40% d'ici 2035 : HIDALGO accélère sa politique de Gribouille du logement social



Suite aux dernières annonces de la Mairie de Paris concernant le logement social, je réagis vivement en rappelant ma position de principe sur le logement social et les propositions de la droite parisienne pour mieux loger les familles et les classes moyennes.


Alors que la ville de Paris tangente déjà le seuil légal de 25% de logements sociaux, l'adjoint communiste à la Maire de Paris en charge du logement, M. Ian BROSSAT, a annoncé dans Le Journal du Dimanche le nouvel objectif municipal de "40% de logements publics d'ici à 2035", avec la volonté explicitée dans une communication de "poursuivre le développement massif de l'offre sociale" et d'augmenter de 30% à 50% le taux des logements sociaux obligatoires dans toute nouvelle construction d'habitations dans les arrondissements déficitaires en logement social - à l'instar, par exemple, du 8e arrondissement.


Apur, Les chiffres du logement social à Paris en 2020, note n°208, février 2022 https://www.apur.org/sites/default/files/4p208_chiffres_logement_social_paris_2020.pdf?token=BUZA6uaq
Apur, Les chiffres du logement social à Paris en 2020, note n°208, février 2022 https://www.apur.org/sites/default/files/4p208_chiffres_logement_social_paris_2020.pdf?token=BUZA6uaq

Je veux tout d'abord rappeler ma position sur la politique du logement social. Je suis favorable à une politique du logement social pour mieux loger les familles et les classes moyennes. Mais je suis défavorable à la politique de production et d'attribution des logements sociaux menée par l'Hôtel de Ville de Paris. Avec toujours plus de préemptions ruineuses des copropriétés. Avec toujours plus de conventionnements stériles de logements existants. Avec toujours plus de densification dégradant le cadre de vie. Mais avec toujours moins de diversité sociale - le parc social compte plus de 70% de logements très sociaux et à peine 30% de logements pour les classes moyennes...



Cette politique municipale du chiffre est une politique de Gribouille, dogmatique et contre-productive. Fin 2020, selon l'Apur, 260 000 ménages étaient inscrits comme demandeurs de logement à Paris (v. 200 000 en 2014), dont 135 000 ménages parisiens. Le parc social est mal entretenu, y compris dans les parties communes avec, par exemple, de trop nombreux problèmes d'ascenseur. Le taux de rotation n'y a jamais dépassé les 5% (v. 9,4% en France) ! Les 2/3 des logements sociaux produits le sont par acquisition et conventionnement : depuis 20 ans, moins de 50 000 logements sociaux relèvent d'une création nette de logements... Pendant ce temps, les prix n’ont jamais été aussi élevés dans le parc privé, à 11 367 € / m² en 2021 (v. 8 130 € / m² en 2014). Et l’équivalent de la population du 5e arrondissement a fui Paris au cours de la précédente mandature, soit environ 10 à 12 000 Parisiens / an, principalement des familles et des classes moyennes qui ont des difficultés à se loger.



En voulant imposer 40% de logements publics dans la capitale d'ici 2035, la Maire de Paris, Anne HIDALGO, et son Adjoint prennent donc le risque de raréfier encore davantage le nombre de logements privés disponibles à la location ou à l'achat sur un marché déjà déséquilibré et de contribuer à la spéculation immobilière qu'ils déplorent par ailleurs… D'autant que nombre d'autres politiques municipales (sécurité, circulation, etc.) contribuent aussi à dégrader significativement le rapport qualité de vie / prix de l'immobilier !


L'Exécutif municipal est-il ainsi un pompier pyromane ou un pyromane cynique ? Prétend-il résoudre un problème qu'il aggrave lui-même sans reconnaître sa responsabilité, ou fait-il semblant de résoudre un problème dont il profite finalement via les droits de mutation à titre onéreux qu'il perçoit ? Il faut reconnaître que la marge de manœuvre budgétaire d'Anne HIDALGO est de plus en plus étroite : criblée de dettes, ne pouvant plus utiliser le subterfuge comptable des loyers capitalisés (désormais interdits) pour se tirer in extremis de sa mauvaise gestion, elle est acculée à renier sa promesse de campagne de ne pas relever les impôts pour augmenter de plus de 50% le taux de la taxe foncière.


C'est pour toutes ces raisons que je soutiens les principales positions et propositions du Groupe Changer Paris au Conseil de Paris :

  1. un moratoire sur la transformation de logements libres en logements sociaux,

  2. le redéploiement des investissements de la préemption vers la rénovation du parc social,

  3. l'inscription de la politique du logement dans une politique plus globale de l'habitat, pour retenir les Parisiens dans la capitale en préservant une mixité fonctionnelle et sociale qui prenne en compte le cadre et la qualité de vie.


Mes précédentes publications sur le logement social :

214 vues1 commentaire