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Point de vue | Sécuriser Paris sans le mettre à l'arrêt

il y a 2 heures
3 min de lecture
Illustration du point de vue "Point de vue | Refuser le chaos, exiger la vie"

Le fracas du samedi 17 octobre résonne encore dans nos rues. Face aux violences, l'État a failli à sa mission de protection, laissant des quartiers entiers confrontés à des scènes de saccage d'une rare brutalité. Une semaine plus tard, le 24 octobre, l'anticipation et un dispositif de sécurité renforcé ont permis d'éviter que le scénario ne se reproduise à la même échelle. La démonstration est faite : les violences ne sont pas une fatalité. Mais la sécurité ne saurait se payer de la paralysie de Paris. Notre défi est désormais clair : protéger nos quartiers tout en permettant à la capitale de continuer à vivre.


Le 17 octobre, une défaillance majeure

Des boulevards Haussmann et Malesherbes à la place de la Madeleine, en passant par la rue de Penthièvre et le marché Treilhard, le 8e arrondissement a été durement frappé. À l'échelle parisienne, le bilan matériel est considérable : près de 550 commerces touchés, plus de 420 départs de feu et des dizaines de carrefours dégradés. Derrière ces chiffres, ce sont des commerçants, des salariés et des familles qui ont vu le fruit de leur travail menacé ou détruit. Les casseurs n'ont épargné ni les enseignes prestigieuses de l'avenue Montaigne et du Faubourg Saint-Honoré, ni les commerces de proximité. Opticiens, bouchers, traiteurs, restaurateurs ou buralistes : tous doivent pouvoir exercer leur activité sans craindre de voir leur établissement pillé ou incendié. Il est inacceptable de laisser entendre que la sécurité privée pourrait se substituer à la protection que la puissance publique doit aux citoyens.

Cette journée a surtout révélé un défaut majeur d'anticipation. Dans le seul 8e arrondissement, plus de 470 emprises de chantier ont été recensées comme nécessitant une sécurisation. Lorsqu'elles sont insuffisamment protégées, barrières, gravats et équipements peuvent devenir autant de ressources pour les émeutiers. Ces risques auraient dû être anticipés par les autorités compétentes. Autre défaillance : les Maires d'arrondissement, pourtant au plus près du terrain, n'ont pas été suffisamment associés à la gestion de la crise. Comment protéger efficacement les équipements municipaux et les quartiers sans informer ceux qui les connaissent le mieux ? Cette mise à l'écart constitue une erreur de méthode que nous ne pouvons accepter.


Le 24 octobre, l'anticipation a fait la différence

Dès le lendemain des violences, j'ai demandé au Préfet de police et au Maire de Paris de prendre les mesures nécessaires pour sécuriser les chantiers avant le week-end suivant. Avec mes collègues au Conseil de Paris, nous avons également réclamé d'être associés aux réunions de crise. Le 24 octobre a montré qu'un dispositif anticipé et dissuasif pouvait contribuer à prévenir de nouvelles violences. Retrait de barrières et de mobilier urbain vulnérable, sécurisation des chantiers, neutralisation de certains équipements et présence policière renforcée : les autorités ont enfin pris la mesure des risques. Nous saluons cette mobilisation.

Mais son efficacité ne doit pas conduire à une autre impasse : celle d'une capitale sous cloche. De nombreux commerçants, établissements culturels et institutions ont dû renoncer à ouvrir ou protéger leurs vitrines derrière des barricades. Pour ceux qui vivent de leur activité du samedi, chaque fermeture représente une perte immédiate. Pour les Parisiens, c'est une liberté de circuler, de se retrouver et de profiter de leur ville qui recule. Un boulanger, un restaurateur ou un opticien n'a pas vocation à transformer son établissement en bunker chaque week-end. La sécurité doit permettre la vie économique et sociale, pas l'étouffer.


Protéger Paris sans l'éteindre

À l'approche des prochains week-ends, nous devons sortir de cette alternative absurde entre une ville exposée aux casseurs et une capitale barricadée. L'État doit maintenir un dispositif policier à la hauteur des risques, anticiper les violences annoncées et protéger les personnes comme les commerces. La Ville doit prendre toute sa part dans la sécurisation de l'espace public. Les Maires d'arrondissement doivent être pleinement associés à la préparation des crises et aux décisions qui concernent leurs quartiers.

Notre objectif est simple : que les commerçants puissent ouvrir, que les terrasses accueillent leurs clients, que les familles circulent librement et que les Parisiens retrouvent une vie normale. La protection des personnes et des biens ne peut être une réponse improvisée après chaque débordement ; elle doit relever d'une stratégie durable, coordonnée et anticipatrice. Nous ne voulons ni d'une capitale livrée aux casseurs, ni d'une ville condamnée à se barricader pour survivre. La fermeté doit protéger la liberté, et non la restreindre. Paris doit rester une ville vivante, commerçante et libre, parce que la sécurité est la condition première de cette liberté.

1 commentaire


Pierre Ferchaud
il y a 3 minutes

Madame la Maire,

Merci beaucoup pour tout ce que vous faites


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