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Logement, périscolaire, solidarité, attractivité : le mauvais départ de la nouvelle majorité au premier Conseil de Paris

  • 14 avr.
  • 5 min de lecture


Ce mardi 14 avril 2026 s'est tenu le tout premier Conseil de Paris de la nouvelle mandature, suite au Conseil d'installation. L'ordre du jour comportait quatre communications. La première était relative à la lutte contre la spéculation et les logements inoccupés ainsi qu'à l'action de la brigade de protection du logement. La deuxième portait sur la protection et les temps de l'enfant à l'école. La troisième concernait la situation du "sans-abrisme" à Paris et la mise en œuvre du Plan "Zéro enfant à la rue". Enfin, la quatrième était relative à l’avenir du Parc des Princes et à la reprise des discussions avec le Paris Saint-Germain. Je veux revenir ici sur ces enjeux qui touchent au cœur du quotidien des familles, de la sécurité de nos enfants et du rayonnement de notre capitale.


Libérer le logement : le pari de l'offre et de la confiance retrouvée

La majorité municipale a ouvert la séance avec sa communication sur l'inoccupation et la création d'une brigade de protection du logement. Avec mon groupe, nous nous sommes opposés à cette politique de gribouille bureaucratique et punitive qui, loin de résoudre la crise, ne fait que la figer. Il est d’abord nécessaire de rétablir la vérité sur les chiffres de la vacance, particulièrement dans le 8e arrondissement, afin de cesser de stigmatiser inutilement les propriétaires. Si l'Atelier parisien d'urbanisme (APUR) considère que 36 % des logements de notre arrondissement sont inoccupés, il ne faut pas faire d'amalgames trompeurs. Près des deux tiers (63 %) de ces biens sont en réalité identifiés comme des résidences secondaires et à peine 4 % du parc, soit environ 1 100 biens, se sont avérés véritablement vacants depuis plus de deux ans. Bien souvent, un logement est simplement vide de manière transitoire, entre deux locataires ou durant de longs travaux de rénovation.

Le constat global porté par notre groupe est sans appel : la politique menée depuis un quart de siècle a contribué à exclure les classes moyennes de Paris et à rigidifier le marché au point que le logement est devenu le principal motif de départ des familles. En cinquante ans, les loyers parisiens ont été multipliés par 18, alors que les prix à la consommation n'augmentaient que de 10 fois selon l'Insee, illustrant un décrochage dramatique du pouvoir d'achat. Malgré le financement de 95 000 logements sociaux entre 2006 et 2020, la crise persiste, prouvant les limites d'une stratégie centrée sur un seul levier qui atteint désormais les obligations de la loi SRU avec 25 % du parc.

Plutôt que de transformer l'Hôtel de Ville en tribunal anti-propriétaires avec des comités de surveillance et des menaces d'expropriation, nous portons une alternative fondée sur l'incitation. Nous exigeons un rééquilibrage de la politique municipale pour recréer de la mixité sociale et de la mobilité, car une part importante des demandeurs de logements sociaux est déjà logée dans ce parc, faute de parcours résidentiel fluide. Notre groupe a émis le vœu que la Ville favorise enfin l'accession à la propriété pour tous les locataires, qu'ils résident dans le parc social ou privé. Pour mobiliser les 130 000 logements inoccupés à l'échelle de la capitale, nous proposons la mise en œuvre de baux à réhabilitation. Ce dispositif permettrait à la collectivité ou à sa foncière de financer la rénovation thermique de logements privés vacants dont les propriétaires n'ont pas les moyens d'engager des travaux lourds. En contrepartie d'une gestion temporaire, ces biens seraient remis sur le marché locatif à des tarifs accessibles, alliant transition écologique et augmentation de l'offre. Seul un choc de confiance, incluant une garantie municipale contre les loyers impayés et la fin de l'encadrement des loyers, redonnera de l'air au marché immobilier parisien.


Protéger nos enfants : vers une excellence du temps périscolaire

La sécurité et l'épanouissement de nos enfants doivent être une priorité absolue. Les chiffres rendus publics pour ce seul premier trimestre 2026 sont accablants : 78 agents ont été suspendus à l'échelle de Paris, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Si le 8e arrondissement est aujourd'hui épargné, nous restons d'une vigilance totale avec la mise en place de "conseils du périscolaire" pour assurer un suivi de proximité. Nous exigeons une transparence totale avec la création d'une Mission d’information et d’évaluation (MIE) transpartisane dédiée à l'avenir de ce service essentiel.

Notre plan d'action contient des actions à court, moyen et long termes. Il propose la présence systématique de binômes d'animateurs pour qu'aucun enfant ne se retrouve jamais seul avec un adulte, ainsi qu'un contrôle drastique - et permanent, tout au long de la carrière - du casier judiciaire et du fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) pour l'ensemble du personnel. Enfin, la généralisation de la semaine de 4 jours est le pilier indispensable pour stabiliser les équipes et recruter des professionnels exclusivement diplômés et formés. C'est en offrant un rythme scolaire apaisé que nous garantirons la qualité de l'accueil que les parents parisiens sont en droit d'attendre.


Solidarité responsable : agir avec dignité pour les plus vulnérables

Zéro enfant à la rue d'ici l'hiver 2026 est un objectif que nous partageons. La situation actuelle, où près de 4 000 personnes restent sans solution d'hébergement malgré les sollicitations du 115, n'est pas satisfaisante. Cependant, l'engagement de la Ville ne doit pas servir de prétexte à un désengagement de l'État. En finançant désormais près de 7 000 places, la Ville supplée les carences nationales avec les impôts des Parisiens.

Nous exprimons une vive inquiétude quant à la création de méga-structures comme le campement humanitaire de 500 places envisagé par la majorité. Si la solidarité est un impératif, elle ne doit pas se faire au détriment de la tranquillité publique et de la sérénité des quartiers populaires. Nous privilégions une insertion durable par le logement plutôt que des structures collectives massives. La Ville doit exiger une contractualisation claire avec l'État pour garantir une répartition nationale de l'effort et des solutions de sortie pérennes.


Fier de nos couleurs : ancrer durablement le PSG au cœur de Paris

L'histoire du Paris Saint-Germain et celle du Parc des Princes sont indissociables de l'identité de notre capitale. Le stade actuel doit évoluer pour répondre aux standards européens et nous saluons la reprise nécessaire du dialogue pour maintenir le club à Paris. Laisser partir le PSG hors de nos murs serait une erreur historique majeure pour l'attractivité internationale et l'économie locale.

Nous soutenons donc l'exploration de solutions juridiques pérennes, comme la vente du stade ou un bail emphytéotique, afin de permettre au club d'investir sereinement dans la modernisation de son enceinte historique. Ce projet doit être l'occasion d'une requalification véritablement ambitieuse de la Porte de Saint-Cloud en un quartier de vie végétalisé et apaisé. Nous veillerons scrupuleusement à ce que les recettes issues de cet accord foncier soient intégralement et en toute transparence réinjectées dans le sport de proximité et l'entretien de nos espaces verts. Comme l'a rappelé mon collègue et ami Maire du 16e arrondissement, Jeremy REDLER, "l'enjeu du Parc des Princes de demain, ce n'est pas juste celui de l'agrandissement, c'est de bâtir un modèle du stade du futur, qui tienne compte des riverains et des commerçants à proximité, et qui adapte les transports qui le desservent".


Avec Eric SCHAHL, mon 1er Adjoint à la Mairie du 8e arrondissement, également Conseiller de Paris, dans l'hémicycle de l'Hôtel de Ville ce 14 avril.
Avec Eric SCHAHL, mon 1er Adjoint à la Mairie du 8e arrondissement, également Conseiller de Paris, dans l'hémicycle de l'Hôtel de Ville ce 14 avril.

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