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Pour que le futur PLU de Paris ne soit pas le cheval de Troie des vieilles lunes hidalgistes...



Le futur Plan local d'urbanisme (PLU) bioclimatique de Paris entre en 2023 dans sa dernière phase d'élaboration, avant un vote du Conseil de Paris à la fin de l'année, pour une entrée en vigueur en 2024, en remplacement du PLU de 2006.

Le PLU planifie l'aménagement, l'organisation et la transformation de l'urbanisme et du territoire de la commune pour les vingt prochaines années. Il s'agit donc d'un document transversal structurant, qui concerne tous les Parisiens le temps d'une génération et qui concentre tous les enjeux majeurs pour la capitale : logements, bureaux, commerces, mobilités, environnement, nature, patrimoine, paysage de la rue, etc.

Ce nouveau PLU intervient dans un contexte parisien particulier. Paris est en effet devenu difficile à vivre et à travailler pour les Parisiens, notamment pour les familles et les classes moyennes. Le Parisien a récemment illustré ces éléments de contexte avec des infographies éloquentes (ci-dessous). La capitale a perdu 123 000 habitants en 10 ans et le nombre d'habitants est désormais à son plus bas niveau depuis 20 ans. Environ un tiers des Parisiens envisagent de déménager. Le nombre des naissances et des enfants de moins de 3 ans continue de baisser. 150 fermetures de classe sont programmées pour la rentrée 2023 - dans le 8e arrondissement, selon le SNUipp-FSU Paris, des fermetures de classes sont ainsi projetées dans les écoles Baudry, Bienfaisance, Monceau et Robert Estienne. Le prix moyen du mètre carré à l'achat a été multiplié par près de 4 entre 2000 et 2022. Les logements restent majoritairement des 2 pièces. Et la multiplication des canicules confirme les faiblesses de notre territoire urbain face aux impacts du dérèglement climatique... Sans oublier les politiques municipales dont l'échec contribue à dégrader le rapport coût / avantage de vivre et / ou travailler à Paris : insécurité, embouteillages, bétonisation, etc.



A l'heure des choix cruciaux, il est important que les élus parisiens prennent position et formulent des propositions sur le futur PLU bioclimatique. D'autant que ce texte devrait jeter une lumière crue sur les divisions idéologiques et politiques qui lézardent la "majorité" municipale rose-verte-rouge, tout particulièrement entre communistes et écologistes. Pour ma part, les priorités pour Paris et pour les Parisiens que je défends sont le maintien des familles et des classes moyennes dans la capitale, la préservation de notre patrimoine architectural, historique et cultuel, la fluidité des déplacements, la valorisation des espaces verts et de l'environnement.


Faciliter l'accès au logement des familles et des classes moyennes

Attention, danger ! Alors que l'accès au logement des familles et des classes moyennes est le problème n°1 des Parisiens, la Maire de Paris veut profiter du futur PLU bioclimatique pour accélérer la création de nouveaux logements sociaux. En voulant imposer 30% de logements sociaux dès 2030 et 40% de logements publics d'ici 2035, des taux bien au-delà du taux légal de logements sociaux (25%) en passe d'être atteint dans la capitale, elle prend délibérément le risque de raréfier un peu plus le nombre de logements privés disponibles à la location ou à l'achat sur un marché déjà déséquilibré, et de contribuer ce faisant à la spéculation immobilière déplorée par ailleurs...

Concrètement, dans le 8e arrondissement, Mme HIDALGO veut "flécher" ou "pastiller" près d’une centaine de parcelles de terrain qu’elle pourrait ensuite transformer en logements sociaux en exerçant son droit de préemption urbain renforcé. Autrement dit, l'inscription en emplacement réservé s'imposera au propriétaire de l'immeuble en cas de travaux de démolition / reconstruction ou de réhabilitation lourde. Cette atteinte au droit de propriété, un droit fondamental auquel les élus de droite tiennent, intervient alors que le 8e est déjà l'arrondissement de Paris où le taux de logements inoccupés est le plus élevé avec 36%, dont 13% de logements vacants (voir l'infographie du Parisien ci-dessous), et que les familles délaissent les quartiers d'habitation !


Le PLU bioclimatique propose notamment de nouvelles réserves pour le logement social dans le 8e arrondissement.



Si je suis favorable à une politique du logement social pour mieux loger les familles et les classes moyennes, je reste défavorable à la politique de production et d'attribution des logements sociaux menée par l'Hôtel de Ville de Paris. C'est une politique de Gribouille, dogmatique et contre-productive, avec toujours plus de préemptions ruineuses des copropriétés, avec toujours plus de conventionnements stériles de logements existants (les 2/3 des logements sociaux produits le sont par conventionnement... depuis 20 ans, moins de 50 000 logements sociaux relèvent ainsi d'une création nette de logements !), avec toujours plus de densification dégradant le cadre de vie.

Mais avec toujours moins de diversité sociale : le parc social compte plus de 70% de logements sociaux et très sociaux, à peine 30% de logements intermédiaires pour les classes moyennes. Et avec toujours moins de rotation : le taux de rotation n'y a jamais dépassé les 5% (9,4% en France). Conséquence : fin 2020, selon l'Apur, 260 000 ménages étaient inscrits comme demandeurs de logement à Paris (200 000 en 2014), dont 135 000 ménages parisiens.

Pour faciliter l'accès au logement des familles et des classes moyennes, je formule les principales propositions suivantes :

  1. suspendre la transformation de logements libres en logements sociaux ;

  2. redéployer les crédits d'investissement de la préemption vers la rénovation du parc social, et réserver la préemption aux seuls immeubles durablement vacants et insalubres ;

  3. rééquilibrer la politique d'attribution des logements sociaux en faveur des classes moyennes ;

  4. construire des logements plus grands adaptés aux familles (de T3 à T5) dans chaque programme de construction ;

  5. inscrire la politique du logement dans une politique plus globale de l'habitat, pour retenir les Parisiens dans la capitale en préservant une mixité fonctionnelle et sociale qui prenne en compte le cadre et la qualité de vie.

> Retrouver ici mes dernières interventions sur le thème du logement social.


Entretenir, réguler et pacifier l'espace public

La bonne tenue de l'espace public est aussi un enjeu déterminant pour convaincre les familles de rester à Paris. En plus de l'amélioration tangible de la propreté et de la sécurité des rues de Paris, sans multiplier les effets d'annonce des "plans" mais en mettant enfin en place une culture du résultat et en renforçant la verbalisation des infractions par la police municipale, qui ne relève pas directement du PLU, la Maire de Paris doit renoncer à plusieurs politiques municipales mises en oeuvre ces dernières années :

  1. elle doit renoncer à "l'hyperdensification", en cessant de combler les "dents creuses" et de surélever les immeubles ;

  2. et elle doit renoncer à la "bétonisation", en cessant de construire sur des espaces verts disponibles et de minéraliser les grandes places parisiennes (Madeleine, République, Bastille, etc.).

La Maire de Paris doit aussi développer une vision globale de l'urbanisme et de l'espace public à l'échelle du Grand Paris, en préservant des espaces de respiration dans la ville et en arborant / végétalisant les rues et les places de façon réaliste et efficace, c'est-à-dire en renonçant aux projets dispendieux des forêts urbaines et aux projets mal conçus - à l'instar du projet "ONE-Trocadéro-tour Eiffel".

La restauration du bon fonctionnement de l'espace public nécessite également qu'il soit davantage régulé. Un Plan de circulation et de mobilités doit être adopté d’urgence pour que l’espace public puisse fonctionner avec les différents usagers en toute harmonie.

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