Transports : les mesures de gratuité et de réduction pour les jeunes





1/ La Maire de Paris renonce à la gratuité totale des transports


Empêtrée dans les fiascos Vélib’ et Autolib’, Anne Hidalgo avait annoncé en mars 2018 réfléchir à la gratuité des transports pour tous à l’échelle de l’Île-de-France.


La gratuité était alors présentée comme un moyen de « faire reculer au plus vite la voiture individuelle polluante ». Or, 90% des Parisiens n’utilisent déjà plus leur voiture en semaine.


Désormais la Maire de Paris reconnaît que « la gratuité ne peut pas être l’alpha et l’oméga d’une politique de transport ».


L’étude conduite par Île-de-France Mobilités évaluait à seulement 2% la baisse de la circulation. Par conséquent, la gratuité n’aurait permis aucune baisse de la pollution.


La gratuité a toujours un coût. Pour Paris, cela représentait 700 M€ chaque année, soit 10% des dépenses de fonctionnement.


2/ Des mesures en faveur des jeunes à l'impact financier sous-estimé


Aujourd’hui, les enfants de moins de 4 ans ne paient pas les transports et ceux qui ont entre 4 et 9 ans bénéficient déjà d’une réduction de 50%.


A partir du 1er septembre 2019, les enfants parisiens de moins de 12 ans bénéficieront de la gratuité.


Si la totalité des 150 000 Parisiens de 4 à 11 ans bénéficiaient de transports en commun gratuits, cela représenterait un coût de 51 M€ par an. C’est dix fois plus que le coût annoncé par la Maire de Paris.


Les 161.000 collégiens et lycéens parisiens disposent aujourd’hui de l’abonnement Imagin’R à 350 €/ an soit 50 % du tarif Navigo. C’est la région Île-de-France qui prend en charge le financement des 50% restants.


La Maire de Paris a annoncé jeudi 10 janvier dans une certaine confusion, le remboursement de 50% du pass Navigo, puis de 50% de l’abonnement Imagin’R. Les collégiens et les lycéens ne bénéficieront pas de la gratuité, les parents devront prendre en charge 175 € par an.


Là encore, le coût annoncé, 7 M€, reste largement sous-estimé. Si tous les collégiens et lycéens demandaient une carte de transport, le coût serait de 28 M€ par an.


La Maire de Paris a par ailleurs annoncé la gratuité des transports pour les handicapés de moins de 20 ans pour un coût de 2,6 M€ par an. Les 14-18 ans titulaires d’un pass Navigo bénéficieront de la gratuité de Vélib’, pour un coût de 200 000 € par an.


Au total, les mesures annoncées sont chiffrées à 15 M€ par la Maire de Paris. Les estimations plus réalistes d’Île-de-France Mobilités atteignent plus de 80 M€.


3/ Des propositions démagogiques et inefficaces


Mises en œuvre à moins de 7 mois des municipales, ces mesures n’auront aucun effet sur la pollution de l’air.


Seuls 16% des 150 000 Parisiens de 4 à 11 ans utilisent aujourd’hui au moins une fois les transports en commun par semaine. Ils effectuent l’essentiel de leurs déplacements à pied.


Quant aux collégiens et lycéens, ils accomplissent près de 60% de leurs déplacements à pied et seulement 3% en voiture pour se rendre dans leur établissement.


C’est moins le critère prix que le temps de trajet qui est décisif pour choisir son mode de déplacement.


Privilégier le bus au lieu de la marche serait par ailleurs mauvais pour la santé, en favorisant la sédentarité.


La question du contrôle de ces usagers est posée, alors qu’Île-de-France Mobilités n’a pas été associé à cette réflexion. En effet, comment distinguer un enfant Parisien d’un autre enfant dans le réseau de transports ? Faudra-t-il avoir en permanence sur soi un justificatif de domicile ?


Si la Maire de Paris voulait sincèrement lutter contre la pollution, elle privilégierait la gratuité de Vélib’. La gratuité pour les 300 000 abonnés coûterait 11 M€, soit moins que le total des mesures annoncées.


4/ D'autres mesures tout aussi démagogiques


La Maire de Paris refuse toujours d’étendre la gratuité à tous les seniors, sans condition de ressources.


Anne Hidalgo souhaite travailler sur une réduction du prix des transports pour « ceux qui ne travaillent pas, ne sont pas salariés ou n’ont pas la déduction des frais professionnels ». C’est bien mal connaître les réalités : 80% des abonnés franciliens bénéficient de réduction allant de 50% à 100%. Il s’agit de mesures législatives qui échappent à la compétence de la Maire de Paris.


La Maire de Paris souhaite que la loi prévoie un remboursement intégral du pass Navigo pour les salariés avec un salaire inférieur à 1,5 fois le SMIC et les familles monoparentales.

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© 2020 par Catherine Lécuyer