et le pacte de confiance qui nous lie aux habitants". C’est par ces mots que j'ai introduit la discussion du nouveau règlement intérieur. Obligation légale post-installation, le 8e arrondissement s'est doté d'un texte qui "secoue un peu les habitudes et dépoussière l'institution". Si le document organise de manière rigoureuse le fonctionnement technique de l'assemblée (quorum, votes, pouvoirs, etc.) et sanctuarise le pluralisme en octroyant à l'opposition un local ainsi qu’un quart de l'espace d'expression dans le bulletin municipal, c’est son Titre VII qui acte un véritable "big bang".
Fini les débats sous cloche, place à une démocratie plus "vivante". Le texte introduit de nombreuses innovations : les représentants associatifs du CICA auront désormais voix consultative aux débats, chaque conseil de quartier pourra déposer un vœu par an examiné à l'égal de celui d'un élu, et les séances seront intégralement filmées et retransmises en direct au nom d'un devoir de transparence. Mieux encore, un droit de pétition citoyenne automatique est créé : 1 000 signatures d'habitants, et le sujet s'invite d'office à l'ordre du jour sous deux mois, sans filtre ni censure. Enfin, pour clore les séances officielles, une période d’échanges de trente minutes permettra au public de poser des questions directes d'intérêt local pour des réponses orales immédiates. Un arsenal audacieux adopté à l'unanimité.
Finances 2025 : des comptes tenus à l'euro près
La froideur apparente de la reddition des comptes n'a pas refroidi l'ardeur de mon Premier Adjoint, Éric SCHAHL, au rapport pour l’avis sur l’exécution du compte de gestion de l’État spécial de l’exercice 2025. Derrière le jargon technique, il a salué un véritable "exercice de vérité" consistant à vérifier la stricte concordance entre les écritures de l'ordonnateur et celles du comptable de la Direction régionale des finances publiques (DRFIP).
L'analyse financière de l'année 2025 démontre une discipline et une gestion protectrices de l’argent des contribuables : des dotations perçues à hauteur de 2,95 millions d'euros, des dépenses tenues à 2,73 millions, pour se solder par un excédent de plein droit reporté de 225 948,71 euros. L'analyse par section confirme cette rigueur : l'investissement dégage un solde positif de 46 131,30 euros, tandis que le fonctionnement culmine à près de 180 000 euros d'excédent (en savoir plus).
À l'heure où l'argent public se raréfie, le 8e prouve qu'il sait piloter à l'euro près, sans surchauffe ni effets de manche. L'avis rendu a été, en toute logique, favorable.
Chauffage des écoles, chantiers de voirie... le budget décortiqué
Conformément à la règle s'agissant de l'examen du compte administratif, je me suis éclipsée de la salle du Conseil. "Mais rassurez-vous, la majorité reste à la barre !", a immédiatement lancé le rapporteur Éric SCHAHL. Ce compte administratif 2025, miroir de l’action passée avant son examen final par le Conseil de Paris en juin, révèle un budget tenu au centime près, soit dit en passant à des années-lumière des dérives financières de l'échelon municipal supérieur...
Avec 2 730 788,10 euros de dépenses exécutées, le cœur du budget concerne nos équipements de proximité, qui captent près de 79 % des crédits, soit plus de 2,1 millions d'euros. Un choix pleinement assumé par la majorité, malgré l'impact de plein fouet de l'inflation énergétique, les fluides dévorant à eux seuls près de 19 % de l'enveloppe pour chauffer les écoles et éclairer les crèches. Le reste du budget valide la préparation de l'avenir : plus de 8 % injectés dans la rénovation des bâtiments scolaires et de la mairie, et 6,5 % dédiés à l’investissement pur en voirie et mobilier de proximité. Quant au solde positif de 225 948,71 euros, le rapporteur a balayé toute illusion d'optique : ce n'est pas un trésor thésaurisé, mais le reflet de chantiers engagés et de factures en cours de traitement, les 2,63 % de crédits restants devant retourner dans les tuyaux de la Ville lors du budget supplémentaire (en savoir plus).
Un compte carré, sain et transparent, validé par un avis favorable enthousiaste.
Théâtre du Rond-Point : subvention votée, mais attention à l'indépendance artistique
La culture a occupé une place de choix avec l'examen du projet de délibération portant sur le solde de la subvention annuelle de fonctionnement (1 095 000 euros, portant l'aide globale 2026 à 2 190 000 euros) allouée à la SARL Théâtre du Rond-Point. La rapporteure, la conseillère déléguée Laurence RIOT LAMOTTE, a salué le dynamisme exceptionnel de cette institution de l'avenue Franklin D. Roosevelt, véritable vitrine contemporaine dont la hausse de fréquentation auprès des jeunes publics mérite le soutien de la puissance publique pour garantir sa stabilité financière.
L'une des évolutions du dossier résidait dans l'avenant intégrant un article 24 dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et à la protection des mineurs. Formalisation d’un protocole interne, désignation d’un référent, formation des équipes et contrôle strict d’honorabilité des encadrants : sur ces sujets, la majorité a (ré)affiché son principe de tolérance zéro absolue. "Pas de quartier pour les prédateurs, pas de subventions pour les complaisants", a martelé l'assemblée. Cependant, les élus ont émis une critique de fond quant à la méthode de la Mairie centrale, alertant contre le risque de transformer ce protocole, adossé à des questionnaires sur la plateforme Paris Asso, en une dérive bureaucratique, inquisitrice ou en "flicage" idéologique.
Dénonçant une vision dirigiste et rigide de la politique culturelle à travers des critères parfois RSE déconnectés de l'agilité d'une structure de droit privé, la majorité a voté pour la subvention tout en promettant de veiller comme le lait sur le feu à l'indépendance artistique de la direction.
Mémoire combattante : une dette d'honneur envers la FNACA
C’est un texte teinté de devoir de mémoire et de tiraillements politiques qu’a rapporté mon Conseiller délégué Ronan GUEVEL concernant la délibération d'attribution d'une enveloppe globale de 42 400 euros à la Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc, Tunisie (FNACA). Localement, le dispositif alloue une subvention de 1 000 euros au dynamique comité du 8e arrondissement, domicilié rue Vernet, qui compte 39 adhérents sous la présidence de Jean-François SALAHUD. Un choix du cœur et du respect pour une structure qui entretient la flamme patriotique et brise l'isolement de nos anciens.
Nous avons toutefois refusé de signer un blanc-seing quant à la méthode de la Direction des affaires culturelles (DAC) de la Ville de Paris, fustigeant le triomphe du "saupoudrage budgétaire généralisé". Distribuant les aides à l'aveugle de manière uniforme entre treize comités parisiens, l'Hôtel de Ville apparaît déconnecté des réalités démographiques et du volume réel d’activités des antennes. L'octroi centralisé de 30 000 euros au Comité départemental, sans que les mairies d'arrondissement n’aient le moindre droit de regard sur les actions de transmission mémorielle menées dans leurs propres écoles, illustre la dérive jacobine "canal historique" de l'Exécutif parisien.
Refusant de prendre les bénévoles et les anciens combattants en otages de ces désaccords politiques, nous avons néanmoins voté favorablement, tout en exigeant une refonte totale de ce système de subventionnement des associations.
Salles obscures : Le Balzac et Le Lincoln mis au régime sec par l'Hôtel de Ville
La délibération 2026 DAC 347, rapportée par la Conseillère déléguée Laurence RIOT LAMOTTE, a provoqué une passe d’armes feutrée sur les orientations culturelles de Paris. Le texte prévoit une enveloppe de 934 500 euros pour soutenir 37 salles de cinéma indépendantes d'Art et Essai. Dans le 8e, deux bastions historiques des Champs-Élysées sont concernés : Le Balzac (38 000 euros) et Le Lincoln (15 000 euros). Si la majorité s'est réjouie de la reconduction de ces aides indispensables pour des structures qui font rayonner le 7e art et participent à l'éducation à l'image des jeunes, elle a mis en lumière une différence de traitement financier révoltante.
Face aux loyers et aux charges d’exploitation qui flambent sur les Champs-Élysées, ces dotations ne représentent que la portion congrue de leurs budgets respectifs : 3 % pour Le Balzac et à peine 1,7 % pour Le Lincoln. Nous avons aussi pointé du doigt les choix dogmatiques de la Mairie centrale qui privilégie massivement de nouveaux modèles militants, à l'instar de l'affichage politique autour de la réouverture du cinéma La Clef dans le 5e arrondissement, subventionné pour un projet de programmation collective bénévole déconnecté des réalités du marché et basé sur la tarification au "prix libre".
Exigeant que l'argent du contribuable serve à consolider le tissu économique de proximité plutôt qu'à financer des utopies sociologiques de quartier, la majorité a voté pour, afin de soutenir ses exploitants en détresse, tout en dénonçant une politique culturelle à deux vitesses.
Espace Beaujon : carton plein pour 3AC8 malgré la redevance de la mairie centrale
La gestion du Centre Paris Anim’ Beaujon, fleuron de l’animation locale situé rue du Faubourg Saint-Honoré, arrivait à un tournant contractuel. Le rapporteur, mon Conseiller délégué Ronan GUEVEL, a présenté le projet de délibération visant à confier sa gestion par délégation de service public à l’association 3AC8 pour une durée de cinq ans. Un choix pragmatique et d'excellence pleinement soutenu par la majorité, qui a salué le bilan de ce partenaire de confiance aux commandes depuis 2021. L’association affiche une gestion financière saine et rigoureuse, matérialisée par un taux de couverture des charges par les recettes propres culminant à 64 % après négociations. Le projet d'animation est solide : plus de 4 500 heures d’activités régulières, des ateliers numériques, le festival Révolutions et une intégration intergénérationnelle exemplaire avec la Résidence Beaucour pour seniors.
Pour autant, la tentation centralisatrice de la Mairie centrale a fait grincer des dents. Notre majorité a vivement déploré l'exigence par l'Hôtel de Ville d'une redevance annuelle de 13 500 euros sur cet équipement de proximité, laquelle s'apparente à une "taxe injuste sur l'animation locale" consistant à faire les poches des quartiers pour renflouer les caisses centrales.
Regrettant également le manque d'autonomie financière réelle face aux arbitrages centralisés de la Direction de la Jeunesse et des Sports (DJS) de la Ville de Paris, la lourdeur idéologique des clauses d'affichage obligatoires et la volonté de formater la jeunesse locale en l'alignant de force sur le dispositif parisien "Quartier Jeunes", le conseil a toutefois voté pour la convention, exclusivement dans l'intérêt supérieur des habitants du 8e.
Collèges Condorcet et Gréard : des ordinateurs pour les autres, des miettes pour le 8e
Le budget des collèges parisiens est passé sous la loupe attentive de mon Adjointe Stéphanie MAMAN, rapporteure de la délibération DASCO 26 relative aux dotations complémentaires de fonctionnement, d’équipement et de travaux pour 2026. L’effort financier fléché vers les deux établissements publics locaux du 8e arrondissement a été salué comme une série de mesures de bon sens : le collège Octave Gréard décroche une enveloppe de 2 000 euros pour la valorisation et l'entretien de sa cour Oasis, et les collèges Condorcet et Gréard reçoivent chacun un forfait de 1 175 euros pour la matière d’œuvre, redonnant de l'autonomie concrète aux agents de terrain pour exécuter les petites réparations sans s'enliser dans la paperasse administrative. De même, la prise en charge de travaux de sécurisation technique urgents (9 163 euros pour le portail et le système incendie de Gréard, 6 861 euros pour l’ascenseur et la dératisation à Condorcet) a été validée comme le strict minimum vital.
Mais le vernis de cette générosité s’est vite écaillé lors de l’examen du volet investissement technologique. La majorité a déploré avec une iniquité territoriale : alors que la Ville de Paris débloque 154 000 euros pour renouveler intégralement les parcs informatiques de onze collèges parisiens à raison de vingt ordinateurs neufs par établissement, aucun collège du 8e arrondissement n’a été intégré au dispositif. "Nos collégiens n'auraient-ils pas droit, eux aussi, à la modernité technologique ? Sont-ils condamnés à coder sur des machines d'un autre temps ?", s’est interrogée Stéphanie MAMAN. Même oubli pour les subventions d'équipement de rechange administratifs ou de réfectoires qui volent vers d'autres horizons.
Refusant toute obstruction stérile qui pénaliserait la sécurité des enfants, la majorité a voté en faveur des crédits tout en promettant de mener la bataille pour que le 8e cesse d'être l'angle mort de la transition numérique scolaire.
Cantines scolaires : simplifier la vie sans perdre en proximité
Trois délibérations concernant les Caisses des écoles (DASCO 35, 36 et 43), rapportées par Stéphanie MAMAN, présentaient ensuite un double visage : d'un côté, la promesse d'une modernisation du service public attendue pour les parents d'élèves ; de l'autre, la menace d'une mainmise bureaucratique croissante de l'Hôtel de Ville.
Si la majorité du 8e arrondissement a voté en faveur de ces délibérations au nom de la simplification administrative et de la sécurité des données, ce choix s'est accompagné d'un "coup de griffe" contre la tentation centralisatrice de la Mairie de Paris. Cette réforme administrative soulève trois principaux enjeux. Certes, l'intégration de la Caisse des écoles du 8e au dispositif "Paris Familles" dès ce 1er septembre 2026 offre un parcours fluide aux usagers (paiement en ligne, inscriptions unifiées, etc.). Sur le plan opérationnel, déléguer la gestion comptable et le recouvrement des impayés aux services centraux offre aussi l'avantage de libérer la Caisse des écoles, lui permettant de se recentrer sur ce qui compte vraiment : la qualité de l'assiette, les circuits courts et la sécurité sanitaire. Pour autant, la majorité refuse de voir les relations humaines et le calcul du quotient familial "dissous" dans de froids algorithmes ou des chatbots parisiens. Paris n'est pas un bloc monolithique et les mairies d'arrondissement doivent pouvoir conserver leurs interlocuteurs en chair et en os ainsi que leur agilité de terrain. Enfin, nous devrons veiller à ce que l'Hôtel de Ville, en centralisant la perception des recettes familiales, ne réalise pas un véritable hold-up sur l'autonomie budgétaire des arrondissements, transformant les Caisses des écoles en simple quémandeuses de subventions compensatoires. Les glissements sémantiques du contrat (où le terme "confie" remplace "délègue") et la réduction du préavis de rupture à trois mois peuvent apparaître de ce point de vue comme des manœuvres pour ravaler l'arrondissement au rang de simple exécutant technique.
En clair, la majorité a voté "pour" ces délibérations afin de contribuer à améliorer le confort des familles, mais elle sera très vigilante pour que la modernisation numérique ne serve pas de cheval de Troie à un double mouvement de recentralisation politique et de désengagement financier de la Mairie centrale. Oui à la simplification de la vie des parents et de la Caisse des écoles, mais non à la perte de proximité !
Restaurant Laurent : 5 millions de travaux privés et un zeste de lourdeur administrative
C’est un "monument" de la gastronomie et de l’événementiel du 8e arrondissement qui s'est invité à l'ordre du jour avec la délibération 2026 DFA 16 rapportée par mon Adjoint Erwan LECLERC. Il s’agissait d’autoriser l’avenant n°2 au contrat de concession de travaux de l’établissement historique "Laurent", somptueux pavillon municipal niché avenue Gabriel au sein du Carré Marigny, sur la promenade des Champs-Élysées. Cet avenant visait à acter une clarification radicale de sa gouvernance à la suite d’une restructuration actionnariale : la cession complète des parts de Vinocea à la société Noctis Event, menée par Laurent de GOURCUFF, qui possède désormais 100 % du capital social et détient l’intégralité des pouvoirs de direction.
Le premier enseignement de ce dossier est un succès éclatant pour le domaine public : le programme contractuel d'investissements de restructuration lourde, s'élevant à un montant minimal de 5,3 millions d'euros hors taxes, a été réalisé en quasi-totalité par l'exploitant privé à ses frais exclusifs, dans le strict respect des contraintes d’urbanisme. "Pas un seul euro n'a été puisé dans la poche du contribuable parisien !", s'est félicité la majorité, saluant la pertinence d'un modèle qui fait "respirer" les finances publiques.
En revanche, le dossier a soulevé un paradoxe bureaucratique typiquement parisien : l’obligation réglementaire de déployer l’artillerie lourde d’un avenant d’infrastructure soumis au vote du conseil d’arrondissement pour acter une simple cession interne d’actions, qualifiée par ailleurs de "modification non substantielle" par le Code de la commande publique.
Déplorant ce temps administratif précieux perdu alors que les garanties d'actionnaire unique et l'honoraire de support de 5 % du chiffre d'affaires suffisaient amplement à rassurer le concédant, notre majorité a voté favorablement pour soutenir l'emploi, le prestige et le dynamisme économique de ce lieu d'excellence.
Recyclage : l'Est parisien rafle la mise, le 8e vote contre son exclusion
Le ton est monté d'un cran lors de la présentation par Sylvie DAO-BERNA du projet de délibération 2026 DPE 20, portant sur l'octroi de 636 000 euros de subventions et la signature de conventions avec 25 structures œuvrant pour le réemploi et l’économie circulaire. Sur le papier, le texte coche toutes les cases du bon sens environnemental : s'inscrire dans le Programme Local de Prévention des Déchets (PLPDMA) pour réduire drastiquement la production de détritus d'ici 2030, soutenir l’insertion sociale via des emplois non délocalisables et systématiser des clauses contraignantes de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Le diable se cache pourtant sur la carte géographique de la répartition des fonds. L’examen financier révèle une distorsion géographique flagrante de la part de l'Exécutif parisien : alors que 16 structures desservent les quartiers de la politique de la ville et que les subventions se concentrent massivement sur les arrondissements de l'Est parisien (10e, 14e, 19e, 20e) qui captent plus de la moitié de l'enveloppe, le Centre de Paris et le 8e arrondissement en particulier sont royalement oubliés. Aucune ressourcerie, recyclerie ni aucun projet lauréat n'est implanté ou planifié sur le territoire.
Face à cette écologie à deux vitesses qui tend à léser les habitants de l'Ouest parisien qui seraient désireux de réparer ou recycler au coin de leur rue, la majorité a refusé de jouer les spectateurs dociles. "Puisque notre avis semble importer si peu à l'Hôtel de Ville, nous n’allons pas bêtement applaudir notre propre exclusion", a-t-elle cinglé, émettant un vote défavorable massif pour dénoncer ce manque évident d’équité territoriale.
"Pastillage" : l'état des finances municipales fait reculer le dogme du PLUb
C'est à un retour brutal du principe de réalité financière qu'a assisté l'assemblée lors de la présentation, par mon Adjointe Sylvie DAO-BERNA, de la délibération 2026 DU 57, portant sur les mises en demeure d'acquérir des biens immobiliers faisant l'objet d'un droit de délaissement. Conséquence directe de l'adoption en novembre 2024 du Plan Local d'Urbanisme dit "bioclimatique" (PLUb), document "ultra-dogmatique" qui avait multiplié les emplacements réservés pour mener des préemptions massives de logement social ou d’espaces verts, tout particulièrement dans le 8e arrondissement.
Mais l’arroseur se retrouve aujourd'hui bloqué par sa propre loi. Activant leur contrepartie légale via l'article L.151-41 du code de l'urbanisme, les propriétaires ont enclenché leur droit de délaissement, mettant la Ville en demeure d'acquérir leurs biens sous un an. Aux prises avec des finances municipales très dégradées, l'idéologie s'est effondrée : la Mairie de Paris s'est révélée financièrement incapable d'assumer la vague qu'elle a elle-même provoquée. Sur quinze adresses parisiennes où la Direction de l'urbanisme a dû capituler et acter une renonciation expresse par absence totale d'équilibre financier, six se situent dans le seul 8e arrondissement, au cœur de zones aux valeurs foncières très élevées. Les chiffres donnent le vertige : l'ensemble rue de Rome / rue de Stockholm estimé jusqu'à 67 millions d'euros, le 46 rue de la Boétie évalué à 57 millions, le 63 boulevard Haussmann à 40,1 millions, sans oublier le 62 rue de la Boétie (30,3 millions), le 6 rue de Téhéran (20,2 millions) et le 146 boulevard Haussmann (32,76 millions). Tenter de préempter ces centaines de millions d'actifs, grevés d'indemnités d'éviction commerciales colossales pour y faire du logement social, aurait été une pure folie budgétaire pour des finances municipales déjà exsangues.
Saluant ce réalisme pragmatique - tardif ! - qui libère les propriétaires locaux d'un carcan devenu inopposable, la majorité a voté pour la renonciation, tout en exigeant officiellement la suppression définitive du PLUb de toutes les réserves d'urbanisme ayant essuyé un refus d'acquisition.
Marchés parisiens : oui au Groupe Bensidoun, haro sur la spoliation commerciale !
Mon Adjoint Erwan LECLERC a ensuite présenté le projet de délibération 2026 DAE 95 relatif au renouvellement pour six ans des concessions des marchés découverts parisiens. Le lot du secteur B - incluant le 8e arrondissement - est attribué à la SARL Groupe Bensidoun, opérateur historique d’expérience. La majorité a acté avec satisfaction l’intégration de clauses environnementales et de bon sens à travers une écologie du quotidien non punitive : tri à la source des biodéchets, suppression des sacs plastiques à usage unique, valorisation solidaire des invendus ou paniers de saison à prix modérés pour soutenir le pouvoir d’achat. Le déploiement d’espaces de convivialité pour dynamiser la vie de quartier a également été bien accueilli.
Cependant, la majorité a regretté la manière dont la Ville de Paris continue de maltraiter ses marchés alimentaires de semaine, à l'instar du marché de la Madeleine, asphyxiant les marchands sous les contraintes sans leur offrir de vrais débouchés commerciaux. C'est précisément pour pallier cette passivité administrative centrale que la Mairie du 8e arrondissement a pris les devants en décidant de lancer une expérimentation sur le secteur Saint-Augustin.
L'enfer contractuel se loge par ailleurs dans les détails financiers du texte municipal : une redevance variable fixée au niveau dérisoire de 0,05 % du chiffre d'affaires, doublée d'un mécanisme de taxation punitive sur les dépassements de recettes s'apparentant à une véritable spoliation de la performance commerciale. De même, la contribution incitative au traitement des déchets, pouvant atteindre le plafond exorbitant de 800 000 euros par an si des objectifs de tri d’une rigidité absolue ne sont pas atteints, s’apparente à une fiscalité déguisée faisant peser un risque financier indu sur les concessionnaires.
Fustigeant également une centralisation bureaucratique tatillonne via le logiciel OCV pour la gestion des listes d’attente des commerçants, la majorité n'en a pas moins voté pour afin de sécuriser l'activité des marchés tout en promettant d'agir en vigie intraitable lors des comités de suivi.
Berceaux parisiens : l'enveloppe pour ABC Puériculture votée sur fond de crise de la petite enfance
Stéphanie MAMAN a présenté la délibération 2026 DFPE 224 actant l’attribution d’une enveloppe globale de subventions de fonctionnement de 16 834 431 euros au profit de huit grandes associations du "groupe 1" gérant des crèches de plus de 100 places. Pour le territoire du 8e arrondissement, l’enjeu est réel puisque la délibération valide le conventionnement pluriannuel de l'association ABC Puériculture à hauteur de 9 074 670 euros pour l’exercice 2026, afin de sécuriser le fonctionnement courant de son réseau de 25 établissements parisiens, dont la crèche "Coquin'Ours" au 7 rue de la Bienfaisance.
Si la majorité d'arrondissement a salué et accueilli favorablement ce soutien financier majeur, indispensable pour enrayer l'hémorragie démographique des familles qui vide Paris de ses forces vives, les élus ont refusé de signer pour autant un chèque en blanc. Ce partenariat valide l'efficacité de la gestion associative privée, capable de rationaliser et d’optimiser chaque euro grâce au coût forfaitaire par place tout en maintenant un accueil de qualité pour nos enfants. La majorité a également salué l'obligation faite aux structures de participer aux commissions d'attribution des mairies d'arrondissement, garantissant un contrôle humain de proximité.
Cependant, les élus ont émis de sérieuses réserves sur la centralisation et la fragilité chronique d'un secteur géré "à l'aveugle" par l’Hôtel de Ville. Le texte passe sous silence les failles du financement national par la prestation de service unique (PSU) et la multiplication inquiétante des fermetures de berceaux. Dénonçant la rigidité des indicateurs imposés pour optimiser les taux d'occupation, la majorité a dénoncé une pression bureaucratique et administrative indue sur des structures déjà en sous-effectif aigu et confrontées à une pénurie de professionnels de la petite enfance. On ne gère pas l'humain avec des feuilles de calcul rigides !
La majorité a finalement voté "pour" cette délibération afin de soutenir le quotidien des parents, tout en exigeant un bilan d'étape strict et sans concession de l’utilisation de chaque denier public.
Taxe sur la fête : la tranquillité devient un luxe à Paris
Le conseil d'arrondissement s'est enfin penché sur un texte qui interroge les fondements mêmes de la gratuité de la sécurité républicaine : la délibération 2026 DPMP 9, rapportée par le Premier Adjoint Éric SCHAHL, visait à facturer les services de sécurisation spécifiques de la Police municipale lors d'événements privés. Si la majorité approuve le principe comptable de mettre fin à une gratuité injustifiée pour des manifestations récréatives ou sportives, elle refuse de valider la philosophie politique qui sous-tend ce texte.
Faire payer le barriérage ou le matériel anti-bélier revient en réalité à faire payer l'insécurité aux organisateurs. C'est l'aveu implicite qu'il n'est plus possible de faire la fête sereinement à Paris sans sortir le chéquier. Et l'arsenal tarifaire est assommant : un barème horaire majoré de 5 % pour frais de gestion, qui double la nuit et le dimanche pour culminer à 90 euros de l'heure pour la catégorie A, sans compter les forfaits d'amortissement des véhicules. C'est un coup de massue pour l'attractivité de nos quartiers, d'autant que la Ville s'octroie le droit discrétionnaire de refuser une demande ou de facturer en cas d'annulation.
Nous avons donc dénoncé un manque de courage politique flagrant de l'Exécutif parisien, qui demande toujours plus à ses agents mais sans renforcement significatif des ressources humaines et matérielles. Rappelant notre exigence d'une force de 5 000 agents armés pour garantir la tranquillité publique, nous avons fait le choix de la cohérence républicaine : nous nous sommes abstenus.


Très bonne idée un marché alimentaire à St Augustin!